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09:22 15 septembre 2020 | mise à jour le: 24 septembre 2020 à 05:52 temps de lecture: 8 minutes

Critique – Marvel’s Avengers

Critique – Marvel’s Avengers

Marvel’s Avengers, l’aventure au pays du loot

Critique réalisée grâce à un code PS4 généreusement fourni par l’éditeur.

Comme on a pu le voir dans d’autres publications, difficile de savoir si l’idée de faire jeu basé sur le loot vient de Crystal Dynamics ou de Square Enix. Un peu des deux peut-être ? Toujours reste-t-il que c’est ce qui caractérise le titre mettant en vedette les super-héros les plus célèbres. Que ce soit dans la campagne ou dans le mode multijoueur, on passe son temps à ouvrir des coffres puis par extension dans le menu à changer son équipement. Mais reprenons depuis le début.

On a découvert le premier teaser de ce projet en janvier 2017 lorsqu’on a appris que Square Enix travaillait non pas sur un mais bien plusieurs jeux vidéo avec les licences Marvel. Mais seul The Avengers avait été officialisé. Ensuite silence radio pendant un an jusqu’en janvier 2018 date à laquelle l’éditeur a débauché différent talents de Naughty Dog et Electronic Arts (Visceral Games) pour travailler sur le Avengers Project. Puis plus rien jusqu’à l’E3 2019 lors de la conférence Square Enix où l’on a découvert un vrai trailer avec les différents personnages et leur visage qui a beaucoup fait jaser. À tel point que les développeurs les ont légèrement modifiés.

C’est l’un des problèmes du titre, il arrive après la folie Avengers et Marvel au cinéma. Même si le jeu se veut différent et son propre produit, il essaie souvent de calquer les relations entre les personnages ou encore l’attitude de certains que l’on a pu voir dans les films. C’est dommage, très dommage. Parce qu’on est au final face à une mauvaise copie.

Crédit : Square Enix

Dans Marvel’s Avengers on a le choix entre un mode campagne d’une dizaine d’heures et un mode multijoueur qui permet d’enchainer des missions accompagné de ses amis (ou de l’IA si on n’a pas (assez) d’amis).

Commençons par la campagne. Comme on n’a pu le voir dans la première bande annonce puis dans la bêta, le jeu commence avec le fameux A-Day, un événement qui place les six super héros en mauvaise posture ; au point de détruire une bonne partie de la ville de San Francisco. Mais pas que. En effet, un produit se répand et confère des super pouvoirs aux gens qui sont touchés, c’est la naissance des Inhumans. Les Avengers sont considérés comme responsables et la bande d’amis se sépare (comme un groupe, comme les Beatles). Entre temps, le professeur George Tarleton qui était aux premières loges fonde Advanced Idea Mechanics (AIM) et se place en sauveur de l’humanité en ramenant la loi et l’ordre grâce à une armé de robots.

On joue l’une de ces Inhumans, Kamala Khan, alias Ms. Marvel qui peut étendre son corps façon Reed Richards (Mister Fantastic) dans les 4 Fantastiques. Elle a le mérite d’être l’une des premières super héroïnes musulmanes et c’est rafraichissant. De même que son côté fan girl qui met un peu d’ambiance. Mais l’histoire est assez mal racontée, essaie d’en faire trop ou pas assez et surtout entrecoupée de scènes de jeu ratées.

Crédit : Square Enix

Elle recherche des rebelles qui pourraient l’aider à prouver que les Avengers sont en fait victimes d’un coup monté. Elle va donc devoir s’enfuir du New Jersey dans un premier temps. Et les problèmes commencent pour le joueur. On commence par se farcir des séquences d’infiltration digne des hits de 2002. Vous savez, ceux dans lesquels si on se fait voir, il faut recommencer au dernier checkpoint. Dans le cas d’Avengers, ça ne fait aucun sens puisque Kamala Khan est consciente dès le départ de ses pouvoirs. Elle pourrait donc se battre plutôt que de nous infliger des temps de chargement horriblement longs.

Sa quête va l’emmener jusque dans l’Utah (elle prend le bus), où elle va découvrir le Chimera, le vaisseau qui sert de base pour le restant du jeu. Elle va rencontrer d’abord un Hulk énervé (merci Captain Obvious), puis Bruce Banner,… Ensemble ils vont accomplir différentes missions, toutes aussi insipides les unes que les autres.

