Faits Divers
09:36 1 mai 2020 | mise à jour le: 1 mai 2020 à 14:35 temps de lecture: 4 minutes

Le CHU de Québec évite de peu une fraude majeure

Le CHU de Québec évite de peu une fraude majeure
Le pdg du CHU de Québec, Martin Beaumont, se félicite que les sommes aient été gelées par les tribunaux avant que la transaction ne se concrétise. (Photo Métro Média – Archives)

SANTÉ. Le gouvernement du Québec a bien failli être soulagé d’une somme de 45M$ dans sa quête intensive de matériel médical. En effet, le CHU de Québec s’est fait leurrer par un présumé fraudeur qui lui promettait 5 millions de masques N95 inexistants.

Après plusieurs alertes et drapeaux rouges soulevés par des intermédiaires dans cette transaction, l’affaire a finalement été freinée devant les tribunaux. Ce n’est toutefois qu’au terme de ce litige judiciaire entourant l’achat des masques de protection, que la direction du CHU de Québec pourra pousser un soupir de soulagement.

Celle-ci souligne au passage la bienveillance de plusieurs filets de sécurité mis en place pour déceler les risques potentiels de fraudes. «Ces mécanismes nous ont permis d’agir de façon diligente et proactive, en ce contexte de pandémie où les risques sont accrus. C’est d’ailleurs grâce à ces protections que les sommes versées dans le cadre de la transaction litigieuse ont été protégées», précise-t-on dans un communiqué.

Rappelons que le CHU de Québec et la firme Sigma Santé sont mandatés par le gouvernement provincial pour faire l’achat de matériel médical. Depuis le début de la crise sanitaire, ils ont passé des commandes évaluées à plus de 1,6G$.

«Il est aberrant de constater que de telles situations surviennent alors que nous cherchons à fournir à nos troupes les équipements de protection appropriés. Heureusement que nous avons pu compter sur la vigilance de nos équipes et de nos institutions financières. Ces dernières sont intervenues dès le premier signal d’alarme», souligne Martin Beaumont, président-directeur général du CHU de Québec.

Entêtement téméraire

Le récit des faits relatés dans les médias donne toutefois une version un peu moins favorable quant au déroulement des événements. Si les premières informations filtrées s’avéraient erronées en prétendant la réussite de la fraude, la suite des choses n’est pas aussi sans reproches qu’on veut le laisser entendre. Les responsables des groupes d’achat semblent avoir mis du temps à réagir et à intervenir.

En effet, l’insistance de l’homme d’affaires de Brossard et de son entreprise fictive a bien failli fonctionner. Le CHU a poursuivi les démarches liées à la transaction, malgré des inquiétudes sérieuses soulevées par les institutions financières Desjardins et TD. Des doutes ont même été communiqués par le FBI, tandis que 3M, le fabricant des masques N95, a averti les intervenants au dossier de l’indisponibilité de ses produits.

Ainsi, affirmer «qu’à chaque alerte ou identification d’un risque potentiel, nos équipes ont posé les gestes appropriés» s’avère inexact. Sans vouloir jeter le blâme en ces temps de crise où certains peuvent être tentés de profiter de l’état d’urgence, des experts rappellent que des vérifications diligentes s’imposent plus que jamais. Si les fonds impliqués ont pu être sauvegardés, c’est surtout grâce à l’intervention in extremis de la Cour supérieure et son ordonnance de saisie avant jugement.

«On a bon espoir de récupérer les 45M$», a déclaré jeudi le premier ministre François Legault, en commentant l’affaire. Or, ce n’est toujours pas chose faite et le prévenu dans ce dossier envisage des recours pour débloquer les sommes exigées.

Québec Hebdo

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