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14:49 1 mars 2013 | mise à jour le: 1 mars 2013 à 14:49 temps de lecture: 3 minutes

Des fermes ancestrales menacées de disparaître sur la rue du Vignoble

Convoitées par des promoteurs immobiliers et aux prises avec des augmentations faramineuses de taxes municipales, les propriétés agricoles des cultivateurs Armand Lortie et des frères André et Charles Proteau, qui exploitent la ferme laitière de leur père Omer transmise de génération en génération depuis plus de 350 ans, sont menacées de disparaître sur la rue du Vignoble, aux limites des arrondissements de Beauport et Charlesbourg.

«Plusieurs terrains se sont vendus à de très forts prix dans le secteur autour de nous, au sud du boulevard Louis XIV, au cours des dernières années. Cela a fait que l’évaluation municipale de notre terre ancestrale a augmenté à un point tel que le compte de taxes est passé de 2 200 $ à 23 500 $. C’est une hausse incroyable de près de 1000 %. On ne sait pas encore ce que l’on va faire avec ça!», ont souligné au Beauport Express, les frères Proteau.

Âgés respectivement de 70 et 65 ans, Charles et André Proteau poursuivent l’exploitation de la ferme ancestrale depuis le décès de leur père Omer, décédé à 98 ans en 2006. «Il y a une plaque commémorative en avant de la propriété qui rappelle qu’on a fêté le 325e anniversaire en 1984, c’est pas rien. Et là, la Ville de Québec avec son nouveau rôle d’évaluation foncière nous lance pratiquement le signal de partir. On réfléchit dans le moment. Pour cette année, c’est encore correct parce que l’on reçoit un crédit agricole du ministère de l’Agriculture, mais l’an prochain la facture sera beaucoup trop salée si on ne réussit pas à obtenir de l’aide», ont affirmé les deux agriculteurs.

Plus de 15 fois la valeur foncière

Espérant le dézonage des terres agricoles situées au nord de l’ancienne ferme de Saint-Michel-Archange, des promoteurs ont acheté des terres voisines de leur propriété pour plus de 15 fois leur valeur municipale, tant et si bien que les Proteau doivent maintenant composer avec une évaluation foncière passée de près de 400 000 $ à plus de 2 555 000 $.

«Comme l’évaluation municipale est montée et que les revenus de la ferme demeureront les mêmes, nous ne pourrons plus obtenir de crédit agricole parce que les normes du ministère exigent que les revenus soient plus importants à mesure que l’évaluation augmente», ont précisé les frères Proteau qui aimeraient bien poursuivre leur production laitière et la culture de leurs champs avec leur troupeau d’une trentaine de vaches.

Une autre propriété, celle d’Armand Lortie, qui longe l’avenue Saint-David, a aussi subi une importante augmentation de sa valeur foncière, alors que le compte de taxes a presque quadruplé en un an. Après des représentations auprès de la Ville de Québec, ils ont obtenu comme commentaires du maire Régis Labeaume qu’ils devaient assumer leur choix de conserver leur ferme en ville et d’en payer le prix.

M. Labeaume a toutefois nuancé ses propos par la suite en disant qu’il aiderait ces agriculteurs en s’adressant à l’Union des producteurs agricoles (UPA) afin qu’elle demande au ministère de modifier les normes gouvernementales.

Pour plus d’information, Beauport Express, membre du Groupe Québec Hebdo. 

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