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16:48 25 novembre 2020 | mise à jour le: 25 novembre 2020 à 17:30 Temps de lecture: 4 minutes

Les crimes haineux en hausse à Québec

Les crimes haineux en hausse à Québec
Photo: /Métro Média - Archives/Photo Métro Média – Archives

SOCIÉTÉ. Les crimes haineux déclarés par la police sont en hausse à Québec, alors qu’ils tendent à diminuer à Montréal. C’est ce que révèlent de nouvelles données publiées par Statistiques Canada. Celles-ci comptabilisent le nombre crimes haineux signalés à la police annuellement, de 2015 à 2019, dans 36 villes canadiennes.

Situation à Québec

Dans la capitale-nationale, le constat est plus sombre. La police y a déclaré 70 crimes haineux l’année dernière.Le taux pour 100 000 habitants est donc passé de 3,5 en 2015 à 9,9 en 2017 pour finalement légèrement baisser à 8,6 en 2019.Parmi les 36 villes canadiennes, Québec avait le taux par 100 000 habitants le plus haut en 2019.

Cependant, la population de Québec est plus petite. Par conséquent, toute variation a un gros impact sur le taux. Dans tout le pays, le total de crimes haineux déclarés par la police s’élevait à 1 946 l’année dernière. Ce chiffre était 2 073 en 2017 et 1 817 en 2018.

Situation à Montréal

En 2019, la police a recensé un total de 231 crimes haineux à Montréal. Si on observait une augmentation des crimes haineux dans la métropole en 2017, ceux-ci sont en baisse depuis. En effet, le taux des crimes haineux pour 100 000 habitants s’élevait à 7,4 il y a trois ans. Ce chiffre a baissé à 5,4 l’année dernière. Ainsi, Montréal se situe au-dessous de la moyenne des grandes villes canadiennes, dont le taux est de 6.

La pointe de l’icerberg

Selon le directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), Fo Niemi, ces chiffres reflètent la tendance sociale.Toutefois, ces données sont compilées par la police, rappelle-t-il. Par conséquent, ces statistiques peuvent autant être le reflet d’une augmentation des crimes que d’une diminution des signalements à la police.

«De manière générale, on estime qu’un maximum de 10% de ces actes sont actuellement rapportés à la police», souligne M. Niemi.

De plus, peu de données sont accessibles au grand public sur la nature de ces actes haineux et quelles sont les communautés les plus touchées. Cependant, Fo Niemi ajoute que les crimes haineux basés sur la race et l’origine éthnique, en comparaison à d’autres motifs, dominent encore au pays.

En effet, en 2020, comme en 2019, les crimes haineux les plus observés à Montréal concernent la race, l’origine ethnique, ou la religion des personnes, confirme le chargé de communication du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Darren Martin McMahon-Payette.

Et pour 2020?

À quoi s’attendre pour l’année 2020? Avec la pandémie, il faut prévoir une croissance des crimes haineux envers les personnes asiatiques, estime le directeur général du CRARR.

Selon Fo Niemi, des incidents à caractère haineux dirigés envers la communauté musulmane ont marqué l’année 2017. «Surtout avec les débats entourant le projet de loi 21 sur la laïcité, dit-il. Mais ça a diminué parce que les choses se sont replacées entre 2018 et 2019.» On se souviendra de triste mémoire que c’est également en début 2017 qu’est survenue la fusillade à la grande mosquée de Québec.

En 2020, c’est plutôt la communauté asiatique qui est la cible de d’incidents de plus en plus marqués à Montréal.

D’ailleurs, les commerçants du Quartier chinois ont récemment lancé une campagne contre le racisme anti-asiatique lié à la COVID-19.

De son côté, le SPVM observe, toute proportion gardée, une légère baisse du nombre de crimes haineux sur son territoire, en date de ce jour, cette année, comparativement à 2019.

Cependant, l’année 2020 n’est pas encore terminée. Cette tendance pourrait donc être appelée à changer, précise Darren Martin McMahon-Payette.

Québec Hebdo

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