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15:51 1 mars 2019

Commission scolaire des Premières-Seigneuries: des conditions difficiles pour le personnel de soutien scolaire

Commission scolaire des Premières-Seigneuries: des conditions difficiles pour le personnel de soutien scolaire
«L'ancien gouvernement a instauré une politique où le parent est un client ce qui l'incite à critiquer injustement. Ça n'aide pas quand vient le temps de trouver un terrain d'entente entre la direction d'une école et les parents d'un élève», affirme Éric Pronovost (à gauche sur la photo). (Photo Métro Média – Jean Carrier)

ÉDUCATION. «La pénurie de personnel de soutien scolaire combiné à l’augmentation importante du nombre d’élèves affectent la qualité des services offerts aux élèves et ont des impacts nuisibles sur le personnel», selon le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Éric Pronovost.

Les conditions précaires dans lesquelles œuvrent le personnel de soutien doivent être entendues rapidement par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, croit-il. «J’évalue à environ 50% le pourcentage du personnel de soutien dans une équipe-école. Cependant, il n’est pas pressé depuis son entrée en poste de nous rencontrer. On s’est fait demander d’attendre, mais les besoins sont urgents.»

Une pénurie qui s’explique

Plusieurs facteurs expliquent la pénurie du personnel de soutien, mais aucun ne semble plus important que la violence faite à celui-ci. «C’est très préoccupant, il faut que ça cesse et il y a une sorte de banalisation autour de ça. Dans l’année 2017-2018, selon le sondage de la firme Ad hoc, 70% du personnel de soutien ont subi de la violence au travail et il y a plusieurs cas où la direction demande de ne pas remplir de rapport d’incident pour ne pas aggraver la situation. C’est très grave. La majorité des cas sont répertoriés au primaire, avec des élèves», affirme le président du Syndicat du personnel de soutien de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries (SPSCSPS-CSQ), Dominic Latouche.

La précarité généralisée des emplois est aussi un élément important qui joue dans l’équation. «Le taux de précarité élevé touche 66% du personnel dont le trois quarts sont des femmes. Il devient parfois difficile pour celles-ci de boucler le budget sans un revenu suffisant. De plus, on ne prend pas le temps de former correctement un nouvel employé quand la situation se présente», ajoute Éric Pronovost.

La fatigue est aussi omniprésente chez les employés qui doivent travailler davantage pour atteindre les exigences. «Il y a 48% des membres du personnel qui doivent travailler durant les pauses ou prolonger la journée de travail. Je compare ça à un pompier qui n’a pas le temps de finir d’éteindre un feu et qui doit passer au suivant. Comme le ministre actuel est un ancien enseignant, j’ose croire qu’il comprend l’importance du personnel de soutien dans la réussite globale d’une école et qu’il nous reviendra rapidement» termine le dirigeant de la FPSS-CSQ.

Réponse officielle

«Ce sont évidemment des chiffres troublants. Nous sommes conscients que les conditions de travail des professionnels scolaires se sont dégradées sous le précédent gouvernement libéral. Notre gouvernement mettra de l’avant plusieurs mesures, dont l’ajout de professionnels pour donner des services directs aux élèves et l’ouverture de davantage de classes spécialisées, en fonction des besoins, dans les écoles. Il est important que chaque école soit un environnement sain et sécuritaire autant pour les élèves que pour le personnel. Nous sommes en communication avec les syndicats du réseau scolaire et nous sommes ouverts à de futures rencontres», affirme par voie de courriel la conseillère politique du Bureau du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Claudia Landry.

Commentaires 2

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  • Sandra

    Triste réalité, que la plupart vit chaque jour (soit physiquement ou verbalement). On est à bout de ressources, manque de personnel de soutiens (TES) dans toutes les écoles. On est à bout de souffle. Je parle en tant qu’éducatrice, des heures coupées, les ratios on peut pas faire du 1/1 quand t’as un ou une élèves en crise parce que oui y a d’autres élèves à s’occuper. Le personnel de soutien qui change à cause des affectations, tu ne peux donner une stabilité aux enfants. Tu ne peux créer de liens, en plus de ne pas savoir où on ira l’année prochaine. Ça augmente le stress (les affectations). P.s. – On pourrait en parler longtemps, on garde le sourire quand même pour nos p’tits coco. 😉 Merci de nous aider!

  • Line Galarneau

    Je suis éducatrice en service de garde et doit avoir un deuxième emploi, ce qui me fait un travail de 50 heures semaine avec 6 alleé-retour entre les deux travail et ça sans avoir un temps pour dîner …..
    plusieurs me dise que je devrait prendre juste un travail, mais à 22:50 h par semaine, je suis incapable d’arriver monétairement

    Je continu malgré la fatigue, car j’adore mon travail, mais je ne sais pas combien de temps mon corps va pouvoir endurer tout ça
    voici ma triste réalité