Culture
18:03 6 septembre 2022 | mise à jour le: 6 septembre 2022 à 17:05 Temps de lecture: 9 minutes

Disques québécois: les suggestions des journalistes de Métro

Disques québécois: les suggestions des journalistes de Métro
Photo: Courtoisie Secret City RecordsAdèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque forment le duo Bibi Club.

Le 12 août, on magasine les livres québécois. Et presque un mois plus tard, le 9 septembre, on s’ouvre grand les oreilles pour les emplir d’excellente musique d’ici, à l’occasion de la Journée J’achète un disque québécois, devenue elle aussi une tradition depuis sa première édition, qui se tenait en 2019. Quatre ans à découvrir des artistes et voix nouvelles ou à retourner se réfugier dans nos bons vieux classiques: qu’importe, c’est la musique qui l’emporte!

Pour quels albums ont craqué les journalistes des sections Culture et Inspiration de Métro dans les derniers mois? Voici quelques suggestions qui guideront peut-être vos propres choix.

Et vous, qu’écouterez-vous le 9 septembre?

Breakfast in Bed, d’Easy Tiger

Le charme fut instantané: dès les premières notes de guitare et de basse de la solaire Breakfast in Bed, nous savions que l’indie-rock trempé dans la pop scintillante aux influences des années 80 assumées de ce premier mini-album d’Easy Tiger, paru au printemps, rythmerait nos beaux jours. Et ce fut le cas! Guitares tantôt rutilantes, tantôt abrasives, claviers étincelants, mélodies entraînantes, orgue magnifiant la ballade crépusculaire Midnight Snack: cet album tonique, cocktail rafraîchissant à base d’ingrédients irrésistibles, a constitué l’un des albums phares de notre été. Au son des six chansons au petit quelque chose de torride, gorgées de chaleur et d’océan, nous avons imaginé les palmiers se dresser dans les rues de Montréal en déambulant (tout en se déhanchant), en transe le long des côtes états-uniennes par la magnifique voix, rugissante à ses heures, de la guitariste et chanteuse Gabrielle La Rue (Guidestones, ex-NOBRO), moitié de ce vivifiant duo complété par la bassiste Sarah Dion (Les Shirley, NOBRO).

Autoproduction

– Caroline Bertrand – Journaliste Culture et Inspiration

«Je resterai tout près» nouvel album de Sylvie Paquette

L’autrice-compositrice-interprète Sylvie Paquette vient de lancer son 7e album. En fait, il s’agit d’un mini-album intitulé Je resterai tout près. Elle y explore les thèmes du deuil et de l’absence, mais aussi de l’espoir et de lumière. Comme extrait promotionnel, l’artiste installée à Saint-Augustin-de-Desmaures a choisi Le projecteur. Reconnue pour ses talents de compositrice, elle pose pour une rare fois des mots sur sa musique dans cette chanson éminemment personnelle. Le passé s’invite dans le présent, éclairant tout sur son passage.

«Il y a le temps qui passe / Il y a ta voix, il y a ton sourire / Que je me remémore, comme ça / Soudain / Sans avertir / J’te vois je crois / je crois qu’je te vois», y chante Sylvie Paquette. Elle est appuyée aux chœurs par son amie Andrea Lindsay. Remontant à plus de cinq ans, son précédent album portait le titre Terre originelle. Encensé par la critique, l’artiste y met en musique des poèmes de la regrettée Anne Hébert, grande écrivaine originaire de Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier.

  • François Cattapan, journaliste Métro Québec

Tout pour le mieux, de RSVP

Le groupe de musique de La Haute-Saint-Charles RSVP a lancé son premier album, Tout pour le mieux, au cours de l’été 2022. Avec leur première publication depuis leur EP RSVP en août 2019, les trois acolytes ont encore davantage peaufiné les sonorités électros organiques qui font leur signature musicale. L’influence des groupes classiques des années 1980 est encore plus assumée dans leurs six nouvelles pièces, que ce soit dans les paroles décomplexées ou dans l’abondance de synthétiseur présente tout au long de l’album. «Les dernières années nous ont énormément fait évoluer en tant qu’humains et je dirais que ça nous a fait prendre conscience de la fragilité du quotidien», explique Jean-Philippe Michaud, l’un des membres du groupe. En ressort des paroles très communicatives sur le thème de l’espoir, sur l’importance des relations interpersonnelles et sur la valeur de chaque moment.

Autoproduction

  • Vincent Desbiens – journaliste, Métro Québec

L’Ours Noir, de Sandrine Masse

L’auteure-compositrice-interprète Sandrine Masse a lancé son tout premier album solo, l’EP L’Ours Noir, le 20 mai dernier. La musicienne touche-à-tout aux origines wendates a passé les dernières années à peaufiner son grand projet, après près d’une décennie dans le monde de l’enseignement. L’album est un savant mélange des différentes influences de l’artiste wendate, soient le folk, le rock progressif et la musique traditionnelle. La guitare acoustique, l’alto et la voix de Sandrine Masse y sont mis en valeur sur des rythmiques rafraichissantes. Ils sont accompagnés par moment par la guitare électrique, la basse et la batterie, pour donner plus de mordant. Les paroles, elles, sont à l’image de l’auteure: véritablement touche-à-tout. Trois chansons sont en français et les deux autres en anglais. La dernière pièce de l’album, Wendat rap, montre également l’étendue du registre d’écriture de l’artiste avec des paroles plus engagées sur l’évolution de la place de sa nation à travers le temps.

