Débats
10:17 9 septembre 2022 | mise à jour le: 9 septembre 2022 à 10:17 Temps de lecture: 6 minutes

Intervention nécessaire au niveau du Programme d’intervention et de revitalisation des ruelles de Limoilou

Intervention nécessaire au niveau du Programme d’intervention et de revitalisation des ruelles de Limoilou
Photo: Infographie Métro Média

Monsieur le Maire,

Nous vous écrivons aujourd’hui au nom de quatre ruelles du Vieux‑Limoilou, c’est-à-dire la ruelle des Oiseaux de passage, la ruelle de la Caserne, la ruelle du Clocher et la ruelle Sylvain Lelièvre (nom à confirmer).

Ces quatre ruelles ont adhéré au Programme d’intervention et de revitalisation des ruelles de Limoilou offert par la Ville de Québec. Pour faciliter la planification et la réalisation du projet, la majorité d’entre elles se sont constituées en OBNL et ont ouvert un compte entreprise, conformément aux recommandations de Nature Québec, ancien mandataire de la Ville de Québec pour l’accompagnement des citoyens dans le cadre du programme. Les OBNL ont obtenu une adhésion des propriétaires riverains (entre 60% et 85%) et ont engagé des frais. Pour certaines dépenses, le programme prévoit un remboursement complet alors que pour d’autres (p.ex. arpentage, plans et devis), les citoyens doivent assumer une partie des coûts (minimum de 20 %). L’ensemble des bénévoles de ces comités échangent très régulièrement avec les riverains de leur ruelle par le biais de rencontres, de courriels ou via des pages Facebook. De plus, entre ruelles, nous partageons aussi nos expériences et défis.

Au printemps 2021, selon les exigences du programme, une recherche de titres a permis de confirmer que ces ruelles étaient bel et bien sous la responsabilité de Revenu Québec. Toujours selon le programme de la Ville, nous avons demandé à Revenu Québec l’autorisation de réaliser des travaux d’infrastructures et d’implantation de végétaux vivaces dans la ruelle, ce que nous n’avons pas encore obtenu. Depuis, nous sommes dans une impasse et nous avons besoin de votre appui pour la dénouer.

Notons qu’à l’automne 2021, notre conseillère municipale nous avait assuré que nos projets pourraient aller de l’avant d’ici la fin de l’année 2021. D’ailleurs, les responsables de la Ville (niveau administratif) nous avaient proposé de réaliser les étapes d’arpentage et de plans et devis, nous précisant que nous pourrions passer à l’étape de réalisation lorsqu’une entente concrète serait conclue entre Revenu Québec et la Ville. Or, la conclusion d’une telle entente se fait toujours attendre.

Plusieurs démarches ont été entreprises autant auprès de la Ville que de Revenu Québec pour compléter les informations demandées. Il est très clair que Revenu Québec, en tant qu’administrateur temporaire des ruelles concernées, souhaite trouver un acquéreur permanent. On nous a même offert de nous vendre le fonds de terrain des ruelles pour 1 $. Vous pouvez sans doute comprendre qu’il ne s’agit pas d’une option souhaitée par nos comités formés de citoyens bénévoles alors qu’une telle acquisition entraine des coûts et des responsabilités que nous ne pouvons prendre en charge. De fait, l’acquisition de ces lots nécessiterait d’entreprendre des travaux d’arpentage et des démarches juridiques à nos frais sans compter les coûts de décontamination et les frais récurrents liés à une assurance responsabilité. Les responsables de la Ville nous ont par ailleurs mentionné qu’un comité d’experts a été mis en place pour évaluer différents scénarios de gestion des ruelles et que leur acquisition serait analysée. Un rapport devrait être déposé aux autorités d’ici la fin de cette année.

Il va sans dire que nous sommes extrêmement déçus de constater le dysfonctionnement du programme d’intervention et de revitalisation des ruelles de Limoilou de la Ville de Québec et que les fonds réservés pour ce programme ne peuvent finalement pas être utilisés. Bien que les fonctionnaires responsables du projet nous appuient, c’est seulement maintenant et grâce aux interventions des citoyens que cet enjeu est révélé. Il serait dommage que les efforts des citoyens bénévoles des quatre ruelles ne puissent pas permettre de mener ces projets à terme, conséquence d’une joute entre Revenu Québec et la Ville de Québec. Nous sommes prêts à réaliser nos projets de revitalisation, mais nous sommes actuellement dans une impasse, et ce, tant que la question de la propriété de ces quatre ruelles ne sera pas clarifiée. Le prolongement des délais occasionne non seulement une augmentation des coûts et une détérioration de plus en plus grande des zones de circulation où l’eau stagne pendant des jours, mais plus encore un découragement et une démobilisation des citoyens de Limoilou. Il est à noter que deux de ces ruelles se situent directement sur le trajet du futur tramway, nous y voyons une occasion parfaite pour harmoniser nos projets et s’assurer d’une bonne intégration.

