Culture
16:52 19 septembre 2011 | mise à jour le: 19 septembre 2011 à 16:52 temps de lecture: 4 minutes

Un pionnier de la culture québécoise immortalisé par un documentaire

Il était poète, peintre, compositeur, écrivain, chansonnier et violoneux. On peut ajouter vedette de film au regretté Jean-Paul Filion, dont la vie et l’œuvre de ce pionnier de la culture québécoise font l’objet d’un documentaire intitulé «Jean-Paul Filion, l’arbre libre».

Le lancement du documentaire de 55 minutes a eu lieu, samedi soir, dans un Espace Félix-Leclerc bondé de membres de la famille, dont sa tendre compagne Yolande Leclerc, et de nombreux amis de cet artiste de Sainte-Anne-de-Beaupré, décédé des suites d’un AVC, le 26 décembre dernier.

«Après avoir rencontré Jean-Paul Filion, en 2009, j’ai reconnu son grand talent et son immense contribution à la culture québécoise. J’ai alors entrepris la réalisation d’un document vidéo sur sa vie et son œuvre pour lui rendre hommage de son vivant. Malheureusement, il nous a quittés à l’âge de 83 ans alors que je venais tout juste de terminer le tournage du film», commente la réalisatrice Lina Remon.

Elle a confié à L’Autre Voix que M. Filion avait pu visionner le film au prémontage et, comme on le connaissait, a versé quelques larmes tellement il était ému.

«Son départ ne fait que renforcer cette conviction que son œuvre et sa contribution au patrimoine québécois soient connues et reconnues de tous, ici au Québec, mais aussi au-delà des frontières», ajoute Mme Remon.

Le titre du documentaire – «Jean-Paul Filion, l’arbre libre» – a été judicieusement choisi en raison des nombreuses branches artistiques dans lesquelles M. Filion excellait.

Soirée festive et conviviale

La soirée animée par la directrice générale de l’Espace Félix-Leclerc et filleule de Jean-Paul Filion, Nathalie Leclerc, se voulait festive et conviviale à l’image du personnage.

L’éditeur de deux livres de Filion, Pierre Bernier, a lu le texte «Cinéfleuve». Son fils cadet, Emmanuel Filion, a interprété à la guitare une chanson que son père a composée, mais sans y ajouter la musique, «La hache». Entourée de trois musiciens, dont le guitariste Paul Marchand, Sophie Pomerleau a chanté la chanson que Jean-Paul Filion avait soumise pour le concours dans le cadre du 400e de Québec. Paul Marchand a repris la pièce «Sur le chemin des habitants». Liette Remon a suivi avec «Le carême s’en vient». Par la magie de la vidéo, elle a par la suite accompagné Jean-Paul Filion au violon en y allant d’un rigodon.

Artiste jusqu’à la fin

Avant de procéder au visionnement du documentaire, Nathalie Leclerc a rappelé dans quel contexte son parrain a été frappé par un AVC.

«Il sculptait un violon dans la neige. Il voulait le prendre en photo et en faire une carte de Noël. Quand son AVC est survenu, il est tombé au sol. Après avoir passé de longues minutes allongé par une journée froide, Yolande l’a aperçu et s’est même couché sur lui pour le rechauffer. Il est décédé 10 jours après à l’hôpital», a rappelé Mme Leclerc avec émotion.

De grands amis

Le film sur Jean-Paul Filion nous permet d’apprendre notamment qu’il a fréquenté tous les grands artistes québécois depuis l’époque du

«Refus global» jusqu’à aujourd’hui, tant en peinture qu’en poésie ou en musique. Les Borduas, Miron, Giguère, Carle, Vigneault, Leclerc ont fait partie de ses amis intimes. Ses peintures sont dispersées sur la planète. Ses écrits, qui ont mérité plusieurs prix, constituent des témoignages de son temps.

Père de «La Parenté»

Jean-Paul Filion qui a reçu le grand prix de la chanson canadienne en 1958. Sa chanson «La Parenté» est devenue LE classique du temps des Fêtes. Dans les années 1950, il était considéré comme le «chef de file du néo-réalisme en chansons». On disait aussi de lui qu’il «recréait le folklore». Il a été un des premiers à enregistrer ses propres chansons à l’instar des Félix Leclerc et Raymond Lévesque.

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