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Faire les bons choix en tant qu’auteure


Publié le 10 octobre 2018

La jeune auteure Arianne Pearson doit attendre de faire rééditer son livre avant de le revoir sur les étagères des librairies.

©(Photo Métro Média – Marie-Pascale Fortier)

ÉCRITURE. La jeune auteure Arianne Pearson, établie à Sainte-Foy, a déjà, à 25 ans, un parcours périlleux dans l’univers de l’écriture et de l’édition. Elle a eu le courage de mettre fin au contrat qui la liait à sa première maison d’édition. 

«J’ai décidé de le faire même si ça brimait mon grand rêve d’être publiée et exposée, mais je pense que c’était le prix à payer pour avoir une meilleure suite», raconte celle qui a signé le roman L’Autre, toujours en attente d’être réédité.

Ce parcours périlleux a commencé très tôt dans le processus d’écriture de la jeune femme, puisque le récit a d’abord été rédigé à quatre mains. «Au départ, ce n’était pas un projet de livre. On écrivait un bout, puis on l’envoyait à l’autre pour qu’elle poursuive. On s’est relancées comme ça pendant un mois et demi», explique Arianne Pearson qui a ensuite eu envie d’aller de l’avant avec une maison d’édition, ce que sa coauteure ne désirait pas.

«Je lui ai donc demandé si je pouvais conserver la même ligne directrice, en réécrivant l’histoire en entier. Elle a accepté. On a signé un contrat et elle m’a cédé ses droits», explique l'écrivaine.

Au fil des mois, Arianne Pearson s’est toutefois rendu compte que la maison d’édition qui l’a prise sous son aile en décembre dernier avait une ligne éditoriale qui touchait davantage à la littérature sentimentale destinées à un public exclusivement féminin (chick lit), ce qui la rejoignait moins.

Toutefois, elle ne considère pas ce faux-départ comme une erreur, mais comme un apprentissage du fonctionnement de l’édition. «Ce n’est pas une erreur que j’ai fait, parce que quand tu ne le sais pas, ce n’est pas une erreur que de prendre la première maison qui accepte de te publier. Honnêtement, je n’avais pas envoyé mon livre ailleurs», raconte-t-elle.

Pour la suite des choses, soit la réédition de son premier livre et la publication du deuxième, qui est toujours en cours d’écriture, elle souhaite prendre le temps de faire un choix éclairé. «J’ai reçu de belles offres jusqu’à présent et je me dois de les étudier», a-t-elle fait savoir, assise sur un banc de la librairie La Liberté, entourée d’auteurs qui l’ont inspirée, comme Grégoire Delacourt.

Amour et séduction

L'Autre raconte le coup de foudre entre deux femmes: Alex et Marion. La première est dans la trentaine, mariée, mère de deux enfants, avec une grande carrière. La deuxième est complètement le contraire. Marion est dans la vingtaine, vit à 100 milles à l’heure et accumule les rencontres Tinder.

Écrire une histoire homosexuelle n’avait rien de différent pour Arianne Pearson. «Ça s’est fait de manière naturelle, je ne me suis pas posé de questions. On dit que ça traite d’homosexualité, mais quand je parle de mon livre je ne le mentionne jamais parce que pour moi, c’est banal.»

Ce premier roman de l’auteure, bien qu’il s’agisse avant tout d’une histoire d’amour, est aussi un roman érotique. «J’ai eu beaucoup de difficulté parce que je voulais me détacher un peu de ce qu’on connait. Je ne voulais pas que ça ressemble à du Fifty Shades ou à de l’érotisme de bas de degré. Je voulais que ça reste beau et vrai», explique la jeune auteure.

«À un endroit dans le livre, j’écris qu’Alex et Marion devaient nécessairement se connaitre dans une autre vie tellement c’est posé comme relation», explique la jeune femme qui continuera de creuser l’issue de cette relation dans son deuxième roman, tant entre les deux femmes, qu’avec David, le conjoint d’Alex.

L’histoire, «plus complexe et plus mature», se déroulera quelques années plus tard. «Non seulement Marion va avoir vieilli, mais moi aussi en tant qu’auteure». Une réalité qui devrait transcender dans l'écriture.