Culture
12:27 16 avril 2019

Gabrielle Shonk : De l’Île D’Orléans aux Juno Awards

Gabrielle Shonk : De l’Île D’Orléans aux Juno Awards
(Photo gracieuseté – Norman Wong)

MUSIQUE. Son premier album, complètement financé de ses poches, lui a valu une nomination aux Juno Awards des 16 et 17 mars dernier dans la catégorie : Adult Alternative Album of the Year. On peut dire que c’est un pari gagné pour l’auteure-compositeure-interprète de Québec, Gabrielle Shonk.

La passion de la musique dans le sang

Âgée d’à peine 30 ans, c’est avec honneur que Gabrielle a reçu cette nomination. Il faut dire qu’elle en a fait du chemin la petite fille de l’île D’Orléans!

Fille d’un père américain et d’une mère québécoise, Gabrielle Shonk est née à Providence au Road Island. Son arrivée au Québec s’est d’abord faite en première année du primaire, à Saint-Ferréol-les-Neiges. La petite famille s’est ensuite établie à Sainte-Pétronille de l’île d’Orléans où ses parents habitent encore.

Son père étant Peter Shonk, un blues man de carrière qui vit toujours de la musique aujourd’hui, elle baigne dans la musique depuis l’enfance. «J’ai toujours eu dans la tête de faire ça de ma vie», relate-t-elle. Son père raconte même que lorsqu’elle habitait à Saint-Férréol, elle s’était installée sur le bord de la route une journée de temps avec une pancarte qu’elle avait faite indiquant: Je me cherche des musiciens pour former un band. C’est dire à quel point sa motivation ne date pas d’hier!

Dès le primaire, elle a donc enchaîné les cours de piano et les cours de chant. Au secondaire, elle s’est inscrite à l’école La Courvilloise en option musique et a commencé des cours de guitare. «J’avais un p’tit cahier avec des chansons que j’écrivais. J’écoutais beaucoup de pop à cette époque donc il me venait en tête des refrains catchy. À 10 ans, c’était clair que je voulais être Céline», se souvient Gabrielle en riant.

Puis, vers la fin du secondaire, elle a pu faire les premières parties de shows punk grâce à un contact, toute seule avec sa guitare, en jouant des covers. C’est en entrant au Campus Notre-Dame-de-Foy en technique d’interprétation du jazz qu’elle a réalisé qu’elle ne connaissait rien de la musique écrite et qu’elle en avait encore beaucoup à apprendre.

«J’ai tellement eu de support de mes parents, ils payaient mes cours, ils me voyageaient, mon père m’a acheté ma première guitare. Ils m’ont aidée à explorer mes intérêts. C’est une grande chance que j’ai eue, le support de mes parents dans ce choix de vie plutôt alternatif», raconte la chanteuse. (Photo gracieuseté – Norman Wong)

Puis, vers l’âge de 20 ans, elle est devenue chanteuse dans un band de jazz juste au moment où elle commençait son bacc en chant jazz, un style avec lequel elle dit être tombée en amour. C’est également à cette époque qu’elle rencontre le guitariste Jessy Caron. «C’est mon partenaire depuis ce temps-là. On appelait dans des restos et bars pour offrir nos services. C’était important de faire des shows pour que quelqu’un m’entende, même si j’avais un gros trac à cette époque-là, » raconte celle qui a aussi été professeure de chant pendant 4 ans à l’Arquemuse.

Puis est arrivée La Voix, saison 2, en 2014, où elle a été choisie pour deux émissions qui lui ont donné beaucoup de visibilité sur YouTube. «Les gens se sont mis à me suivre, ça m’a donné l’impression d’avoir un public pour mon matériel original. Je pilais mon argent pour faire un album. J’avais 10 000$ mais ça prenait le double. J’aurais pu faire minimaliste, mais je voulais me faire un cadeau. Avec de vrais musiciens. Live. Des cordes. Professionnel. Plein de monde que je considère comme des amis ont mis la main à la pâte.»

En 2016, elle commence à envoyer son album à des labels mais ne reçoit aucune réponse. Elle fait tout de même un clip et publie une première chanson en ligne, Habit, sortie fin mai 2016. «Ma vie a littéralement changé à ce moment. Il y a eu un engouement, les gens ont partagé, je me suis mise à être dans des playlists sur Spotify, ça a fait un buzz. Les courriels se sont mis à entrer, les labels ont voulu tout d’un coup me produire. Wow, c’était incroyable mais j’étais toute seule dans mon appart. Comment je fais pour saisir ces opportunités-là ? C’est là que j’ai rencontré Louis Bellavance, mon agent, qui est aussi le directeur de la programmation du Festival d’été de Québec », enchaîne-t-elle.

Avec ses contacts, son album se retrouve sur le bureau de Jeffrey Remedios, président de Universal Canada, avec qui elle signe pour sortir l’album en septembre 2017. Depuis, elle a passé un an et demi sur la route un peu partout au Canada. «J’adore faire du live. Le contact avec les gens me nourrit, ça concrétise mon travail.»

Gabrielle Shonk habite maintenant Limoilou et partage un appart à Montréal avec d’autres musiciens sans toutefois prévoir y emménager à temps plein. «Ma famille, mes amis sont à Québec, c’est ma place. Je suis tout le temps partie de toute façon et ça me garde groundée de rester dans mon cocon.»

La tournée est terminée, la chanteuse travaille maintenant sur l’écriture de son second album avec la même équipe que le premier. Il y a fort à parier qu’elle fera encore parler d’elle sous peu.

 

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