justice
11:55 6 septembre 2018

Absolution pour un chirurgien ayant menacé un associé

TRIBUNAL. Paniqué à l’idée d’avoir investi plusieurs millions de dollars dans une entreprise moribonde spécialisée dans les soins de la vue, le chirurgien-ophtalmologiste de la Côte-Nord, Danny Dreige, a reconnu avoir proféré des menaces et s’être livré à du harcèlement dans le but d’être remboursé par un homme d’affaires en difficulté de Québec.

Marteau de la justice.

(Photo Métro Média – Archives)

En 2016, le Dr Dreige avait investi 3,4M$ dans l’entreprise de la victime, le Dr Éric Savard. Ce dernier est l’optométriste qui a fondé la chaîne de lunetteries La Vue. Connaissant une croissance trop fulgurante pour ses moyens, la compagnie a éprouvé des problèmes financiers qui ont tôt fait d’inquiéter le Dr Dreige nouvellement associé.

Dès le mois de mars suivant, il a mis de la pression sur l’homme d’affaires dans l’espoir de récupérer ses billes. Pour se donner de la crédibilité, il a inventé une histoire rocambolesque impliquant une connaissance argentée qui lui a avancé l’argent investi. Prétendant que ce dernier s’impatientait et désirait être remboursé, il a soutenu qu’un contrat avait été mis sur la tête du Dr Savard.

Craignant pour sa vie, celui-ci a fait suivre et enregistré son associé par la police. Après une nouvelle séance de menaces de la part du Dr Dreige, les policiers sont débarqués pour procéder à l’arrestation du chirurgien. L’enquête révélera plus tard que les propos de l’accusé étaient non fondés et que la vie d’Éric Savard n’a jamais été menacée.

Pas une menace

Le prévenu s’en tire à bon compte et a admis aux médias qu’il avait appris de cette mésaventure et qu’il n’avait jamais eu l’intention de faire du mal à son ancien associé. Considérant qu’il rend des services en santé plutôt rares sur la Côte-Nord, la juge Marie-Claude Gilbert a accepté la suggestion commune des parties. Elle a accordé une absolution inconditionnelle à l’homme de 47 ans sans antécédents judiciaires.

Précisons par ailleurs que le fondateur des lunetteries La Vue s’est depuis placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Éric Savard cumule des créances de plus d’une dizaine de millions de dollars.

Métro Média

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