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18:00 11 décembre 2018

20 ans du Carrefour jeunesse-emploi Montmorency

20 ans du Carrefour jeunesse-emploi Montmorency
L'atelier de menuiserie est situé dans l'édifice du Carrefour où les jeunes peuvent démontrer toute leur créativité. (Photo Métro Média – Jean Carrier)

Le Carrefour jeunesse emploi est un acteur important du visage de l’employabilité beauportoise depuis deux décennies. La directrice de l’organisme, Sonia Noël, pour dresse un portrait des changements majeurs depuis 20 ans dans le marché de l’emploi.

«Le premier constat est la rareté de la main-d’œuvre à Québec. C’est un facteur important qui a changé le travail qu’on effectue et qui n’est pas près de changer. Comme nous sommes dans une situation de plein emploi, nous nous concentrons pour essayer d’amener une clientèle plus éloignée de l’emploi d’y accéder.»

Un deuxième changement important est l’augmentation des problèmes liés à la santé mentale. Le Carrefour travaille avec une clientèle de 16 à 35 ans et même si ces problèmes ne datent pas d’hier, la perception de ceux-ci ont changé. «Il ne fait aucun doute que les problèmes en lien avec la santé mentale vont en augmentant. Il y a beaucoup de troubles d’anxiété et de troubles de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez notre clientèle et il faut être en mesure de travailler avec cela. La bonne nouvelle est qu’il y a beaucoup plus d’ouverture et c’est beaucoup moins tabou que par le passé. Souvent l’employeur est mal outillé pour offrir de l’accompagnement à ces personnes et nous sommes là pour collaborer avec les employeurs et guider ces jeunes personnes vers les bonnes ressources afin d’obtenir de l’aide et obtenir des accommodements justes.»

Le troisième point concerne la persévérance scolaire. Le Carrefour est impliqué avec les écoles du milieu depuis 2006. «Il y a beaucoup plus de décrocheurs qu’au tout début. Avant, les écoles envoyaient une liste d’élèves à risque de décrocher par fax et il y avait trois ou quatre noms. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et s’il y avait une telle liste, elle contiendrait beaucoup plus de noms. C’est important d’intervenir tôt et d’encourager la réussite éducative. Il est prouvé que si une personne s’installe sous l’aide sociale après 24 ans, elle est beaucoup plus difficile à sortir de là surtout si ça fait un petit bout de temps qu’elle profite de cette sécurité», précise celle qui a encore beaucoup d’enthousiasme pour le métier qu’elle pratique.

Il y a d’ailleurs un projet dans les boîtes afin de travailler avec les élèves du primaire. «Il n’est jamais trop tôt pour promouvoir la réussite éducative. C’est ce que j’aime de mon travail, c’est une patinoire à projets et c’est très varié. Les besoins sont éclatés alors nos services sont très diversifiés», termine la directrice.

Reconnaissance importante

Lors d’un gala pour souligner les 20 ans d’existence de l’organisme, le travail de la directrice Sonia Noël a été souligné. Plusieurs hommages ont été rendus et la médaille de l’Assemblée nationale a été décernée à la femme à la tête du Carrefour pour son implication dans sa communauté. Elle a aussi reçu la médaille de l’arrondissement de Beauport dans une cérémonie subséquente des mains du président d’arrondissement Stevens Mélançon.

«C’est certain que ça fait chaud au cœur, mais il y a toujours des besoins criants. La période d’austérité en 2015 a été difficile a a changé le mode de financement. Nous fonctionnons maintenant avec des ententes de service plutôt que par subventions et c’est difficile parfois de se faire imposer des normes pour aller toujours plus vite. Je sais qu’Emplois Québec voudrait qu’on ramène les jeunes sur le sentier du travail très rapidement, mais nous travaillons avec des humains et des jeunes. Il faut se souvenir que c’est plus une course de fond et non un sprint avec eux.»

De sages paroles pour une femme qui veut continuer à aider les jeunes.

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