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08:16 28 février 2020 | mise à jour le: 28 février 2020 à 13:26 temps de lecture: 3 minutes

Délibération sur la peine à imposer à Falardeau-Laroche

Délibération sur la peine à imposer à Falardeau-Laroche
Jonathan Falardeau-Laroche connaîtra son sort au début du mois d’avril prochain. (Photo Métro Média – François Cattapan)

TRIBUNAL. Le jeune chauffard épileptique responsable de la mort de Marie-Pier Gagné, fauchée en août 2016 sur le boulevard Laurier, connaîtra sa condamnation en avril. La cause de Jonathan Falardeau-Laroche a été prise en délibéré par le juge Pierre-L. Rousseau, après l’étape des représentations sur la peine.

Au cours de cette procédure, le procureur de la Couronne, Me Thomas Jacques, a référé à une longue énumération de dossiers jurisprudentiels. Il a insisté sur «le degré d’insouciance extrêmement élevé» de l’accusé. Une réalité appuyée par les nombreuses recommandations de proches et de collègues de travail «l’invitant à cesser de conduire avant de tuer quelqu’un».

Selon Me Jacques, la fatalité survenue le 10 août 2016 devant le CHUL n’a rien d’accidentel. Avisé par son médecin de ne plus conduire, le conducteur était conscient des risques. Il avait déjà eu des «absences» au volant et de précédentes embardées étaient liées à ses crises d’épilepsie. Pour cette raison, il recommande une peine allant jusqu’à 42 mois de pénitencier.

Entre sévérité et clémence

La Couronne réclame la sévérité du juge en évoquant la présence de plusieurs facteurs aggravants. Elle note entre autres les antécédents de Falardeau-Laroche, les risques de récidive, sa déresponsabilisation, les victimes au nombre de trois et les conséquences tragiques menant à la mort d’une jeune femme enceinte, dont le bébé a été sauvé in extrémisme.

De son côté, l’avocat de la Défense, Me Simon Roy, plaide plutôt pour une certaine clémence. Estimant que son client a déjà beaucoup souffert des impacts du drame qu’il n’a jamais souhaité et pour lequel il pleure tous les jours, il estime préférable de miser sur sa réhabilitation en tant qu’actif de la société. À ses yeux, une incarcération de 12 mois serait appropriée sans nuire à la confiance en la justice.

Douleur et pardon

Lors des représentation sur la peine, les deux grands-mamans de la petite miraculée également mère et belle-mère de Marie-Pier Gagné ont témoigné de la douleur des parents de la défunte. Toutes deux ont souligné à quel point le drame a marqué leur vie, mais surtout celle de leur petite-fille née le jour de la mort de sa maman. Elles ont fait preuve d’une grande bonté en souhaitant à l’accusé, qui les a écoutées en pleurant, de profiter de chaque moment, comme le faisait la victime, et de faire bonne route.

Rappelons que le 10 août 2016, Jonathan Falardeau-Laroche a perdu le contrôle de son véhicule à la suite d’une crise d’épilepsie. Il a alors happé Marie-Pier Gagné à une traverse piétonnière du boulevard Laurier à Québec. De retour d’une consultation médicale en lien avec sa grossesse, elle était enceinte de 39 semaines. La jeune femme a été maintenue en vie, le temps que les médecins sauvent la petite fille qu’elle portait. Elle est décédée des suites de ses blessures au bout de quelques heures.

Le juge Pierre-L. Rousseau rendrait sa décision sur la peine à être imposée le jeudi 2 avril au palais de justice de Québec. Ce sera le chapitre final de cette cause de négligence criminelle causant la mort amorcée il y a trois ans et demi.

Québec Hebdo

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