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18:07 1 mars 2021 | mise à jour le: 1 mars 2021 à 18:42 temps de lecture: 6 minutes

Critique – Taxi Chaos

Critique – Taxi Chaos

Si on fait abstraction des spin-off mobiles et des ports, le dernier vrai jeu dans la série fut Crazy Taxi 3: High Roller. 18 ans ont passé et de toute évidence, Sega n’avait pas envie de faire l’effort de poursuivre la série et de la faire découvrir à une audience moderne.

Comme d’habitude, les indies sont à la rescousse! C’est Team6 Game Studios qui a décidé de ressusciter le concept avec Taxi Chaos, disponible dès maintenant pour Xbox One/Series, PS4, et Switch.

Taxi Chaos est une copie conforme de Crazy Taxi, de son concept jusqu’aux éléments visuels calqués dans les moindres détails.

Le but est bien évidemment d’accueillir des clients dans sa voiture et de les amener à destination. Le «Chaos» (et le «Crazy») provient du fait que tout le monde est pressé, et que vous vous fichez royalement du Code de la route. Plus vous passez près des autres voitures, plus vous augmentez l’excitation de votre passager, qui vous récompensera avec un pourboire généreux. Non seulement le temps de chaque trajet est compté, mais vous démarrez votre partie avec un maigre 90 secondes. Les trajets complétés ajoutent de précieuses secondes à votre chrono, jusqu’à ce que vous vous heurtiez à l’inévitable écran «game over».

Ce clone ajoute un bouton de saut à votre arsenal. Vous pouvez donc bondir par-dessus les voitures sur votre chemin pour augmenter votre combo, ou rouler sur le toit des bâtiments en guise de raccourcis.

Le vrai plaisir de Crazy Taxi se trouve plusieurs heures après votre première expérience derrière le volant, alors que la ville commence à être familière et que vous connaissez ses moindres recoins. Vous avez peut-être même retenu la destination souhaitée par certains de ses habitants, vous permettant de prévoir un parcours optimal qui vous hissera au sommet du tableau de pointage.

Bien sûr, ça demande un grand investissement de temps. C’était peut-être plus facilement digérable à l’époque de la Dreamcast, au moment où votre librairie de jeu était limitée et que vous n’aviez que ça à faire. (La belle époque!) Aujourd’hui, le style arcade semble avoir laissé sa place aux rogue-lite, qui utilisent l’achat d’améliorations entre chaque partie pour vous donner un sentiment de progression. Dans Taxi Chaos, seule la motivation d’obtenir un meilleur pointage en mode arcade peut vous pousser à faire une nouvelle partie.

Le mode pro est justement fait pour ces joueurs qui y plongeront tête première sans compter leurs heures. La flèche de direction disparaît: vous devez reconnaître les destinations par leurs noms et y arriver dans le temps imparti sans aucune instruction! (Mais vous êtes fou?!?)

Le dernier mode est le simple «freeroam», où vous pouvez conduire sans limites de temps, jusqu’à ce que vous quittiez par vous même. Pas d’objectif, pas de tableau de pointage, juste vous et un nombre infini de clients. Ce mode existe surtout pour ceux qui souhaitent explorer la ville pour apprendre ses raccourcis et trouver les objets à collectionner. C’est dans ce mode que les défauts du jeu ressortent le plus. 

On remarque que les commentaires des clients sont excessivement répétitifs. Au point où j’ai eu droit à la même ligne de dialogue 5 fois de suite, par différents clients. 

-Comment allez-vous aujourd’hui?
-Je suis un jour plus près de ma retraite!
(bis X 5)

Un taxi pas trop «crazy»

Si Crazy Taxi est resté dans nos mémoires, c’est en partie grâce à son côté un peu punk/rock, très Sega. C’était criard et coloré, vu que le cabinet d’arcade devait attirer des clients curieux. On pourrait donc entendre sa chanson thème par The Offspring, ou son annonceur crier dans une voix loufoque «Hey hey! Come on and have some fun with Crrrrrrrrrazy Taxi!”. La voiture était rapide, et les obstacles nous faisaient planer et voler dans tous les sens.

On perd presque tout dans ce clone indie. Son look cartoon est joli et détaillé, mais un poil plus générique. Sa musique de fond de rock générique sans paroles et les commentaires mous de clients n’accélèrent pas notre rythme cardiaque comme Crazy Taxi pouvait le faire. En quelques secondes, le jeu de Sega nous donnait une claque au visage qui nous tenait alertes, alors que Taxi Chaos a plutôt une ambiance familiale, réconfortante, sans stress malgré la menace du chrono. On a même l’impression que la voiture est un peu moins rapide, la conduite moins frénétique. Peut-être que les rues larges et plates du New York de Taxi Chaos sont la cause de notre absence d’excitation.

Le compteur roule, roule, roule…

Le plus gros problème de Taxi Chaos, c’est son prix. Personne n’aurait dit non à un nouveau Crazy Taxi à 15$. C’est le 40$ demandé qui met un frein à notre enthousiasme. C’est peut-être sa distribution physique sur Xbox, PlayStation et Switch qui est à l’origine de ce prix un peu absurde.

En termes de durée de vie, mis à part recommencer à outrance les modes «arcade» et «pro» (dont les parties ne durent que quelques minutes pour les joueurs moyens), on ne trouve aucune campagne, missions spéciales ou variations. La seule valeur de rejouabilité, ce sont les objets à collectionner qui se débloquent en embarquant certains personnages.

Il aurait pourtant été si facile d’introduire des parcours à obstacles, courses contre fantômes, ou même des modes multijoueurs compétitifs pour nous donner une raison pour passer plus de temps avec Taxi Chaos.

C’est très dommage parce qu’autrement, tout y est. Le gameplay est pratiquement identique à la série de Sega. J’irais même jusqu’à dire que le contrôle est plus agréable dans Taxi Chaos. La physique étrange de Crazy Taxi et sa conduite rigide m’ont frappé lorsque j’ai refait une petite partie pour comparer les deux. D’ailleurs, sachez que la version Xbox (360) Live Arcade est disponible en rétrocompatibilité sur Xbox One et Series S/X pour seulement 10$.

Taxi Chaos remplit tout de même le mandat pour les nostalgiques de Crazy Taxi, mais son manque de contenu nous pousse à vous recommander d’attendre une baisse de prix, ou la sortie du contenu additionnel gratuit promis.

Un texte de Martin Brisebois de Jeux.ca

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