Autoproduction

  • Vincent Desbiens – journaliste, Métro Québec

Le soleil et la mer, de Bibi Club

Couple dans la vie, duo en musique, Adèle Trottier-Rivard et Nicolas Basque forment le groupe Bibi Club, qui dévoile aujourd’hui son premier album, Le soleil et la mer, lequel porte très bien son titre. Comme le soleil, c’est rayonnant et lumineux. Comme la mer, ça nous berce et nous fait voyager. Joie et amour en émanent. Sur des mélodies à la fois, étrangement, minimalistes et généreuses, pouvant aussi bien accompagner une danse entre ami.e.s qu’une sieste dans un hamac, Adèle chante certaines pistes en français, d’autres en anglais, toutes porteuses d’une poésie simple et douce, libre, à l’image du sentiment qui se dégage de l’album. On se laisse facilement emporter.  

Chez Secret City Records

– Jules Couturier – Journaliste Inspiration

Au cœur du royaume, de Jam Khalil

 

Avec son tout premier album studio, le rappeur Jam Khalil, grand gagnant de la première édition du concours télévisé La fin des faibles, à Télé-Québec, nous accueille au cœur du royaume dont il est le roi, mais où tout le monde est bienvenu. Le jeune artiste d’origine libanaise, qui s’appelait anciennement J.A.M, avait remporté la première compétition de rap télévisée au Québec, en 2021, grâce à son flow naturel et à son talent d’écriture et d’improvisation, mais aussi en raison de sa détermination. Cette persévérance se ressent toujours autant dans son dernier opus, Au cœur du royaume, paru le 10 juin dernier. Avec des textes personnels qui relatent surtout son quotidien en tant que fils d’immigrants et une variété de rythmes (plus doux dans Aura et Au cœur, plus agressifs dans Triomphe), Jam Khalil offre un rap québécois accessible et pertinent.

Autoproduction

– Naomie Gelper – Journaliste Culture

Crash, de Les Louanges

 

Mélangez le groove, le jazz, la pop et l’électro, et vous obtiendrez un heureux amalgame de styles qui fait parfois danser, parfois penser. Cet album de Les Louanges, sorti en début d’année, comporte 15 chansons, écrites en quarantaine à la suite de la vie de tournée découlant de son premier album. Si vous voyez l’artiste en prestation (on vous le conseille), vous écouterez par la suite presque chacune des chansons avec les petits moves de Vincent Roberge en tête. La chimie des musiciens, qui s’entend et se ressent, est assez spectaculaire «en vrai». Quelques suggestions de pièces à écouter selon le moment? Pour se préparer avant un petit 5 à 7, on mise sur Chaussée et Pigeons; pour une marche mélancolique le soir, immergez-vous dans Cruze; à insérer dans votre liste d’écoute de soirée coquine, Chérie est une pièce incontournable; enfin, pour brailler un bon coup, Facile n’a pas sa pareille!

Chez Bonsound

– Arianne Lebreux-Ebacher – Journaliste Culture et Inspiration

Forêts, de Saratoga

 

Reposez-vous du bruit ambiant avec Forêts, récent EP instrumental tout paisible de Saratoga dévoilé en début de saison estivale, le 8 juin dernier. Le tandem formé de Chantal Archambault et Michel-Olivier Gasse misait déjà sur la lenteur sur son premier mini-album homonyme (2015) et ses opus Fleur (2016) et Ceci est une espèce aimée (2019), mais avec les six pièces tout en longueur (voulue et assumée!) de Forêts, on s’immerge véritablement dans une petite oasis de douceur et de contemplation, aux titres fortement évocateurs: Dendrologie (nom de l’étude des arbres), Lac Malakisis, Toutes les formes de vies ralenties, Feu d’amadou, Vieux-Arbres Duparquet… Un tintement carillonné ici, un souffle de vent plus loin, l’harmonieux entremêlement de piano, contrebasse, guitare et pedal steel: l’œuvre représente bien son titre et suggère effectivement la nature, les arbres, l’odeur du bois, la vue du lac gelé, le temps qui prend son temps. Le couple Archambault-Gasse a d’ailleurs collaboré, pour le projet Forêts, avec ses complices musiciens Guillaume Bourque et Mathieu Charbonneau pour étoffer son univers enivrant et parfois même vertigineux (surtout vers la fin). En cette période de tapage électoral, cet intemporel cadeau de Saratoga, trame sonore de nos prochaines visites au spa, procure un bien fou.

Chez popop

– Marie-Josée R. Roy – Cheffe de section et Journaliste Culture

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