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11:56 4 novembre 2020 | mise à jour le: 4 novembre 2020 à 18:44 temps de lecture: 7 minutes

Critique – Yakuza: Like a Dragon

Critique – Yakuza: Like a Dragon

La série Yakuza débutée en 2006 sur notre continent est l’une des plus prolifiques pour Sega. Avec son septième opus principal, le studio Ryu Ga Gotoku s’est donné comme défi de faire passer le système de combat d’action en temps réel à un jeu de rôle au tour par tour. Une décision étonnante qui avait son lot de détracteurs, mais qu’en est-il vraiment?

De la misère à la richesse

Le scénario de Yakuza: Like a Dragon met en vedette un nouveau protagoniste, Ichiban Kasuga. Encore plus attachant et nuancé que Kazuma Kiryu, ce nouveau venu dans la franchise m’a impressionné. Il est drôle, naïf, émotif, tête de mule et inspiré : un cocktail explosif, mais c’est tant mieux.

En introduction, vous en saurez plus sur son passé de yakuza : un membre du crime organisé d’origine japonaise. Suite à une trahison qui a failli lui coûté la vie, Ichiban se retrouve au plus bas et doit combattre (au sens figuré et littéral) pour se remettre sur pied, découvrir pourquoi son ancien patron l’a abandonné.

Au cours de son aventure, Ichiban fera la rencontre de plusieurs personnages avec leur propre saveur, dont le sans-abri et ex-infirmier Yu Nanba, l’ex-détective Koichi Adachi ou encore la comptable Saeko Mukouda. L’intrigue de Yakuza: Like a Dragon est bonne, les dialogues toujours servis à la perfection et ce, même en anglais. Le travail de doublage réalisé pour ce jeu est rien de moins qu’exceptionnel, hormis peut-être la synchronisation labiale, mais c’était à prévoir et peu visible.

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Une aventure à la Dragon Quest

De son propre aveu, Ichiban désire vivre une aventure digne de Dragon Quest, le plus connu des jeux de rôle au Japon avec Final Fantasy. Sa quête n’est peut-être pas aussi noble que de sauver le monde, mais toujours est-il que le protagoniste a une motivation certaine de découvrir pourquoi son ancien monde s’est écroulé, coûte que coûte.

Le système de combat de Yakuza: Like a Dragon est passé de l’action en temps réel proche du beat’em up au genre RPG. J’étais parmi les sceptiques, car c’est un gros morceau à modifier pour une franchise qui fêtera son 15e anniversaire ici dès 2021. Mes doutes ont été dissipés après quelques heures de jeu et le résultat final me plaît beaucoup.

Chaque personnage est associé à un métier (job) qu’il peut modifier à un certain point du scénario principal. À force de gagner de l’expérience en combat, de nouvelles habiletés sont débloquées. Les premières heures sont un peu répétitives je l’admets, le nombre de métiers étant limité. Plus tard, le choix devient incroyable avec plus de 15 façons de jouer pour chaque personnage, par exemple en tant que garde du corps, musicien, athlète, idole, police anti-émeute, etc.

Les combats sont déclenchés lorsque vous rencontrez des ennemis sur la carte, ce n’est donc pas aléatoire. L’environnement est le même en mode libre que lors des échanges de coups, ce qui a du bon et du mauvais. Bon parce que l’immersion est là, mauvais parce que les personnages autant alliés qu’ennemis ont souvent de la difficulté à bouger en raison des obstacles. J’ai cru ma partie boguée à un moment alors qu’un ennemi tentait de m’attaquer, mais était dans une boucle d’animation, incapable de sauter par-dessus une rampe pour m’atteindre. Ce sont des cas isolés, mais assez fréquents pour que j’en parle.

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Yokohama, la ville de tous les possibles

Autre point divergeant par rapport à ses prédécesseurs, Yakuza: Like a Dragon nous transporte dans la ville de Yokohama, à Tokyo. Exit donc Kamurocho, le lieu où se déroulent la plupart des jeux de la série. J’ai vraiment apprécié l’architecture unique de Yokohama, par exemple son quartier chinois exotique. Découvrir le monde est à nouveau excitant et Ruy Ga Gotoku récompense vos efforts sous forme de butin, par exemple des valises ou des coffres contenant des objets utiles.

La carte est gigantesque (trois fois plus grande que Kamurocho) et sur le plan technique, on remarque des faiblesses par rapport aux détails des textures et de l’environnement global. Si au cours des nombreuses cinématiques le jeu est soigné, je n’en dirais pas autant pour les décors. Il faut se rappeler que le budget de ces productions n’a rien à voir avec les jeux AAA de l’industrie. Personnellement j’accepte ce compromis, mais il ne faut pas s’attendre à un jeu aux graphiques époustouflants. C’est stylé, c’est propre, sans plus.

Cela étant dit, Yokohama est un personnage en soi. La ville bourdonne d’activités auxquelles vous pouvez prendre part. Il y a de la vie à chaque détour, que ce soit dans un karaoké, un club de soji (la variante japonaise des échecs), un petit resto de quartier ou un personnage qui cause problème en urinant dans la rivière (je vous le dis!). Sur ce plan, Ryu Ga Gotoku a de quoi être fier, son jeu est mémorable en grande partie parce que Yokohama est marquante.

Un hommage aux jeux vidéo

Au cours de ma partie avec Yakuza: Like a Dragon, j’ai senti que Ryu Ga Gotoku studio voulait rendre hommage à l’industrie, un sentiment partagé par d’autres titres de la série, mais jamais à un tel point. Il y a un mini-jeu inspiré de Mario Kart, le système de métiers me rappelle un peu Final Fantasy V, une quête secondaire vous demande d’enregistrer les ennemis comme dans Pokémon, les clins d’œil sont multiples.

Yakuza: Like a Dragon est en quelque sorte une célébration des jeux vidéo. Et c’est tant mieux, parce qu’au final nous nous retrouvons avec une expérience qui propose beaucoup de variété. Une marque de commerce de cette série vous me direz et vous avez bien raison. Il est facile de se perdre dans toute la chair qui entoure l’os, c’est-à-dire le contenu facultatif. Pourtant, je ne me suis jamais senti obligé de faire pousser des plantes comme dans Animal Crossing ou de gérer ma business : les développeurs récompensent vos efforts sans vous forcer la main.

C’est toute la beauté de la série Yakuza : des jeux qui oscillent entre la dureté du monde criminel et la légèreté des activités du monde quotidien.

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Verdict

Les plus

  • Un scénario prenant avec des dialogues à point
  • Ichiban, un personnage drôle et très charismatique
  • Énormément de contenu varié
  • Un bon équilibre entre humour et sérieux
  • Le système RPG au tour par tour avec ses nombreux métiers

Les moins

  • Quelques temps de chargement intempestifs
  • Peu de défi
  • Des graphiques peu convaincants

Note finale

8.5 / 10

Un texte de Michael Bertiaux de Jeux.ca

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