Culture
09:44 15 novembre 2021 | mise à jour le: 15 novembre 2021 à 13:47 Temps de lecture: 5 minutes

Francis Leclerc, d’une campagne à une autre

Francis Leclerc, d’une campagne à une autre
Photo: Photo gracieuseté Marie-Claude Beaulieu

Francis Leclerc, le fils de Félix, est né à l’ile d’Orléans, et y a passé ses jeunes années. Une campagne qui a lui a donné le goût de la terre. Aujourd’hui réalisateur reconnu, il s’est installé dans les Cantons-de-l’Est avec sa petite famille et compte y cultiver des vignes. Rencontre avec un homme qui a les valeurs à la bonne place.

«Le pont de l’ile est définitivement le pont que j’ai le plus traversé dans ma vie. À 18-19 ans j’étudiais au Séminaire de Québec, donc je faisais l’aller-retour tous les jours avec mon père ou ma mère. J’ai eu une enfance et une vie d’ado de campagne, avec un camp en bois rond et une motocross», se rappelle-t-il.

«J’aime tourner dans la nature, hiver comme été, dans le bois. J’aime les drames qui se passent en campagne. Je ne suis pas du tout citadin.»

Francis qualifie sa famille d’équilibrée, même si elle était un peu spéciale vu la carrière de son célèbre père. «Il était à la retraite quand moi j’étais ado, alors il était à la maison. J’ai d’ailleurs hérité de la maison familiale et ma sœur Nathalie habite toujours l’autre maison ancestrale que mon père avait achetée avec ma mère, celle des voisins», ajoute celui qui a fait son nid dans les Cantons-de-l’Est depuis, à Frelighsburg, avec sa blonde et leurs deux enfants maintenant près de la vingtaine.

«On est là depuis 11 ans, le fleuve ne me manque pas. Je suis plus un gars de bois, j’aime être entouré d’arbres fruitiers. Ma blonde et moi on s’est parti cette année un vignoble. On a planté 1500 vignes l’été dernier et on prévoit en planter un autre 1500 l’an prochain. J’aime ça être dans le champ avec mon tracteur. Je n’avais pas cet appel avant mon passage dans les Cantons, mais ça devient de plus en plus important dans ma vie. Ma terre est en bas du mont Pinacle, quand j’étais petit je voyais le mont Sainte-Anne, on dirait que je suis fait pour être en bas d’une montagne!», ajoute-t-il en riant.

Un appel de la campagne qui n’est pas sans rappeler l’attachement de son père pour la terre et pour l’ile. «C’est mon père, complètement! J’élève des poules, et j’ai construit un poulailler comme on en avait un à l’ile, on veut avoir des chèvres, des moutons. Je pense à faire des plans pour une petite étable, je recrée ce pattern de confort, de gars de campagne. C’est tellement relaxe! Je n’ai jamais aimé la ville, j’y vais par défaut pour le travail, mais maintenant on travaille de plus en plus à distance.»

«Les hivers sont moins rigoureux avec moins de neige en Estrie. Pour la vigne c’est génial on peut planter des cépages plus délicats qu’on n’aurait pas pu planter il y a 10 ans, comme le pinot noir par exemple.»

La pandémie a bien sûr eu des effets sur sa vie et son travail, comme sur nous tous. «Je m’enlignais déjà vers ce genre de qualité de vie avant la pandémie, mais celle-ci a tout accéléré. Si jamais il y a une autre pandémie, je serai occupé dans mes champs. Ça été plus facile pour moi la pandémie que pour mes amis en ville. C’était possible ici de se voir à plus de deux mètres et de planter ensemble sur la terre, d’aller marcher dehors. C’est le Plan B de vie parfait.»

«La ville de Québec, c’est plein de souvenirs pour moi. J’ai tourné beaucoup dans le Vieux. Des films d’époque, pas d’argent surtout. Maintenant je fais encore des films d’époque, mais avec du budget.»

-Francis Leclerc

Du clip au cinéma

Francis Leclerc a débuté sa carrière en faisant des clips musicaux à Montréal et des courts métrages au début des années 1990. La pub et le cinéma ont rapidement suivi. «Le cinéma est entré tôt dans ma vie avec Robert Lepage en 1997. On est allé en Allemagne, c’était mon premier gros budget de 1M$ pour faire un film c’était le paradis! Mon premier film, Une jeune fille à la fenêtre est sorti en 2001, deux semaines après les évènements du World Trade Center, donc ça été un gros échec commercial. »

L’arracheuse de temps, son plus récent film en tant que réalisateur, est un conte de Fred Pellerin adapté pour l’écran. Il met en vedette Jade Charbonneau dans le rôle principal. Elle est entourée de Marc Messier, Céline Bonnier, Émile Proulx-Cloutier, Michèle Deslauriers, Pier-Luc Funk et Geneviève Schmidt. En salle dès le 19 novembre.

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