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13:59 29 octobre 2020 | mise à jour le: 3 novembre 2020 à 17:45 temps de lecture: 3 minutes

Electronic Arts subit un revers aux Pays-Bas avec ses lootboxes pour Fifa

Electronic Arts subit un revers aux Pays-Bas avec ses lootboxes pour Fifa

Le dossier des lootboxes ou coffres à butin dans l’industrie du jeu vidéo en est un épineux. Dans un nouveau verdict rendu aujourd’hui même par la Cour internationale de Justice siégeant à La Haye, il a été jugé que les lootboxes du jeu Fifa représentent bel et bien une forme de jeu de hasard.

L’entité juridique indépendante KSA (Kansspelautoriteit) qui régule et contrôle les jeux de hasard aux Pays-Bas avait porté plainte contre Electronic Arts en 2019. Plus spécifiquement, contre les paquets recharge (Packs) de son jeu Fifa. Pour améliorer son équipe dans le mode Ultimate Team, il est possible d’acheter des lootboxes au contenu aléatoire et obtenir par exemple des joueurs plus performants. Puisque lesdits joueurs affichent des statistiques dont la valeur change et qu’ils peuvent parfois être échangés, EA contrevenait à la loi néerlandaise sur les jeux de hasard.

Ainsi, le géant de l’industrie s’expose à une amende maximale de 5 millions d’euros puisqu’il n’avait pas de licence lui permettant d’exploiter un jeu de hasard.

Pas une première intervention par la KSA

La KSA avait tiré la sonnette d’alarme comme quoi il y aurait une possibilité de corrélation directe entre le jeu compulsif et l’inclusion de lootboxes. L’étude en question est disponible dans son entièreté ici (en anglais).

Dans le cas qui nous intéresse, « la KSA considère que cette violation de la loi est particulièrement préoccupante, car bon nombre d’enfants et de jeunes adultes ont accès aux Packs dans le jeu Fifa. Ils sont donc encore plus vulnérables à développer une addiction aux jeux de hasard ».

Dès 2018, la KSA avait investigué le modèle d’affaires des lootboxes suite à de nombreuses plaintes de la part de joueurs, de parents et d’autres sources. À la suite de son enquête, l’entité avait demandé aux studios et éditeurs de l’industrie de faire preuve de prudence et se soumettre à la loi en vigueur sur les jeux de hasard aux Pays-Bas. La plupart des membres de l’industrie adaptèrent leur contenu en conséquence…sauf EA.

Si le couperet est tombé seulement deux ans plus tard, c’est que le processus judiciaire demande beaucoup de temps certes, mais aussi de preuves et d’arguments en béton. Le concept des lootboxes est encore « nouveau » au sens de la loi, donc tout verdict peut entraîner une jurisprudence : l’ensemble des arrêts et des jugements qu’ont rendu les Cours et les Tribunaux pour la solution d’une situation juridique donnée (source).

Un texte de Michael Bertiaux de Jeux.ca

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