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La carrière trépidante d'une artiste internationale

Embûches et sacrifices


Publié le 7 août 2018

Joëlle Blouin produit entre 100 et 150 œuvres annuellement et l'une d'entre elles est donnée à la Fondation Cité Joie pour bienfaisance

©Photo Métro Média – Jean Carrier

Tout semble réussir facilement pour l'artiste beauportoise Joëlle Blouin. Cette prodige du pinceau va de succès en succès dans sa carrière aux États-Unis. Cependant, on se rend compte en conversant avec la peintre que malgré tout son talent, c'est l'effort et le travail acharné qui l'ont propulsé dans sa vie rêvée. 

L'artiste, qui est établie en Californie, a commencé bien humblement en fréquentant l'École secondaire de La Seigneurie. «Je me souviens que ce sont les arts qui m'ont gardé à l'école, dès que j'avais du temps libre, j'en profitais pour créer quelque chose.»

Après le secondaire, la jeune femme s'est dirigée en technique de design intérieur au Cégep Garneau pour continuer ses études. Entre les études et le travail, la majorité de son temps libre était canalisé dans la création d'œuvres. C'est aussi à ce moment qu'elle a trouvé son style de création; le cubisme urbain.

Sa première exposition s'est fait à la brasserie l'Inox. «C'est à ce moment que j'ai cru que c'était possible de vivre de mon art. J'ai vendu tous mes tableaux. Je pense que les astres étaient alignés parce qu'en 2008, c'était le 400e de la Ville de Québec et comme j'aime peindre la ville de Québec, il y avait une grande demande pour ce que je faisais. Ce fut une année record.»

Le rêve californien

Ce succès a nourri les ambitions de l'artiste, qui rêvait depuis sa tendre enfance de s'établir aux États-Unis. En compagnie de son conjoint, Greg Regan également originaire de la région, le couple est parti à l'assaut de la Côte ouest américaine en véhicule récréatif (VR). «Nous avons mis nos économies dans le VR, qui avait assez de place pour contenir les toiles de Joëlle, et nous faisions le tour des galeries d'art pour tenter de vendre des toiles. Nous sommes allés en Floride, au Colorado et partout où nous pensions pouvoir vendre des toiles», raconte le couple.

Cette vie un peu bohème était difficile du point de vue financier, mais bon pour la création alors que Joëlle a toujours été grandement inspirée par les longs voyages en automobile. C'est lors d'une visite chez Signature Gallery en Californie, que la chance a tournée. La gallerie d'art a accepté d'exposer les œuvres de l'artiste beauportoise et les ventes ont suivi par la suite.

«Il y a eu beaucoup de sacrifices pour se rendre là, il ne faut pas oublier que je voulais devenir résidente en Californie et que j'essayais de devenir citoyenne américaine en même temps, un processus long et difficile.»

L'œuvre d'art sur la BMW X5.
Photo gracieuseté

Le couple travaille en équipe et c'est son conjoint qui se charge de l'aspect administratif. Il a prouvé que Joëlle Blouin possédait des habiletés extraordinaires en arts en faisant avancer le cubisme urbain ce qui lui a procuré la précieuse citoyenneté. Le besoin du couple de retrouver leurs racines québécoises et leur famille revient cependant à chaque saison estivale. Ils sont installés présentement dans un grand studio à Saint-Ferréol-des-Neiges.

10 ans de carrière

Un projet artistique bien spécial a été proposé à la jeune mère de famille alors qu'un wrap sur une voiture BMW X5 a été demandé par le concessionnaire BMW Québec. Le véhicule sera exposé lors de l'événement de la nuit des galeries le 15 septembre prochain.

Lors de cette occasion, l'auberge Saint-Antoine exposera les œuvres de Joëlle Blouin pour ses 10 ans de carrière. «La chose dont je suis la plus fière jusqu'à maintenant, c'est du chemin parcouru! Quand j'ai dit à mon entourage que j'allais devenir une artiste, mon père était celui qui doutait le plus de mes capacités et maintenant c'est celui qui est le plus fier de ma carrière.»

Un gros projet est à venir en 2019 alors que l'ouverture de sa première galerie d'art est prévue à Orange County, en Californie. Une place pour des artistes québécois y est prévue. Ce n'est pas les projets qui manquent pour cette artiste qui continue à carburer à même son rêve de jeunesse.