Culture
18:00 1 mai 2022 | mise à jour le: 4 mai 2022 à 10:21 Temps de lecture: 3 minutes

Spray, le grand retour de Cédric Loth

Spray, le grand retour de Cédric Loth
Photo: Métro Média Samuel Genest

Après Atlantic City, best-seller publié en 1981, le bédéiste et sculpteur Cédric Loth s’est éclipsé du marché québécois de la bande dessinée. Pionnier en France, où il a été l’un des premiers Québécois à percer, il a travaillé pour Métal Hurlant, alors le plus prestigieux magazine de BD en Europe. Après 38 ans d’absence, Spray redévoile au Québec un talent qu’il avait jusqu’ici négligé.

Au cœur des années 1980, Cédric Loth assiste au déclin de l’âge d’or du 9e art et à la faillite des grands magazines de bande dessinée européens. «Quand Métal Hurlant a fermé, je me suis retourné vers le marché québécois», confie le bédéiste habitant au pied de la Citadelle, dans la haute-ville de Québec. Son esthétique chargée et son style déjanté ne lui ont pas permis de trouver sa place. «Je n’étais pas dans leur business, je faisais trop les choses différemment et, moi, faire de l’humour ça ne m’intéressait pas. Je travaille dans le feeling, dans l’atmosphérique.»  Ainsi, après avoir commencé en tant que caricaturiste au Devoir et avoir tout lâché pour devenir bédéiste, il s’est tourné vers la publicité.

«J’ai été directeur artistique et directeur de création dans de grandes agences de publicité, comme Cossette et BCP. J’étais en charge de toute la stratégie de développement, mais, malgré l’argent, la renommée et tout ce qui vient avec, je n’ai pas aimé ça», confie-t-il, après une trentaine d’années dans le milieu. «Je voyais mes pubs à la télé, sur les panneaux d’affichage au bord de l’autoroute et ça ne me faisait rien. Lorsque j’ai quitté la pub, je voulais faire de quoi pour moi, quelque chose de beau, de significatif et de durable.»

Dessiner le vécu

«Ce que je dessine c’est moi, c’est ce que j’ai vécu», déclare-t-il de l’univers surréaliste de Spray. Au cœur d’un Montréal sombre, sous le pont Jacques-Cartier, l’histoire du tagueur se développe au gré d’événements improbables. Trahissant la bêtise et la méchanceté humaine, l’œuvre sous-titrée L’évolution des espèces, porte tout de même une touche d’espoir.

«J’aime ce qui est dramatique. Faut que ça bouge, faut qu’il y aille du mouvement et que ça transpire de vie dans tout ce que je fais. Je parle de la jeunesse et tout ce qui s’y rattache, l’espoir, la passion. Je parle de mes amis d’enfance, à Lotbinière, qui partaient travailler dans le nord ou sur les bateaux et qui revenaient avec du gros cash. Ils s’achetaient de grosses bagnoles. Ils voulaient vivre, mais sont morts en auto. Je me souviens de la Camaro encastrée dans la calvette, le gars en dessous du moteur qui criait « tasse-toé, tasse-toé, tu me fais mal » à son chum mort au volant. Spray, c’est ça, c’est l’histoire de cette énergie, de la vitesse et du désir de vivre à 100 milles à l’heure.»

Pour en apprendre davantage sur Cédric Loth et son travail de publiciste, bédéiste et sculpteur, consultez-le https://www.behance.net/cedricloth 

 

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