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Peine de 15 mois pour avoir pigé dans la caisse électorale

La prison pour Denis Laverdière, ex-agent officiel du député-ministre Duclos


Publié le 9 novembre 2018

L'accusé, Denis Laverdière, précédé de son avocate Me Michelle Blouin.

©(Photo Métro Média - François Cattapan)

TRIBUNAL. Ayant reconnu sa culpabilité pour un vol de près de 20 000$ dans la caisse électorale du député-ministre de Québec, Jean-Yves Duclos, son ex-agent officiel et directeur de campagne en 2015, Denis Laverdière, vient d'être condamné à purger une peine de 15 mois de prison.

Les faits reprochés à l'accusé se sont produits entre les mois d'octobre 2015 et de janvier 2016. Selon les éléments admis en preuve, l'homme de 56 ans a effectué à son avantage quelque 26 retraits dans la caisse électorale du candidat libéral de la circonscription fédérale de Québec, pour un montant global de 19 400$. Il aurait agi pour rembourser une dette contractée auprès de personnes peu recommandables, qui menaçaient de lui faire du mal s'il ne les payait pas rapidement.

L'élément central de la cause était lié à l'appropriation d'un bien public. Il s'agissait en effet de sommes versées par des donateurs exerçant leur droit démocratique de contribuer à l'élection d'un député.

Le juge Christian Boulet

Dans son analyse, le juge Christian Boulet a noté que «l'élément central de la cause était lié à l'appropriation d'un bien public. Il s'agissait en effet de sommes versées par des donateurs exerçant leur droit démocratique de contribuer à l'élection d'un député.» Établie à 10 ans, la peine maximale pour un vol de plus de 5000$ est modulable en fonction du degré de responsabilité du prévenu et de certaines circonstances particulières.

Facteurs considérés

En cette matière, le magistrat a pris en compte l'aspect de la récidive au nombre des facteurs aggravants. De fait, Denis Laverdière avait déjà été condamné en 1994 à passer 2 ans moins 1 jour derrière les barreaux pour l'utilisation de faux documents ayant mené à une fraude de plus de 170 000$. Aussi, dans la cause actuelle, il a abusé de la confiance du candidat Duclos et des citoyens donateurs.

Parmi les facteurs atténuants, le juge Boulet a considéré le plaidoyer de culpabilité, la bonne collaboration avec les policiers et les regrets de l'accusé. «Il a également convenu du jugement de 15 000$ (en reconnaissance de dettes à remettre) rendu contre lui à la Division des petites créances. Et, il est disposé à rembourser le solde de 4410$, même si sa capacité financière est faible», a-t-il signalé.

À sa détention de 15 mois, Laverdière voit s'ajouter une probation de 2 ans après sa sortie de prison, ainsi qu'une ordonnance de rembourser les 4410$ manquants (après la somme de 15 000$ convenue aux petites créances) dans un délai de 24 mois.

Drame humain

Invité à commenté, le député-ministre Duclos a déclaré qu'il s'agissait d'un triste drame humain. «Je ne connaissais pas personnellement M. Laverdière, mais lorsque son stratagème a été constaté, il était de notre devoir d'agir en toute transparence et de dénoncer les délits criminels qui ont été commis», a-t-il précisé.

Métro Média