Débats
06:52 23 janvier 2022 | mise à jour le: 23 janvier 2022 à 09:55 Temps de lecture: 4 minutes

Réintégrer les personnes âgées dans la cellule familiale

Réintégrer les personnes âgées dans la cellule familiale
Photo: Métro Média

Les Japonais accordent beaucoup de respect et une attention particulière envers les personnes âgées de leur société. Pour eux, ce sont des personnes aptes à enseigner, à juger, à conseiller et à guider les jeunes dans plusieurs aspects de la vie. Elles sont donc considérées comme les « formatrices de la vie ». De leur côté, les personnes âgées voient les jeunes comme des « apprentis de la vie ». Cette différence de statut n’empêche en rien les échanges entre les deux générations, bien au contraire. Les aînés et les plus jeunes d’une famille ou d’une communauté se côtoient presque tous les jours, au point de créer un lien solide qui les unit durant toute une vie.

Les personnes âgées au Québec

Au Québec, il n’y a pas si longtemps, les familles québécoises se réunissaient autour de l’aïeul pour recevoir la traditionnelle bénédiction paternelle du Nouvel An. Durant la soirée, pendant que la fête se déroulait au rythme de la danse des invités, les grands-parents bénéficiaient d’une place de choix dans le fauteuil le plus confortable, et suivaient le rythme en tapant des mains et des pieds, tout sourire. Durant l’été, mon grand-père faisait partie du voyage jusqu’au chalet, et je me souviens encore très bien quel plaisir j’éprouvais lorsqu’il consentait à me promener dans la brouette jusqu’au lac.

Or, les temps ont changé. On ne retrouve plus les aînés aux activités familiales. La plupart d’entre eux ont été placés dans des résidences pour personnes âgées, les enfants ayant décidé qu’ils y seraient davantage en sécurité. Les personnes âgées sont disparues peu à peu du paysage social si bien qu’aujourd’hui, elles se retrouvent marginalisées dans un monde où l’essentiel est cristallisé dans la satisfaction du moment présent au détriment des souvenirs éclairants du passé.

Avons-nous sacrifié nos personnes âgées?

Mais que s’est-il donc produit? Où est passé le respect que l’on vouait aux personnes âges? Pourquoi sont-elles devenues des freins à notre « émancipation » personnelle? Qu’avons-nous échappé en chemin? Où sont passés nos souvenirs du temps où nos grands-parents nous recevaient durant la période des Fêtes? En réalité, avons-nous sacrifié nos personnes âgées?

Je crains bien qu’il faille répondre oui à cette dernière question. N’ayons pas peur des mots, notre égoïsme a pris le dessus sur le temps que nos devrions accorder à nos personnes âgées, si bien qu’elles se retrouvent, pour plusieurs d’entre elles, enfermées dans des CHSLD, complètement déracinées de tout lien familial.

Les personnes âgées, porteuses de nos racines

Et pourtant, se peut-il que nous ayons oublié que le Québec d’aujourd’hui ne s’est pas construit en un jour, et qu’avant notre arrivée sur cette terre, des pionniers valeureux avaient déjà préparé le terrain en plantant des arbres dont les racines sont encore vivantes aujourd’hui grâce à la persévérance et au courage de nos ancêtres? Je crois que nous aurions avantage à « nous souvenir » de ces pionniers ayant contribué à créer la fierté du Québec d’aujourd’hui.

Et surtout, il faudrait nous rappeler que nos personnes âgées sont les descendants en droite ligne de nos ancêtres et qu’à ce titre, elles méritent un respect inconditionnel et une reconnaissance sans limite qui doit se manifester par une présence chaleureuse et bienveillante auprès d’elles. En leur faisant une place dans notre univers, nous pourrons rétablir le pont avec nos racines et, de ce fait, être mieux préparés à affronter notre avenir… Car en fait, le passé n’est-il pas garant de l’avenir?

Henri Marineau, Québec

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Ainsi soit-il!

Commentaires 2

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  • Jeannot Cote

    Monsieur Marineau donne une idée idyllique de la situation des personnes âgées des précédentes générations. Sur plusieurs points, il a raison. Cependant…
    J’ai 82 ans et je fais partie de la première génération d’enfants qui n’a pas gardé ses parents à la maison. Nos femmes ont voulu travailler à l’extérieur de la cellule familiale, comme l’homme, et c’est désormais un acquis que tout le monde respecte ou presque. Une conséquence de ce changement: la plupart des hommes, comme les femmes, ont appris à devenir autonomes, à se nourrir et à prendre soin d’eux en même temps que de leur femme et de leurs enfants.
    Aujourd’hui, la cellule familiale ne dure pas « jusqu’à ce que mort s’en suive » ! Beaucoup de nos personnes âgées ne vivent plus forcément avec le papa ou la maman des enfants. En outre, femmes comme hommes, sont aujourd’hui généralement autonomes financièrement de sorte qu’ils choisissent de vivre en RPA sinon seul(e)s en appartement. Des parents ne veulent plus être les « gardiens » officiels de leurs petits- enfants. Preuve que la mentalité des « vieux » a aussi changé.
    Avec les moyens de communication d’aujourd’hui. rien n’empêche les grands-parents de communiquer par téléphone, internet, voire skype ou messenger avec la jeune génération. Je concède qu’en présentiel – un nouveau mot à la mode – c’est beaucoup mieux… Sauf en temps de pandémie !
    Vrai, on peut penser avec une certaine nostalgie des façons de vivre d’autrefois. Mais qui voudrait se plaindre de ce que la vie présente nous a apporté pour nous faciliter la vie.
    Ils n’étaient pas tous heureux, autrefois, confinés plus souvent qu’autrement, parfois exploités, malheureusement rudoyés aussi dans certains cas. Juste pour dire que tout n’était pas parfait non plus en ces temps-là.
    Il reste aux jeunes générations à se rappeler que leurs grands-parents vivent quelque part et qu’ils sont toujours heureux d’avoir de leurs nouvelles… Quant au reste, comme nous, ils ont appris à se suffire à eux-mêmes. Faut-il le regretter? Je préfère bien vivre le moment présent et préparer sereinement mon avenir prévisible.

  • Jacques Charest

    Bravo Monsieur Martineau, votre texte après pandémie, est une belle réflexions pour les Boomers retraités ou qui préparent leurs retraites,mais en même temps recherche un endroit pour placer leurs parents en Résidences . pour pouvoir partir en Floride 3 mois. Comme retraités j’ai fais 400 Spectacles musicale partout au Québec en RPA et CHSLD En contacts direct j’ai entendues des dizaines d’aînés me confier qu’ils s’ennuies en résidences, qu’ils ne voient presque plus leurs enfants, ne mangent pas très bien. Cher Boomers arrêter de rêver en
    couleur,n’arrêté pas d’aller les voir, même si il ont un médecin et une Infirmière ils ont besoin de vous dans leurs PARKING a Ti Vieux maltraité bien souvent par des profiteurs du système qui ne pensent qu’au CAS