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Les hauts et les bas d’une galeriste


Publié le 11 juin 2018

Esther Garneau n’expose que des artistes québécois à la Galerie Zen

©Photo Métro Média – Jean-Philippe Dionne

Alors que l’artiste Esther Garneau était en arrêt de travail en raison d’une blessure professionnelle comme préposée aux bénéficiaires, elle a décidé de réveiller l’esprit créatif qui somnolait dans son subconscient. Un coup de pinceau qui allait chambouler sa vie. 

N’étant plus apte à retourner au boulot, la mère de quatre enfants de Charlesbourg a pris la décision, en 2010, de rester à la maison pour s’occuper de sa famille. Son conjoint et elle ont alors décidé de vendre leur grande maison pour en acheter une plus petite.  

«C’est là que j’ai commencé à peindre, premièrement pour décorer les murs, par plaisir. Puis, c’est devenu une obsession. Je peignais jour et nuit durant six mois, je ne dormais plus, je ne faisais que ça.  Depuis ce temps, je n’ai jamais arrêté», confie l’artiste.

De fil en aiguille, ses œuvres ont été exposées dans une galerie de la rue Saint-Paul où un poste de gérante lui a été offert. La gestion de l’endroit et des artistes lui plaisaient beaucoup. Insatiable de relever de nouveaux défis, l’un des exposants l’informe qu’un local est disponible à Lac-Beauport.

L’art de l’entrepreneuriat

C’est en 2015 que l’artiste-peintre franchit une autre étape professionnelle, et devient femme d’affaires avec un associé, en ouvrant La Galerie Zen.

Après quelque temps, les deux entrepreneurs mettent un terme à leur relation professionnelle et Esther prend en charge à elle seule toute la gestion de l’entreprise.

«Je ne connaissais rien en comptabilité, à la business. Mais quand c’est ton projet et que tu y crois, tu fonces à 200% et c’est ce que j’ai fait.»

Par sa détermination et en mettant les bouchées doubles, la galeriste établit sa réputation en créant des liens avec des artistes, des contacts et en donnant des tableaux à des fondations.

La Galerie Zen fonctionnait bien, mais l’organisation d’événements pour attirer la clientèle et les artistes commençait à devenir un fardeau pour Esther. De plus, le mois de juillet était désastreux au niveau des ventes.

Son conjoint la convainc donc d’établir un nouveau lieu où les gens sont: le centre-ville.

C’est en se baladant sur le rue Saint-Jean que le couple aperçoit ce qui allait devenir le futur emplacement de la Galerie Zen dans le Vieux-Québec.

«C’était un ancien local de ‘‘airsoft’’, un champ de tir si on veut. Tout était démoli et sale. Moi, je n’ai vu que du feu. J’ai remarqué la grande vitrine, les plafonds hauts. Je me suis dit que ce serait ici que ça allait se passer. J’ai eu un frisson de la tête aux pieds.»

La clientèle surprise  

Tenir une galerie d’art sur une rue achalandée du Vieux-Québec n’est pas garant de succès. La température influence grandement les ventes. L’artiste se compte toutefois chanceuse d’avoir une affluence touristique à l’année longue. Et dans les moments financiers les plus difficiles, Esther peut toujours compter sur sa bonne étoile.

«En février, moi qui pensais que c’était un mois ''mort'' j’ai vendu 60% de mes toiles. J’ai eu beaucoup de clients de Montréal, pour une raison que j’ignore. En novembre, une cliente a acheté pour quelques milliers de dollars d’œuvres à elle seule. Et une situation semblable s’est reproduite au mois d’avril dernier».  

Se faire plaisir

Esther Garneau offrira une performance artistique dans le cadre de son exposition «Showtime» du 1er au 30 juillet, à la Galerie Zen de la rue Saint-Jean. Les 6 et 7 juillet, de 10h à 21h elle se plongera dans une séance intensive de création. L’endroit sera transformé pour l’occasion en atelier ouvert au public. C’est un cadeau qu’elle se fait, dit-elle.     

En hommage à Frank, un ami défunt, Esther Garneau a créé une toile aux petits points avec quelques traits laissant penser à des quartiers de Lune

©Photo Métro Média – Jean-Philippe Dionne