Débats
06:23 24 octobre 2021 | mise à jour le: 2 novembre 2021 à 15:16 Temps de lecture: 4 minutes

Terres des Sœurs de la Charité: énorme potentiel d’innovation agricole

Terres des Sœurs de la Charité: énorme potentiel d’innovation agricole
Photo: Métro Média

Tout porte à croire que l’offre d’achat faite par le gouvernement québécois aux Sœurs de la Charité de Québec se conclura bientôt par l’acquisition des 210 hectares de l’ancienne Ferme Saint-Michel-Archange (Ferme SMA), principalement situés dans l’arrondissement de Beauport.

Cet heureux dénouement marquera l’aboutissement de la phase « il faut sauver les Terres des Sœurs de la Charité (TSC) », menée depuis 2015 par de nombreux citoyens et citoyennes et représentant.e.s de la société civile. Il permettra ainsi d‘amorcer la reconversion de l’énorme potentiel de ces terres vers une agriculture de proximité. La richesse de cette propriété est certainement unique au Québec et peut-être même au Canada.

Depuis le début de la vaste mobilisation pour la défense des TSC, les idées jaillissent de partout quant à ce potentiel: grands jardins communautaires, incubateur de mini-fermes bio pour la relève agricole, centre de recherche et d’expérimentation, actions caritatives, insertion sociale, lieu de ressourcement, d’éducation, de mise en valeur du patrimoine avec, en fond de scène, la redécouverte par notre société de l’importance de l’autosuffisance alimentaire.

Chose certaine, l’imposant passé nourricier de ces terres pour les malades et les démunis dont les Sœurs de la Charité ont longtemps pris soin devrait trouver un écho dans une forte dimension sociale et communautaire pour leur vocation future. À tout cela, il y a un préalable essentiel: que, d’entrée de jeu, les citoyens et citoyennes ainsi que la société civile soient associés à la conception de ce projet de société, qui ne peut qu’être vert, multiforme et des plus motivants pour la jeune génération.

De nombreuses municipalités québécoises ont déjà adopté des stratégies d’agriculture urbaine, cette activité porteuse au confluent des priorités de notre temps que sont la crise climatique, la sécurité alimentaire, le vivre ensemble et le verdissement de nos villes. Avec une perspective plus large, il y a là une formidable carte de visite pour la région de Québec et le Québec tout entier, une source de fierté et de notoriété rayonnant bien au-delà de nos frontières.

Profitons des TSC pour faire de Québec et du Québec tout entier une référence mondiale en agriculture urbaine, avec comme fleuron le cas unique de cette vaste terre cultivée depuis 350 ans et enclavée dans le tissu urbain d’une ville du Patrimoine mondial de l’UNESCO ? Combien de capitales à travers le monde ne rêveraient pas d’un tel joyau ? Combien d’investissements, de retombées médiatiques et touristiques pourraient découler de ce projet si, comme société, nous savons tirer tout le potentiel de la valeur symbolique des TSC, qui dépasse de beaucoup la capacité des 210 hectares de fruits, céréales et légumes qu’on pourrait y cultiver?

Au moment où se définit la vocation agricole future des TSC avec cette probable acquisition par le gouvernement du Québec, il est important d’en saisir l’énorme potentiel. Ce projet peut devenir un espace d’expérimentation et d’innovation pour l’ensemble des friches agricoles. Une occasion de voir autrement le développement agricole dans et autour des villes. Un exemple pour soutenir d’autres projets en cours ou en développement, que ce soit à Brossard, Lévis, Montréal ou Gatineau.

Il serait réellement innovateur d’associer également les citoyens et citoyennes ainsi que la société civile à la gestion future de ces terres, par exemple à travers une fiducie d’utilité sociale agricole (FUSA). Une large réflexion doit s’engager sur la mise en valeur des Terres des Sœurs de la Charité, en faisant appel à toute l’imagination et à la créativité dont notre société est capable. Ces terres peuvent et doivent préfigurer le remarquable avenir qui se dessine pour l’agriculture d’ici.

Voix citoyenne, Institut Jean-Garon et Cosignataires (48 groupes, 296 individus)

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