Faits Divers
11:53 15 mai 2019

Absolution pour le tireur de pancarte électorale

Absolution pour le tireur de pancarte électorale
Le juge s’est rendu aux arguments de la Défense, qui plaidait pour une absolution conditionnelle, tandis que la Couronne suggérait un sursis de sentence. (Photo Métro Média – Archives)

TRIBUNAL. Ayant pris en considération «les remords sincères et le témoignage crédible» reconnaissant son manque de jugement pour avoir criblé de projectiles la pancarte d’un candidat de Jean-Talon aux dernières élections provinciales, le juge Sébastien Proulx a rendu une décision d’absolution conditionnelle à l’endroit de Roberto Cyr-Delcourt au palais de justice de Québec.

Rappelons que ce dernier a reconnu, dans un moment d’excitation et d’étourderie, avoir essayé sa nouvelle carabine à air comprimé en tirant à l’extérieur depuis le balcon de son logement de Sainte-Foy. Il a alors visé divers objets inertes à sa portée dans le parc en face de chez lui, incluant un banc, une poubelle et une pancarte électorale du candidat indépendant Ali Dahan. Commis en septembre dernier, durant la campagne électorale provinciale, les gestes admis par Cyr-Delcourt lui ont valu des accusations d’usage négligent d’une arme et de méfait public.

Le jugement du magistrat était appuyé sur plusieurs éléments de jurisprudence évoquant l’inutilité d’une condamnation, si le châtiment s’avère disproportionné à la faute et excessif en regard du principe de dissuasion. Il considère également plusieurs circonstances atténuantes, «dont le plaidoyer de culpabilité, la collaboration à l’enquête, les regrets et excuses pour les gestes inappropriés de l’accusé, ainsi que le fait qu’il en tire toute une leçon à la suite de la judiciarisation de l’affaire».

Devant la preuve présentée et les témoignages entendus, le Tribunal croit en la sincérité du délinquant et ne se rend pas aux arguments de la victime qui y a vu un geste haineux en raison de ses origines étrangères. Considérant que les objectifs de dénonciation et de prise de conscience de la gravité des gestes sont totalement rencontrés par son passage en Cour, le juge Proulx accorde sa clémence à l’accusé «pour ne pas anéantir son nouveau parcours professionnel». Victime d’une enfance difficile, le jeune homme de 26 ans est sur le point d’entreprendre une carrière d’intervenant en centre de jeunesse.

Précisons que l’absolution conditionnelle est assortie de plusieurs conditions, dont une obligation de garder la paix et une probation de 15 mois. Cyr-Delcourt devra aussi effectuer 50 heures de travaux communautaires, verser un don de 300$ au Pignon Bleu et respecter les interdictions de posséder des armes et de communiquer avec la victime.

Québec Hebdo

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