On arrive alors au cœur du problème de Marvel’s Avengers. Les missions que ce soit dans la campagne ou le multijoueur consistent à défaire des armées de robots (façon Dynasty Warriors mais sans la bonne musique) avec très peu de variété, à détruire ou protéger des objectifs et surtout à parcourir de grands environnements vides. De temps en temps on affronte des boss comme Abomination, ou d’autres mais on a vu mieux comme antagonistes. C’est grand, très grand mais on s’ennuie. On peut chercher des coffres avec Jarvis qui nous corne dans les oreilles qu’il y a un coffre « non loin d’ici ». On dirait Donald et ses Lucky Emblem de Kingdom Hearts III ou Ignis et ses recettes dans Final Fantasy XV.

Crédit : Square Enix

Parlons un peu des combats. Car il y a de quoi dire. Ou pas en fait. Tous les personnages se jouent de la même façon : coup normal, coup puissant, attaque à distance, super attaque 1, super attaque 2, mega attaque. On se croirait dans un tableur. Bon d’accord Iron Man et Thor peuvent voler… On a donc l’impression de jouer le même personnage avec une « skin » différente. Mais pour une raison inexplicable, ça fonctionne avec les deux personnages les plus « humains » à savoir Captain America et Black Widow. C’est particulièrement vrai pour cette dernière. Ses coups s’enchainent à merveille mais on déplore qu’elle soit l’exception qui confirme la règle.

Là où on a du mal à comprendre, c’est que si Destiny était à la mode lorsque le projet a débuté, le jeu vidéo a bien changé depuis et rien que pour Marvel on a eu droit à un excellent Spider-Man. On comprend aussi qu’il peut être délicat de changer son fusil d’épaule en étant aussi avancé dans un projet. Mais quand on voit le résultat final, on regrette que les personnes en charge aient foncé tête baissée dans cette direction.

Parce que le gameplay, surtout la partie qui consiste à changer son équipement toutes les 30 secondes, ne colle pas du tout à l’univers. Genre l’équipement de Hulk permet de modifier ses muscles et ses os !? Puis, on ne verra aucune modification à l’écran. On a par contre accès à des costumes pour changer l’apparence de nos héros. Costumes que l’on peut récupérer dans le jeu mais aussi en dépensant de vrais dollars. Oui, les micro-transactions sont là comme pour nous achever et en remettre une couche.

En ce qui concerne le côté multijoueur, c’est tout aussi lent et mou que la campagne avec une partie loot encore plus accentuée. Autant dire que la manette nous tombe des mains.

C’est un triste constat quand on sait que les studios en charge notamment Crystal Dynamics et Eidos Montréal sont capables de bien mieux comme ils l’ont prouvé à maintes reprises avec respectivement Tomb Raider et Deus Ex.

Mais il y a tout de même un bon côté : la technique et la réalisation. C’est beau, très beau. Les personnages sont très expressifs même si leur doublage laisse à désirer la plupart du temps. D’ailleurs, pour ajouter à la polémique des visages, pourquoi ne pas leur avoir donné ceux de leur doubleur plutôt que de chercher à en créer de nouveaux ? Les décors sont très réussis et destructibles la plupart du temps donc raccord avec les capacités de nos protagonistes. On note tout de même des ratages comme les morceaux de tissus collés aux avants-bras de Hulk comme s’ils faisaient partie de son corps. Enfin, mention à la bande-son qui nous fait réaliser à quelle point celle d’Alan Silvestri pour les films est réussie. Ici c’est générique au mieux, totalement raté au pire.

Crédit : Square Enix

Marvel’s Avengers avait tout du jeu de rêve et finalement s’écrase à l’arrivée comme Iron Man qui essaie sa première armure. LA déception de 2020, la lanterne rouge, en espérant qu’ils le débranchent avant 2030.

Verdict

Les plus

  • Black Widow
  • La technique

Les moins

  • Le gameplay
  • La bande son générique
  • Le scénario qui veut trop en faire
  • Le loot omniprésent
  • L’arbre de compétence compliqué pour rien
  • Les Super Vilains super nuls
  • Aucune variété dans les ennemis

Note finale

4 / 10

Un texte de Antoine Clerc-Renaud de Jeux.ca

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