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18:48 10 mars 2017 | mise à jour le: 10 mars 2017 à 18:48 temps de lecture: 3 minutes

Elle reconnaît avoir fraudé son syndicat pour 279 000$

TRIBUNAL. Voilà un bien mauvais exemple pour la clientèle vulnérable qu’elle desservait au Centre jeunesse de Québec (CJQ). Ex-trésorière au Syndicat des éducateurs et professionnels de l’organisme, Nadine Girard a reconnu sa culpabilité à deux chefs d’accusation pour des fraudes supérieures à 5000$ contre son association affiliée à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Nadine Girard a quitté le palais de justice de Québec sous escorte.

(Photo TC Media – François Cattapan)

D’après le récit des faits relatés par la procureure de la Couronne, Me Joanne Tourville, les délits sont survenus à diverses occasions entre août 2008 et mars 2015 à Québec. À l’emploi du CJQ depuis 1994, Girard était également membre du syndicat local, où elle a gravi les échelons pour devenir trésorière à partir de 2005. Dans le cadre de ses fonctions, elle agissait comme signataire au compte bancaire et avait un poste clé donnant accès aux finances de l’organisation.

La preuve démontre que l’accusée a profité de sa position privilégiée pour empocher, sur une longue période, plusieurs petits montants. Une fois regroupés, ceux-ci représentent la rondelette somme de 279 717$. Me Tourville précise qu’on reproche à la résidente de Lévis d’avoir subtilisé d’autres montants sans pièces justificatives, d’où une poursuite au civil intentée contre elle pour une somme supérieure.

«C’est la présidente du syndicat local au CJQ qui a eu des soupçons en 2014. Elle a reçu des appels pour des chèques sans provision et des comptes impayés, avant de voir une carte de crédit institutionnelle bloquée, puis de s’apercevoir que la marge de crédit du syndicat se trouvait dans le rouge. Confrontée, l’employée a admis s’être approprié certaines sommes. Toutefois, l’enquête de vérification interne a permis de passer en revue quelque 430 chèques émis par Girard, dont plusieurs avec des débours supérieurs injustifiés», raconte Me Tourville.

La Lévisienne de 43 ans a reconnu avoir fraudé son syndicat.

(Photo TC Media – François Cattapan)

Vivre dans le luxe

Il ressort de l’enquête que la femme de 43 ans falsifiait des documents pour détourner des fonds à son profit. Parmi les stratagèmes qui lui sont reprochés, on retrouve des dépenses encourues pour actions syndicales injustifiées, des réclamations de salaire irrégulières au moyen de faux rapports d’activités, ainsi que l’utilisation trompeuse de formulaires de versements salariaux. La série de fraudes aurait été motivée pour s’attribuer une qualité de vie de grand luxe. Girard a reconnu l’ensemble des faits dénoncés.

Une requête a été déposée au juge Michel L. Auger pour la confection d’un rapport présentenciel avant l’étape de la détermination de la peine. Pour l’instant, les parties n’ont pas l’intention de présenter une suggestion commune. Il y aura donc représentations sur la peine appropriée lors du retour de la cause devant le Tribunal le 19 juin. D’ici là, Girard devra faire face à une poursuite civile de 536 000$ déposée par le syndicat CSN. À noter toutefois que l’accusée a déjà déposé un avis de faillite.

TC Media

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