Sections

Borduas célébré par le Club des collectionneurs en arts visuels de Québec


Publié le 14 février 2010

Le 22 février marquera le cinquantième anniversaire de la mort du père spirituel de Riopelle et mentor des automatistes, Paul-Émile Borduas, le peintre à l’origine du Refus Global. Pour célébrer la contribution de Borduas à l’essor du Québec moderne tant sur le plan social et politique qu’artistique, le Club des collectionneurs en arts visuels de Québec présente l’événement Paul-Émile Borduas, Automatiste et visionnaire du 19 au 22 février à la Galerie Lacerte.

Inutile d’être un fin connaisseur d’art ou un expert de la période historique des Automatistes pour apprécier l’événement. «On aborde les artistes à travers des témoignages de l’artiste lui-même quand il vit toujours ou de ses proches. Le Club des collectionneurs en arts visuels n’a pas un but académique, ni une vocation de placements ou de transactions. C’est par pur amour de l’art que nous organisons des événements comme celui-là, dans le but de créer, de susciter et de précipiter un intérêt pour l’art», explique Marc Bellemare, l’avocat bien connu qui a fondé le club en 2004 avec Jean Gauvreau.

Une vingtaine d’œuvres uniques de la période historique du mouvement automatiste (1942-1959), prêtées par des collectionneurs de la région de Québec, seront ainsi exposées.

Trois conférences viendront également raconter Borduas. D'abord, celle de Françoise Sullivan le vendredi à 19 h. Celle qui a fait partie des signataires du Refus global en 1948 alors qu’elle n’avait que 23 ans et qui a exploré le volet danse des Automatistes racontera comment Borduas a été son ami et mentor. Marcel Barbeau, pionnier de l’abstraction expressionniste au sein du groupe des Automatistes, suivra dimanche à 14 h. Enfin, la conférence Borduas, le cri pour la modernité de Ninon Gauthier, critique d’art et sociologue et historienne de l’art, viendra clore l’événement lundi à 19 h.

Au nom de l’art

Le Club des collectionneurs en arts visuels souhaite, avec une exposition comme Paul-Émile Borduas, Automatiste et visionnaire, faire la promotion de l’art à Québec. «Pour une ville qui se veut culturelle, il y a beaucoup à faire pour l’art à Québec. Il faut créer des liens entre les jeunes artistes et les acheteurs potentiels. Il faut faire quelque chose pour amener les gens vers l’art, par des conférences et des expositions par exemple», avance Marc Bellemare.

Le passionné d’art revient lui-même de loin. «Je voyageais et j’allais beaucoup dans les musées. J’étais agacé de ne rien comprendre quand je voyais les gens en pâmoison devant une oeuvre, raconte l’avocat. Je me disais que si eux comprenaient, je devais pouvoir y arriver moi aussi. Par contre, je n’avais ni le temps ni l’envie de me taper plusieurs livres sur les arts visuels. Ce que j’ai pu apprendre dans différentes conférences, c’est que c’est surtout une question d’affinités. C’est très personnel. On développe quelque chose par rapport à certains artistes, à certaines périodes. Moi, je me suis accroché les pieds dans les Automatistes!»

Marc Bellemare a aussi vécu les angoisses du collectionneur. «Est-ce que j’ai payé une oeuvre trop cher? Est-ce que c’est un faux? Est-ce que je devrais l’échanger, le vendre? Qu’est-ce qui sera compatible avec telle ou telle oeuvres?» C’est le réseau qu’il s’est alors créé, à l’image du Club des collectionneurs, qui lui a permis de répondre à ces questions.

Le but de Marc Bellemare et du Club des collectionneurs, c’est de faire en sorte que les gens s’intéressent à ce qui se fait ici même, à Québec. «Il y a des artistes qui demandent juste à se faire connaître et il y a toute sorte de prix. Vous déménagez ou vous redécorez? Profitez-en pour mettre un tableau sur les murs et cheminez!», lance le collectionneur.

Les trois conférences et l’exposition <@Di>Paul-Emile Borduas, Automatiste et visionnaire<@$p> sont ouvertes gratuitement au grand public. Aucune réservation n’est toutefois acceptée et le nombre de places est limité.