Culture
19:34 17 septembre 2016 | mise à jour le: 17 septembre 2016 à 19:34 temps de lecture: 3 minutes

À 92 ans, il prend le pinceau pour égayer sa femme gravement malade

PEINTURE. N’ayant jamais eu d’intérêt particulier pour la peinture, c’est un peu le hasard qui a mené Papy vers cette forme d’art. Il y a moins d’un an, le nonagénaire a pris le pinceau pour ensoleiller les journées de sa femme malade et hospitalisée. Une sélection de ses toiles est maintenant exposée à la bibliothèque Jean-Gosselin, du quartier Charny, jusqu’au 9 octobre.

Papy présente sa première exposition, La Mama, à la bibliothèque Jean-Gosselin.

TC Media – Mélanie Labrecque

Par Mélanie Labrecque

«C’était une manière de témoigner mon affection à mon épouse», a confié l’homme de 92 ans. C’est avec passion et amour qu’il a parlé pendant de nombreuses minutes de celle qui a été sa muse et l’inspiration de la centaine de toiles qu’il a créées.

Chacune d’elles lui permettait d’entretenir un dialogue profond avec sa tendre moitié. «C’était une conversation continuelle que j’avais avec mon épouse lorsque je peignais. C’était entre elle et moi. Elle s’est mise à m’encourager. Je faisais seulement ça: aller la voir et peindre. Dans tous mes tableaux, il y a une histoire, c’est un livre. Ils ont tous une raison d’être. Quand je voulais lui dire quelque chose, je lui montrais le tableau et je lui demandais: qu’est-ce que tu vois? Et elle me racontait.»

De son propre aveu, c’est la puissance de l’amour et de la peine qu’il ressentait qui a été «l’électrochoc» qui a fait naître ce talent. Une nuit, il s’est réveillé avec une grande tristesse. Il explique qu’il s’est levé, a pris le matériel d’artiste qu’il avait reçu en cadeau et a déposé ses émotions sur la toile.

«Le lendemain, j’ai regardé et j’ai constaté l’angoisse dans le visage que j’avais peint. Je l’ai amenée à l’hôpital, je lui ai montré et elle a souri. Quand j’ai vu que ça lui faisait du bien, laissez-moi vous dire que le pinceau, il s’est mis à fonctionner.»

Pour lui, la découverte de ce savoir-faire et de cette passion a été une façon de s’accrocher à la vie après le décès de sa complice et amour de toujours. «C’est un talent insoupçonné. Je ne sais pas d’où ça vient, mais comme je lui ai fait plaisir, c’est une consolation.»

Si aujourd’hui, il a ralenti le rythme, il continue à laisser aller sa créativité avec ses pinceaux. La lumière et la couleur y prendront peut-être un peu plus de place maintenant, laisse-t-il entendre.

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