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11:43 27 février 2020 | mise à jour le: 30 juillet 2020 à 10:46 temps de lecture: 3 minutes

Le pasteur Mukendi condamné à 8 ans de pénitencier

Le pasteur Mukendi condamné à 8 ans de pénitencier
Le révérend Paul Mukendi a été amené menotté en salle d’audience du palais de justice de Québec. (Photo Métro Média – François Cattapan)

TRIBUNAL. Fondateur de l’église Parole de Vie à Québec, le révérend Paul Mukendi est condamné à purger 8 ans de pénitencier. Il s’agit du maximum parmi plusieurs peines concurrentes en lien avec les 9 chefs d’accusation pour agression sexuelle, voies de fait et menaces.

En rendant sa décision, le juge Jean-François Émond a énuméré ses motivations en regardant régulièrement l’accusé dans les yeux. Il a notamment tenu compte de l’absence d’antécédents judiciaires, du rôle de soutien familial et de la médiatisation de la cause parmi les facteurs atténuants. En revanche, il oppose d’importants facteurs aggravants, dont les menaces de mort, la contrainte et l’abus d’autorité de la part d’un individu qui se prétend homme de Dieu.

«Vous avez usé de votre statut et de votre église pour abuser la jeune victime et satisfaire vos pulsions sexuelles», dénonce le magistrat. Auparavant, il a longuement relaté les gestes dénoncés en preuve contre l’accusé d’origine congolaise âgé de 42 ans.

La sévérité de la peine a été saluée par la procureure de la Couronne, Me Sonia Lapointe. (Photo Métro Média – François Cattapan)

Prière nocturnes

Invité dans la famille de la jeune femme alors adolescente, Mukendi s’adonnera à des prières nocturnes devant la soulager de ses douleurs menstruelles. Il profitera de ses occasions pour s’adonner à des attouchements. Les gestes se multiplieront et s’amplifieront, allant jusqu’à la pénétration sur la jeune femme de 16 ans.

Les délits se sont produits entre 2006 et 2016, d’abord chez les parents de la victime puis dans son appartement. Pour expliquer cette longue emprise sur elle, la femme aujourd’hui dans la vingtaine dit avoir été «cédée comme une offrande» par sa mère. Pour sa part, Mukendi tentera de se disculper en insinuant s’être laissé séduire. Il évoquera également des relations consensuelles.

Or, mentionne le juge Émond, la preuve démontre que lors d’une cérémonie l’accusé a dit à l’intention de la victime: «ce qui est arrivé reste entre Dieu, toi et moi». Ce dernier s’adonne ensuite à la lecture d’un verset autour du thème «malheur à ceux par qui le scandale arrive». Pour le magistrat, ces éléments, combinés aux menaces et aux voies de fait répétées, discréditent complètement la thèse de rapports sexuels consensuels.

La porte-parole de l’église Parole de Vie à Québec, Marie-Ève Lepage, a confiance que le pasteur Mukendi soit exonéré en appel. (Photo Métro Média – François Cattapan)

Cause en appel

La procureure de la Couronne, Me Sonia Lapointe, a salué la sévérité de la peine basée sur une analyse étoffée. Pour sa part, la porte-parole de l’église Parole de Vie à Québec, Marie-Ève Lepage, a signalé que le verdict de culpabilité prononcé par un jury en juin dernier fait l’objet d’un appel. Entre-temps, les activités de la communauté religieuse se poursuivent, «car l’organisation n’est pas l’affaire d’un seul individu».

Québec Hebdo

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  • Alain Rioux

    La question subsidiaire qui se pose, en tous les cas de prévarication cléricale, est celle de la délicate césure à opérer entre religion et institution, foi personnelle et clergé. A ce titre, seule la Tradition du dogme, Symbole de Nicée-Constantinople et Bible, permet d’effectuer cette distinction, en offrant une base critique au fidèle, afin de lui permettre de se libérer de toute emprise mentale. Car, la durée de 2000 ans du Christianisme, ou l’universalité du sacerdoce des baptisés, l’emporte sur les spéculations de n’importe qui, fut-ce le pape de Rome!