justice
16:55 2 décembre 2016

Émilie Labonté incarcérée pour incitation à des contacts sexuels

TRIBUNAL. La volonté tardive d’Émilie Labonté de se reprendre en main n’a pas ému la juge qui a entendu les parties à l’étape des représentations sur la peine. Plutôt que de retourner sur les bancs d’école, la jeune femme accusée d’exhibitionnisme et d’incitation à des contacts sexuels sur un mineur a pris le chemin des cellules en sanglots.

Émilie Labonté. (Photo gracieuseté)

D’après le rappel des faits survenus il y a deux ans, Labonté et son conjoint Dave Beaupré, qui fait également face à la justice, ont d’abord recruté via les petites annonces un jeune gardien pour s’occuper de leur enfant de 3 ans. Entre les mois d’août et novembre 2014, le couple amateur de naturisme s’est promené nu à plusieurs reprises devant l’adolescent de 14 ans.

À une occasion, Beaupré a embrassé la vulve de sa conjointe et lui a caressé les seins devant le garçon. Labonté a également fait une fellation à son conjoint devant le gardien, à qui elle a ensuite proposé de faire la même chose. Celui-ci a décliné l’offre et a plus tard dénoncé la situation à ses parents, ce qui a mené au dépôt d’une plainte.

Après avoir écouté les suggestions de la Défense et de la Couronne, la juge Chantale Pelletier s’est rendue aux arguments de cette dernière. Elle a condamné l’accusée à purger 6 mois de prison ferme, en soulignant le peu d’empathie pour la victime inscrit dans son rapport présentenciel négatif. Mais, surtout, en déplorant sa mobilisation tardive, il y a à peine une semaine alors que les événements remontent à deux ans, et en notant le faible impact des procédures judiciaire sur sa motivation à se réhabiliter.

«Vous tentez de prendre le Tribunal en otage en suggérant que si vous obtenez une peine de prison ferme plutôt que discontinue, vous serez obligée de continuer à œuvrer dans l’univers des danseuses et des escortes. Vous voudriez qu’on efface tout sans faire face aux conséquences de vos actes, pour vous permettre un retour à l’école. Si vous êtes sérieuse dans votre démarche, vous pourrez reprendre vos études à votre sortie de prison», a commenté la juge Pelletier.

La peine de Labonté est assortie d’une probation de 3 ans et d’un suivi de 2 ans avec thérapie requise en matière de trouble d’ordre sexuel. S’ajoutent des interdits de communiquer avec la victime, ainsi que de se trouver auprès de mineurs de moins de 16 ans sans la présence d’un adulte informé de sa situation, prélèvement d’ADN et inscription au registre des délinquants sexuels.

Volonté de s’en sortir

L’avocat de la Défense, Me François Xavier T. Doyon, a précédemment tenté de convaincre la juge quant à l’utilité pour sa cliente de bénéficier d’une peine de prison discontinue. Il a fait valoir à cet effet que Labonté avait été admise à des cours de rattrapage lui permettant d’obtenir un prêt et une bourse, en vue de poursuivre des études au niveau universitaire. Il a également fait témoigner une psychoéducatrice du Centre Painchaud, qui s’est dite prête à aider l’accusée, car celle-ci reconnaît à la fois ses torts et son besoin d’encadrement.

Appelée à la barre à son tour, Labonté a insisté sur sa volonté de se reprendre en main. «Je suis écoeurée d’être le mouton noir de la famille. J’aimerais que mes parents soient fiers de moi pour une fois. Je veux vraiment devenir une meilleure personne. Ces tristes événements m’ont ouvert les yeux. Je souhaite devenir une meilleure mère pour mon fils et un meilleur acquis pour la société», a-t-elle assuré.

De bonnes intentions qui surviennent trop tardivement aux yeux de la juge Pelletier, qui ne doute toutefois pas de la capacité de l’accusée à reprendre le droit chemin après son séjour en prison. Menottée, la jeune femme de 26 ans n’a pu retenir ses sanglots en étant amenée vers les cellules du palais de justice de Québec.

Québec Hebdo

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