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15:25 4 juillet 2019

L’homme de fer de Beauport

L’homme de fer de Beauport
Bien des choses ont changé en 50 ans de pratique, mais Jean-Luc Rivest se souvient que le plus grand changement est que tout le monde fumait à l’intérieur de la clinique à ses débuts. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

PROFIL. Le dentiste Jean-Luc Rivest vient de fêter les 50 ans de pratique de sa clinique dentaire. Il a été honoré au dernier conseil d’arrondissement de Beauport pour ce fait d’armes et a avoué n’avoir jamais raté une seule journée de travail de sa vie. Pourtant, l’homme de 73 ans attribue sa santé de fer a bien peu de choses. 

«Comme tout le monde, j’essaie de bien manger et de faire de l’exercice de façon quotidienne. J’habite aussi à côté de ma clinique et le fait de ne pas conduire pour aller au boulot m’enlève énormément de stress. Il y a une chose additionnelle que je fais que les gens ont tendance à oublier: je nourris aussi mon âme», mentionne celui qui pratique de façon régulière la religion catholique.

Cependant, les choses n’ont pas toujours été au beau fixe avec la religion. «Pour moi, aller à l’église est un besoin, j’ai même failli faire ma prêtrise quand j’étais jeune. En 1997, j’ai divorcé de ma femme et je suis quelqu’un qui prend tout au pied de la lettre. Selon la loi ecclésiastique, une personne divorcée ne peut aller communier. J’ai donc arrêté d’aller à l’église jusqu’en 2012», mentionne celui qui a été en brouille avec sa propre religion pendant 15 ans.

Le fameux porte-bagages qui a changé le cours de la vie de Jean-Luc Rivest. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

Une révélation

Lors d’un geste banal alors qu’il faisait du ménage dans son garage, il est tombé sur un porte-bagages de moto avec l’inscription emeth. L’objet a tout de suite capté l’attention du dentiste qui a cherché en savoir plus sur son sens.

«C’est un mot hébreu qui signifie que même quand on est infidèle en tant que peuple, on reste fidèle. L’autre inscription sur le porte-bagages était prautes qui veut dire qu’un homme a découvert la signification du mot emeth et qu’il est prêt à aimer sans condition, une douceur de l’esprit.»

Cette découverte a amené chez le dentiste une profonde paix intérieure. «J’ai évidemment fait la paix avec ma religion et je suis retourné à l’église. Je suis devenu une personne très zen et la haine n’est plus présente chez moi. Ça me donne envie de me dépasser dans mon travail et nourrir l’esprit t’amène une belle énergie.»

Une deuxième vocation

Après avoir parlé avec un patient de la clinique qui est aussi prêtre, il vient lentement à l’esprit du dentiste qu’il pourrait suivre la formation du diaconat. Le 8 octobre 2017, Jean-Luc Rivest est reçu comme diacre et devient un collaborateur de l’évêque.

Bien qu’un diacre n’est pas un prêtre et ne possède pas les mêmes pouvoirs, il a quand même l’autorité pour présider plusieurs célébrations chrétiennes. Il arrive donc à notre dentiste diacre de célébrer de temps à autre certains évènements. «C’est rare, mais ça arrive. L’autre jour, mon assistante m’a demandé de faire les funérailles de son père et cela m’a fait plaisir et je me suis senti honoré.»

Cependant, il est hors de question pour l’expérimenté dentiste d’abandonner sa clientèle. «Je n’ai pas les mêmes horaires qu’à mes débuts, mais je souhaite encore continuer à travailler. J’aime encore beaucoup mon travail et tant que le corps suit, je vais continuer.»

Avec sa foi renouvelée, bien malin qui peut prédire combien de temps le dentiste sera encore à son poste.

Le dentiste travaille avec le même personnel depuis très longtemps. Ses deux assistantes les plus proches ont plus de 30 ans d’ancienneté à ses côtés. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

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