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14:40 19 août 2016

Enquête concernant un ancien pasteur baptiste: La Commission des droits de la personne blâme le directeur de la DPJ de Québec

JUSTICE. Le directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) de Québec «n’a pas pris les moyens pour assurer la sécurité et le développement de deux jeunes» qui ont fait l’objet de signalements pour négligence, abus physiques, isolement et non-fréquentation scolaire, alors qu’ils étaient confiés à un ancien pasteur baptiste, conclut la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

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Depositphotos.com – belchonock

Les droits de deux jeunes ont été lésés, tranche la Commission, au terme d’une enquête sur quatre séquences de signalements entre 2004 et 2014. Les lésions de droit constatées concernent les signalements de 2005 et de 2013. «Il s’est notamment écoulé quatre mois avant que les signalements de 2005 soient retenus et plus d’un an pour les évaluer, ce qui ne respecte pas les standards de pratique. Toutefois, le premier signalement en 2004 et le dernier en 2014 ont été évalués en conformité avec les lois et règles applicables», conclut la Commission.

«Mal outillés»

«Les intervenants rencontrés dans le cadre de cette enquête se sont dits mal outillés et démunis lorsqu’appelés à évaluer les signalements concernant des enfants vivant dans des milieux fermés ou sectaires», rapporte le président par intérim de la Commission, Camil Picard. Il appelle ainsi la DPJ à l’informer d’ici novembre des mesures mises en œuvre pour respecter les délais selon les standards de pratique, ainsi qu’à «prendre des mesures pour s’assurer que les intervenants rencontrent les enfants et leurs parents dans toutes les évaluations de signalement comme le prévoit la Loi sur la protection de la jeunesse».

Conclusions favorablement accueillies par la DPJ

Disant accueillir «favorablement» les recommandations faites à son égard, la DPJ de Québec a tenu à souligner les changements apportés à ses pratiques. «Tous nos processus de déroulement de la prise d’appel jusqu’à la décision de rétention d’un signalement ont été revus il y a déjà quelques années, donc déjà là, cette recommandation-là est appliquée en bonne et due forme», a fait valoir la directrice de la protection de la jeunesse de Québec, Dominique Jobin, peu après la publication des conclusions de la Commission. «On est dans les bonnes pratiques déjà», a-t-elle assuré, soulignant que les signalements sont aussi évalués «selon les standards» depuis «quelques années» déjà.

«Intervenir auprès des enfants vivant à l’intérieur d’un groupe sectaire» est «extrêmement difficile», commente la DPJ de Québec. «Lorsque nous rencontrons les enfants seuls, ces derniers sont souvent déjà bien préparés à la venue de la DPJ et des policiers. C’est l’une des difficultés vécues par les intervenants», témoigne Dominique Jobin.

Dans la foulée de l’intervention en protection de la jeunesse auprès de la communauté Lev Tahor, la Commission des droits de la personne avait formulé plusieurs recommandations qu’elle réitère aujourd’hui au gouvernement, notamment pour la conception d’un guide des meilleures pratiques cliniques et administratives lors d’interventions auprès de groupes sectaires ou de communautés fermées.

«On salue la venue d’un guide pratique, parce que ce sont de situations qui sont pas nécessairement fréquentes comme l’ensemble des autres problématiques qu’on rencontre dans le cadre de la loi sur la protection de la jeunesse, commente Dominique Jobin. On a besoin d’avoir un guide de pratique qui va nous enseigner un peu mieux comment on va se comporter, ne serait-ce qui on va rencontrer en premier, comment on peut avoir le plus d’impact possible sur cette clientèle-là», conclut-elle.

Québec Hebdo

Equipe Redaction


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