Charlesbourg Express
15:03 19 novembre 2020 | mise à jour le: 19 novembre 2020 à 15:12 temps de lecture: 4 minutes

Pour l’amour des histoires en dessin

Pour l’amour des histoires en dessin
Photo: /Photo gracieuseté - Béatrice Girard

Portrait. Genre longtemps boudé qui prend aujourd’hui son essor auprès de tous les âges, la bande dessinée reste un domaine précaire pour ses artisans, dont le marché fragile doit suivre les tendances francophones européennes. Ils sont en réalité environ 200 artistes professionnels et semi-professionnels au Québec à tenter de vivre de leur art. Métro Média s’est entretenu avec deux auteurs de BD de la région, qui ont accepté de parler de leur parcours et de leurs conditions de vie.

Depuis plusieurs années, le public le sait, la bande dessinée ne se résume pas à Tintin et Lucky Luke. Au Québec, elle ne se résume pas non plus à Michel Rabagliati et son célèbre Paul.

Line Arsenault est une pionnière comme auteure de BD. À l’âge de 15 ans, dans sa ville natale de Matane, elle obtient un contrat pour une chronique d’été humoristique dans un journal local. Même si le projet en était un d’écriture, elle a rapidement développé un personnage illustré qu’elle a exploité tout au long de sa carrière, durant laquelle elle a publié pour Safarir, Le Soleil, L’Actualité et Le Devoir. «On me dit souvent que même si mes personnages n’ont pas de face, on leur imagine rapidement une expression, fait-elle valoir.

Mon personnage est fantaisiste. Je me suis inspirée des petits pompiers», décrit l’auteure dont l’œuvre peut rappeler certaines planches de Snoopy ou de Mafalda. Souvent à trois carreaux, ses bulles à tendance humoristique et philosophique sont inspirées de l’actualité ou du quotidien et font sourire et réfléchir.

Line Arseneault est l’une des première femmes québécoises à avoir fait carrière en bande dessinée.

Philippe Girard a quant à lui toujours aimé écrire et dessiner. «J’ai abouti à la bande dessinée car ça me permettait de faire les deux», explique celui qui a quand même écrit des romans jeunesse, et se consacre à l’écriture uniquement pour certains projets. À l’époque jeune étudiant passionné par la BD, il a lancé un fanzine de bande dessiné, Tabasco pendant deux ans avec d’autres étudiants, qui lui a donné de la visibilité. L’auteur a d’ailleurs été approché rapidement par la suite par un éditeur. «Ça a été un moment décisif [dans ma carrière]», mentionne l’artiste.

Précarité

«C’est difficile, mais le milieu du livre est difficile. C’est un petit marché, très fragile avec peu de lecteurs», explique M. Girard. L’auteur croit qu’il ne faut pas attendre que le contrat arrive. Selon lui, la souplesse dans le choix des thématiques et aborder différentes approches sont les clés. Philippe Girard croit aussi qu’il est important de suivre les tendances qui nous vienne d’outre-atlantique, «parce qu’on est soumis aux mêmes tendances».

Line Arsenault, de son côté, a toujours donné en parallèle des cours de conditionnement physique et d’aérobie afin de mettre du pain sur la table. «Un drôle de mélange pour une artiste», exprime-t-elle avec humour. Ayant pratiqué la danse longtemps, elle a le profil parfait pour donner des cours de fitness. Le conditionnement physique lui aura permis toute sa vie de pouvoir exercer le métier de bédéiste tout en ayant un gagne-pain. «En plus, c’est bon pour le corps et l’esprit».

L’artiste établie à Québec considère que la force de négociation est faible pour un travailleur autonome. «Quand tu vas négocier tu n’as pas le gros bout du bâton», se désole-t-elle.

Équilibre à trouver

Le Charlesbourgeois Philippe Girard croit beaucoup aux influences variées dans l’art de la bande dessinée. «Il faut se méfier de la consanguinité disciplinaire», explique celui qui se nourrit de littérature et de toutes autres formes d’art. Comment il sort son épingle du jeu? En diversifiant ses projets, en acceptant parfois des projets artistiquement moins intéressants pour lui, mais plus payants. Line Arsenault continue de proposer ses projets. «Mon moteur est d’avoir une date limite. Ça ne change rien d’avoir trop de temps».

1/3

C’est la proportion de femmes auteures de BD au Québec, selon de récentes données compilées par l’organisme Québec BD.

 

À lire également: La bande dessinée, une catégorie à part

 

 

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