Le 28 mars dernier, tant le gouvernement provincial (49 M$ octroyé à la Ville de Québec dans le cadre du Plan pour une économie verte 2030) que votre administration ont précisé dans un même communiqué que « la lutte contre les changements climatiques est au cœur de vos actions au quotidien », que « les gouvernements de proximité comme le nôtre jouent un rôle majeur dans cette lutte sans précédent pour laisser un avenir meilleur aux générations futures. » Nos projets de ruelles remplissent précisément ces objectifs et sont prêts à être réalisés. C’est une nouvelle tuile qui s’abat sur notre quartier.

Parmi ces tuiles, rappelons que Québec a décidé de quintupler les normes quotidiennes permises de concentration de nickel dans l’air. Tout ceci affecte considérablement la santé et le quotidien des citoyens du quartier, sans oublier les poussières générées par les infrastructures portuaires et les transports, ainsi que les émanations de l’incinérateur et de l’usine Papiers White Birch.

En tant que représentants des ruelles regroupant plus de 500 citoyens, nous vous demandons de trouver rapidement une voie de passage pour la réalisation de nos quatre projets de ruelles. Nos ruelles pourraient à la rigueur servir de projets pilotes. Ce faisant, nos projets deviendront non seulement un des moyens vous permettant d’atteindre vos cibles en matière environnementale, mais aussi, et surtout des modèles de mobilisation citoyenne pour contrer, malgré l’adversité, les problèmes d’îlots de chaleur et de qualité de l’air ambiant de Limoilou.

 

Vous remerciant pour votre écoute des citoyens des ruelles de Limoilou.

Ruelle des Oiseaux de passage

Maïra Beaudry

Marie-Claude Raymond 

France Lavoie

Romain Thibaud

Véronique Audet

Colette Harvey

Ruelle de la Caserne

Bernard Jeffrey

Patrick Dufour

François Damien

Emma Babineau

Ruelle du Clocher

Caroline Roy

Carolane Couture

Audrey Lahaie

Jonathan Blais 

Ruelle Sylvain Lelièvre (nom à confirmer)

Étienne Brousseau

Éric Michaud

Geneviève Faucher

Jean-Marc Blondin

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Commentaires 1

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  • Claude Gagné

    La problématique des ruelles à Québec dure depuis toujours et plusieurs ont dû vivre avec et faire des démarches aux résultats mitigés avant aujourd’hui….
    Avec un ami aux alentours des années 1985-1988 (déjà près de 40 ans), je suis devenu co-propriétaire d’un triplex situé sur la rue d’Assise dans le quartier Lairet de Limoilou. La ruelle adjacente (entre les rues d’Assise et Ozanam, près de l’hôpital Saint-François d’Assise) était dans un piteux état avec un dénivelé important occasionnant, dans le bas d’une pente, la formation d’un lac lors des précipations et à la fonte des neiges. J’entrepris alors de faire drainer cette ruelle en faisant pression sur l’administration de Québec et le conseiller municipal de l’époque (dont j’oublie le nom) pour ce faire. Au bout de deux ans et moults démarches sans résultat, notamment avoir fait signer une pétition par tous les propriétaires et les locataires vivant le long de cette partie de ruelle et avoir indiqué mon intention de poursuivre la Ville et/ou le Curateur public, alors soi-disant propriétaire par défaut des ruelles, pour négligence et dommages à la propriété, j’obtins que la Ville vienne installer un puisard au point le plus bas de la ruelle pour éviter l’accumulation de l’eau et la formation d’un lac se répandant jusqu’aux propriétés limitrophes. L’administration publique de la Ville fut réticente à installer ledit puisard. Le matin même des travaux prévus, je dus téléphoner à un directeur de la Ville pour lui signifier le refus de son employé de poser ledit puisard dans la ruelle????? La pression du directeur eut raison des réticences de l’employé et le puisard fut installé et relié au réseau d’égout des rues. On m’a également signifié que l’entretien du puisard était à ma charge et celle des autres résidents. Je ne connais pas son état à ce jour. Jamais le soi-disant propriétaire ne s’est manifesté. Je crois que le conseiller municipal est celui qui a fait les pressions pour faire avancer l’administration.
    Alors, intervenir pour améliorer l’état des ruelles à Québec demande de l’abnégation et de l’acharnement tant que pour la Ville, celles-ci , plus de cent ans après l’urbanisation de Limoilou.