Culture
15:14 26 juillet 2019

Plein d’étoiles pour le nouveau roman de Pierre Gagnon

Plein d’étoiles pour le nouveau roman de Pierre Gagnon
Photo: (Photo gracieuseté)La jaquette du livre de

Réparer Philomène

OPINION. Avec Réparer Philomène, Pierre Gagnon, propose un roman qui sent le pneu brûlé et le vieux moteur, rempli d’une rare sensibilité pour l’humanité. Livre inspiré de ses étés beaucerons, il raconte les rêves déchus, les espoirs, les relations familiales dans toute leur complexité à travers les yeux d’un enfant.

Phrases courtes et chapitres aérés sont une des caractéristiques de l’écriture de l’auteur du quartier Montcalm. Il parvient cependant à soutirer les larmes ou le sourire chez son lecteur avec brio.

Le narrateur est ce petit garçon né d’un couple improbable: un père amateur de chars et de courses dans les rangs et une mère absente physiquement et émotionnellement qui semble chercher un sens à sa vie. La petite famille vit dans la pauvreté. Les plaisirs se trouvent dans les choses simples malgré des relations compliquées. Des parents qui ne s’aiment plus, la solitude, les rêves… Puis arrive Philomène, une petite déficiente intellectuelle nouvellement adoptée.

La jaquette du livre de Pierre Gagnon. (Photo gracieuseté)

Comme pour les autos de son père, le petit garçon croit qu’il va réparer Philomène. Elle est sa sœur adorée, simple, magnifique, drôle et incompréhensible à la fois, toujours accompagnée de ses autocollants en forme d’étoiles. Le frère et la sœur seront solidaires dans leurs jeux, dans leurs rêves d’enfants, dans leurs moments de complicité. Philomène représente la pureté, vierge et innocente, ainsi que la martyre comme dans le christianisme. Son destin sera lié à ce qui la fait tant vibrer, les étoiles.

La force des mots

Ce qu’on peut retenir du dernier roman de Pierre Gagnon, c’est réellement la force de son écriture. Avec peu de mots, Gagnon arrive à nous emporter totalement dans son histoire. On y est. On pleure avec le jeune héros, on rit avec lui. Ça sent le caoutchouc brûlé, les champs labourés, le soleil sur la tôle de son rang beauceron. On est au fond de cette cour, dans la roulotte de Philomène. On assiste à la distance de la mère, aux patentages du père, sur ses autos, sur sa vie. Le livre traverse l’enfance du narrateur, ses déceptions, ses joies, ses deuils. Le livre est exceptionnellement bien écrit, aussi lumineux que bouleversant.

Réparer Philomène sortira en septembre en librairie.

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