Culture
15:45 20 août 2013 | mise à jour le: 20 août 2013 à 15:45 temps de lecture: 3 minutes

Les mots de François Lavallée

Les mots, François Lavallée connaît. Comme traducteur, d’abord, en tant que vice-président à la formation et à la qualité au cabinet Edgar, à Québec. Comme lecteur, ensuite, amateur entre autres des grands classiques de la première moitié du vingtième siècle comme ceux de Saint-Exupéry. Comme auteur, enfin, avec à son compte six livres publiés, dont un premier roman qui sort ces jours-ci chez Guy Saint-Jean éditeur: «L’homme qui fuyait».

Cet amour des mots, on le retrouve d’ailleurs chez son personnage principal et narrateur, David, qui écrit précisément un roman parce qu’il aime les mots. «C’est mes amis» (p. 138), confie-t-il à sa douce, Rachel. Au contraire des gens qui «ne [l]’intéressent pas» (p. 142), le jeune homme étant de nature timide – timide, même, envers sa propre vie dont il a de la difficulté à assumer la banalité. C’est en partie pour cette raison qu’il attentera à ses jours en début d’histoire.

Octave Octeau le prendra alors sous son aile, lui, le quinquagénaire confiant, frondeur, qui ne s’enfarge pas dans l’éthique. «Tu vois, David, moi, je crois que tu as voulu te donner la mort parce que tu veux vivre» (p. 40), et c’est précisément à vivre – «mieux» – qu’il lui enseignera. «Mieux» vivre, c’est-à-dire de l’amener à être l’homme qu’il voudrait être – plus comme Octave qui sait parler aux femmes et récite des vers de mémoire, plus comme son père qui a participé aux jeux Olympiques, plus comme Glenn Gould qui sait «quoi faire avec un clavier» (p. 32)… plus comme tout le monde sauf lui, finalement.

Or, dans la vie, faut-il se fixer des objectifs pour tenter de s’améliorer, ou faut-il apprendre à s’aimer tel que l’on est – à l’image du personnage de Rachel? C’est la question fondamentale que pose L’homme qui fuyait, autour de cette recherche de la perfection qui peut connaître des effets pervers.

La revanche de l’écrivain sur le traducteur

Cette quête de la perfection, François Lavallée semble bien placé pour en parler. Chez lui, elle se traduit notamment par la recherche du mot juste, de la concision, de l’efficacité, propres à son métier de traducteur qu’il exerce depuis sa sortie de l’Université Laval en 1985, où il intervient aujourd’hui comme chargé de cours. Si on retrouve ces qualités dans son roman, il s’est néanmoins permis de se libérer des règles linguistiques strictes auxquelles il s’astreint généralement pour jouer davantage sur les mots. «— Chambranlements?? C’est un mot, ça? dit-elle [Rachel] en riant.

— Je l’invente! J’ai bien le droit! Après tout, je suis un écrivain! répondis-je sur le même ton en me lançant sur elle» (p. 148).

Dans cette recherche stylistique, l’auteur qui réside à Duberger ne sacrifie pas pour autant l’histoire. S’il a éprouvé un grand plaisir à écrire ce premier roman, il a veillé, en construisant un récit au service d’une intrigue qui se déplie rondement, à faire connaître un plaisir équivalent au lecteur.

L’homme qui fuyait sort en librairie le 21 août. Le lancement avec l’auteur aura lieu le mardi 27 août, à 17 h 30, au restaurant-bistro La Brigade (859, avenue Myrand). Le livre sera offert à prix spécial pour l’occasion. Les intéressés doivent annoncer leur présence à fuyait@gmail.com. Lien vers la page Facebook du livre:  https://www.facebook.com/fuyait.

Membre du Groupe Québec Hebdo

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