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11:38 3 mai 2022 | mise à jour le: 6 mai 2022 à 13:36 Temps de lecture: 4 minutes

Moi j’mange, pour la sécurité alimentaire

Moi j’mange, pour la sécurité alimentaire
Photo: IStockLe glanage est pratiqué depuis une dizaine d’années au Québec et par une vingtaine d’organismes en province à ce jour selon la coordonnatrice.

Les démarches pour le projet Moi j’mange ont été initiées en 2019 par une table de concertation avec différents partenaires sur l’Ile D’Orléans qui ont commencé à réfléchir sur l’enjeu de la sécurité alimentaire sur l’ile. Le but étant de trouver des moyens pour répondre aux besoins alimentaires des citoyens.

Le CIUSSS, la MRC, des municipalités et des citoyens se sont impliqués dans la discussion. Un sondage de besoins a alors été envoyé par la poste aux citoyens. Les principaux éléments qui sont ressortis lors de cette prise d’information étaient: le prix trop élevé des aliments (48%), la distance à parcourir entre le domicile et le lieu d’achat des épiceries (Beauport) est un obstacle pour 35% des gens sondés, et 32% ont répondu manquer de temps pour cuisiner.

«Bien entendu ce n’est pas accessible pour tout le monde de sortir de l’ile pour aller faire son épicerie à Beauport, pour les gens à mobilité réduite ou pour les personnes âgées par exemple», expose Orane Wells, coordonnatrice en sécurité alimentaire à l’Association bénévole de l’Ile d’Orléans (ABIO).

Le projet Moi j’mange est né de cette première initiative pour répondre à ces besoins, avec le financement du Conseil régional intersectoriel en sécurité alimentaire (CRISA). Le financement a été obtenu le 1er avril 2021 et est assuré jusqu’en 2024.

Le projet est divisé en trois volets: aide alimentaire d’urgence, glanage et le marché solidaire dont le projet-pilote sera mis en branle à l’automne 2023. La distribution d’aide alimentaire mensuelle à des familles et des personnes seules dans le besoin est l’un des principaux volets. «On reçoit de grosses quantités de denrées une fois par mois par Moisson Québec et grâce à nos bénévoles on prépare des paniers pour une trentaine de foyers chaque mois. On remarque que les besoins ont augmenté depuis l’automne 2021 et le début de 2002. L’an dernier on aidait moins de 20 familles par mois alors que maintenant c’est au-dessus de 30», explique Orane Wells.

«L’augmentation du nombre de familles et une diminution de dons de Moisson Québec font que les paniers d’aide alimentaire sont de moins en moins gros pour chaque famille. Je pense que c’est devenu un enjeu commun à tous les organismes d’aide alimentaire.»

-Orane Wells, coordonnatrice en sécurité alimentaire

L’organisme tient également à développer des services alternatifs pour la sécurité alimentaire locale, tel le glanage qui permettra d’aller chercher les fruits et légumes non récoltés ou en trop dans les champs des agriculteurs de l’ile.

«Ce comité a été créé en février dernier parce qu’on a identifié que le glanage est un projet idéal à instaurer sur l’ile grâce à la proximité que nous avons avec les producteurs. On a aussi déjà beaucoup d’appels venant des agriculteurs qui veulent faire des dons de denrées. Mais on n’avait encore rien en place pour absorber tout ça.»

Le glanage consiste donc à aller chercher les surplus agricoles des cultivateurs, à les valoriser et à les redistribuer dans les organismes communautaires sur l’ile, mais aussi à Québec. Pour y arriver, l’organisme aura besoin de bénévoles. «On développe en ce moment un projet-pilote pour l’été 2022 au cours duquel nous ferons quelques journées de glanage dans les champs avec des bénévoles. Ensuite, ces denrées seront réparties entre les bénévoles cueilleurs, les producteurs, et les organismes et banques alimentaires. On essaie d’établir une structure de fonctionnement efficace et d’évaluer plus précisément quelle quantité de denrées cela pourrait représenter. Quels organismes pourront les recevoir, etc.»

La phase 2 qui aura lieu à l’été 2023 sera structurée en fonction des données recueillies en 2022 pour rendre le projet plus viable à long terme.

Les citoyens intéressés à faire un don ou à faire du bénévolat sont invités à démontrer leur intérêt sur le site de l’ABIO. http://www.abiorleans.ca

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