Culture
13:38 3 avril 2019

Créer dans une liberté absolue

Créer dans une liberté absolue
Photo: (Photo gracieuseté - Wartin Pantois)

Wartin Pantois

ART URBAIN. Le mystère Wartin Pantois lui permet une liberté totale ou presque. Pourquoi l’anonymat? Crée-t-il toujours avec une intention en arrière-plan? Le Banksy de Québec s’est confié au Québec Express sur son parcours.

Pas d’ironie pour ne pas dédramatiser

Wartin Pantois ne souhaite pas ajouter de petit chat mignon à ses collages muraux ou d’éléments plus légers, comme le font d’autres artistes de rue. «Je fais attention à ne pas être dans le «pseudo» second degré, je ne veux pas prendre de recul, ni ajouter quelques chose d’ironique car ça ne fait pas vivre la véritable émotion au public. J’aime mieux aller dans le côté tragique, sans en rajouter, sans rien de gratuit. Je veux attirer l’attention mais pas provoquer pour provoquer», explique l’artiste.

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Fibre artistique

Au secondaire, Wartin Pantois faisait de la musique. «J’étais un ado assez créatif. J’ai fait de la guitare dans un groupe punk-rock. […] À l’université j’ai hérité d’un kodak et j’ai commencé à faire de la photo», raconte-t-il. La photo est d’ailleurs toujours son médium principal. Ce sont ses propres clichés qu’il travaille pour les imprimer ensuite sur de grands rouleaux de papier et les coller sur des édifices. «Mon rêve d’enfant, c’était d’être peintre. Je trouvais incroyable de créer des images à partir de rien. J’utilise la peinture aussi, mais à partir de photos», indique-t-il.

Est-ce qui lui arrive de créer des œuvres sans intention? La réponse est oui, «mais ces œuvres-là, je ne les montre pas», fait-il valoir, comme si pour lui, seul l’art engagé n’avait de sens. Son parcours artistique n’a cependant pas été prémédité. «Ma démarche, je l’ai déduite plus que je l’ai construite. Au début, je m’étais dit que je ferais un collage par an, puis je me suis donné la permission d’en faire plus», précise-t-il.

Mystère protecteur

L’artiste travaille dans l’anonymat le plus complet. On ne connaît pas sa véritable identité. On sait qu’il a fait des études en sociologie et qu’il réside en Basse-ville. Cela lui permet, entre autres, de travailler en toute tranquillité et discrétion. Il installe ses collages en fin de nuit avec l’aide de complices parfois et jusqu’à présent il a réussi à ne pas recevoir de contraventions puisqu’on ne sait pas qui il est. Comme l’objectif est toujours de créer <@Ri>in situ<@$p>, Pantois doit trouver des lieux qui l’inspirent, prendre les mesures de l’endroit puis installer son œuvre, tout ça, sans se faire remarquer.

Le cycle de la vie

«Mon art est éphémère. Mes œuvres ne sont pas permanentes, mais elles sont vivantes. Comme le cycle de la vie, elles évoluent avec le temps [que ce soit par dégradation volontaire des passants ou des intempéries], elles meurent, elles disparaissent. On veut souvent figer des œuvres d’art dans le temps et les conserver telles quelles. Je trouve intéressant que les miennes soient marquées par le passage du temps», fait valoir Wartin Pantois.

 

 

 

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