Culture
10:00 20 juin 2022 | mise à jour le: 20 juin 2022 à 10:03 Temps de lecture: 4 minutes

L’Art fusionne avec l’histoire dans Aeria

Photo: Photo gracieuseté Commission des champs de bataille nationaux
Photo: Photo gracieuseté
Photo: Photo gracieuseté Commission des champs de bataille nationauxDes ambiances musicales, créées pour chacune des oeuvres par le concepteur sonore Josué Beaucage, accompagnent les visiteurs tout au long de leur parcours.
Photo: Photo gracieuseté Commission des champs de bataille nationauxL’exposition durera un peu moins de deux ans.

L’artiste sculpteur Jérôme Trudelle, originaire de Boischatel et résident de Charlesbourg, signe actuellement la nouvelle exposition Aeria au Musée des Plaines d’Abraham. Cette exposition qui fusionne art et histoire présente huit personnages d’époques variées, tous liés d’une façon ou d’une autre au patrimoine du parc des plaines.

Ces sculptures en suspension grandeur nature, réalisées à l’aide de la photogrammétrie, donnent vie à ces hommes et à ces femmes de manière étonnante, à la fois réaliste et poétique.

Jérôme Trudelle utilisait pour la première fois ces techniques de création. «Ça consistait à créer des croquis avec une sélection de personnages qui ont marqué les plaines fournie par le musée. J’en ai choisi huit. C’est avec une collaboration de La Chambre Blanche que nous avons fait la photogrammétrie qui consiste à faire de la modélisation 3D des personnages costumés.»

Pendant deux minutes donc, les gens déguisés en costumes d’époque devaient garder la pose pendant que la machine tournait autour d’eux en prenant des centaines de photos. «Les photos produites étaient pratiquement des sculptures photographiques tellement elles ont donné beaucoup de détails dans les expressions et la gestuelle humaine des personnages», s’émerveille Jérôme Trudelle.

Après cette étape terminée en janvier dernier, la sculpture des personnages a pu commencer. «Ce processus s’est fait avec une découpeuse laser qui nous a donné des morceaux de cartons avec lesquels on a pu reconstituer les personnages en empilant les strates de carton une à une. Ça aussi c’était nouveau pour moi d’utiliser du carton dans mes sculptures», commente l’artiste.

Chaque sculpture comptait entre 300 et 1000 morceaux de carton, numérotés pour recomposer le casse-tête. Ce processus s’est terminé en avril, moment où l’étape de la peinture a débuté pour un bon deux semaines.

«Au début c’était brun foncé. On les a peints à L’œil de poisson avec un fusil à peinture. Et on a alors commencé le gros travail de montage de sculpture suspendue sur place dans le musée. Si la Corriveau est suspendue, les autres personnages sont déposés sur le sol avec un seul fil qui les empêche de perdre leur équilibre, alors que des pièces formant un décor sont suspendues autour d’eux.»

Effet voulu

L’artiste explique vouloir faire l’effet contraire à la sensation de lévitation que l’on voit habituellement dans les œuvres suspendues. «Je veux plutôt les dynamiser, insuffler de la vie dans les objets suspendus et créer des histoires avec ça en immortalisant des moments. Il y a un côté de temporalité et de narration dans mes sculptures. Ma pratique correspondait bien à l’idée du Musée qui était de raconter l’histoire de ces personnages marquants connus et moins connus.»

«On avait une salle à mettre en valeur. Je suivais depuis quelque temps cet artiste et je me suis dit que ce serait merveilleux de pouvoir mettre des personnages historiques en valeur avec ce type d’œuvres.»

Stéphane Roy,  Directeur des affaires muséales

C’est Stéphane Roy, directeur des affaires muséales au Musée des Plaines d’Abraham qui a initié cette collaboration unique avec l’artiste. «Ces personnages des plaines sont mis en valeur par le talent de Jérôme Trudelle de façon poétique et émotive. C’est vraiment spectaculaire de voir les œuvres en suspension avec leur côté humain. Par exemple, le personnage de Marguerite Martin, dont l’époux Abraham Martin est à l’origine du nom des Plaines, est arrivée en Nouvelle-France vers 1620. C’est elle qui a donné naissance au premier enfant de la colonie en Amérique. Il l’a donc représentée enceinte avec des racines qui tournent autour d’elle et des branches parce qu’elle évoque nos racines à nous les Canadiens français. C’est notre arbre généalogique», commente-t-il.

Le musée des plaines est ouvert tous les jours.

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