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15:25 24 mars 2017 | mise à jour le: 24 mars 2017 à 15:25 temps de lecture: 4 minutes

L’apprenti artificier de Donnacona de retour devant le juge

JUSTICE. Martin Delisle, accusé d’avoir fabriqué et utilisé des substances explosives de type TATP, était de retour devant le juge à l’étape des représentations sur sentence. À la suite d’une explosion qui a eu lieu à Donnacona en mai, l’homme a dû se faire amputer une main et a subi des séquelles au niveau de son ouïe et de sa vue.

Des substances explosives et des produits pour fabriquer du TATP ont été trouvées dans l’appartement à Donnacona.

(Photo gracieuseté – Sûreté du Québec)

L’état de la cuisine à la suite de l’explosion.

(Photo gracieuseté -Sûreté du Québec)

Jérôme Bernatchez, un artificier de la Sûreté de Québec qui est intervenu le jour de l’explosion, est venu témoigner cet avant-midi. Dans son témoignage, M. Bernatchez a décrit les lieux de l’événement après le carnage, et a mentionné qu’on pouvait voir des morceaux de chair qui avait été projetés sur les armoires de la cuisine de l’appartement de l’avenue Kernan.

Une vidéo d’une autre «expérience» de Martin Delisle a été présentée au juge, alors qu’il faisait exploser une substance dans le Chemin de Bois de l’Ail, à Cap-Santé. L’accusé a d’ailleurs esquissé un sourire dans le box des accusés quand la détonation s’est fait entendre. En après-midi d’autres vidéos semblables de ses expériences, réalisées dans son appartement, ont été présentées. Ces vidéos ont été saisies sur son téléphone cellulaire et sur son ordinateur portable.  

L’artificier a expliqué que la substance produite par Martin Delisle est si dangereuse et instable que son utilisation civile n’est permise nulle part dans le monde. Ce type d’explosif est surtout utilisé par des groupes terroristes, comme Al-Qaïda, a précisé M. Bernatchez. «On ne comprend pas comment monsieur a fait pour survivre à cette explosion», a-t-il d’ailleurs confié. Les projections de cette explosion qui a eu lieu le 18 mai dernier auraient facilement pu causer la mort de l’accusé.

Quand les secours ont été appelés sur les lieux, les artificiers de la Sûreté du Québec ont dû déplacer les explosifs toujours présents dans l’appartement à l’aide de combinaisons anti-bombes dans une remorque résistante aux explosions afin de procéder à la destruction des substances, a expliqué M. Bernatchez.

Rappelons qu’en janvier, Delisle avait admis avoir fabriqué les explosifs qui lui ont causé des blessures à lui, ainsi qu’à Patrick Roy, qui n’a pas été arrêté dans cette affaire.  Patrick Roy est présentement détenu dans un autre dossier. Le plaidoyer de culpabilité de Martin Delisle, père de trois enfants, a permis d’éviter la tenue d’un procès.

La couronne propose 4 ans de détention, moins la détention provisoire, donc à partir d’aujourd’hui Martin Delisle devrait purger 33 mois. Du côté de la défense, Me Stéphanie Morneau estime quant à elle que l’accusé a déjà passé assez de temps derrière les barreaux.

Un lourd passé

L’homme de 40 ans a également été condamné dans des dossiers en lien avec de la possession et du trafic de drogue par le passé. De plus, en 2014, alors qu’il commettait une introduction par effraction dans un bâtiment désaffecté, il s’est fracturé les deux chevilles en sautant en bas d’une fenêtre, a expliqué son avocate.

Ayant peu de mobilité pendant cette période de sa vie, c’est l’ennui qui l’a mené à s’intéresser à la confection de substances explosives, a rapporté son avocate, Me Stéphanie Morneau.

D’ailleurs, le 18 mai dernier, jour de l’explosion qui lui a fait perdre la main gauche, il était sous probation pour une condamnation précédente et ne pouvait posséder d’armes à feu ou de substances explosives pour une période de 10 ans, a expliqué le procureur de la couronne.

Des proches de l’accusé ont été rencontrées par les enquêteurs à la suite des événements. L’un d’eux a raconté qu’une connaissance de l’accusé lui avait donné un cartable avec des feuilles sur lesquelles étaient inscrites plusieurs recettes pour fabriquer des bombes artisanales. Son avocate prétend que son client ne fabriquait pas des explosifs dans le but de faire du mal, mais plutôt comme passe-temps. Elle estime que son client a assez payé pour ses actes, et continuera de payer pour le reste de ses jours, devant maintenant vivre avec une seule main.

Voyant l’heure passer, les avocats et le juge se sont entendus pour suspendre le dossier jusqu’au 7 avril, pour la suite des procédures.

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