Culture
14:00 15 février 2018 | mise à jour le: 15 février 2018 à 14:00 temps de lecture: 4 minutes

Alfred Hitchcock à Saint-Tite-des-Caps

En août 1952, le célèbre producteur, réalisateur et scénariste, Alfred Hitchcock, est venu au Québec pour y tourner La Loi du silence (I Confess). Bien que le film ait majoritairement été tourné dans la ville de Québec, peu de gens savent qu’il a passé plus d’une semaine à Saint-Tite-des-Caps.

Alfred Hitchcock à Saint-Tite-des-Caps

Photo gracieuseté – Allan O’Neill

Le film aborde un sujet tabou, celui du désir réciproque d’une femme mariée et d’un prêtre soumis aux règles du clergé et suspecté de meurtre. Hitchcock visitait le Québec pour la première fois, sans hasard puisque l’église et le catholicisme occupaient une place importante dans la province. De nombreuses scènes ont été tournées dans le secteur de Limoilou, dans le Quartier Latin, devant le Palais de Justice, sur la rue Saint-Louis et sur la Côte-de-Beaupré.

La résidence d’été empruntée par l’équipe de tournage était celle de Marie Baillargeon, une résidente de Québec. Les acteurs, dont Montgomery Clift, Anna Baxter et même Hitchcock ont occupé le site pendant une semaine. Le fils de la propriétaire, Allan O’Neill, raconte que le réalisateur cherchait à la fois une campagne en plus d’une vue sur le fleuve et les champs. La maison de sa mère était toute désignée.

La maison de Saint-Tite-des-Caps lors du tournage, en août 1952.

Photo gracieuseté – Allan O’Neill

Allan est issu d’une famille connue dans la région de Québec, la Maison O’Neill du boulevard Wilfrid-Hamel fait d’ailleurs partie du patrimoine culturel de la ville.

La maison de Saint-Tite-des-Caps, 66 ans après le tournage.

Photo TC Media – Geoffré Samson

Certains de leurs secrets et de leurs souvenirs sont découverts d’année en année, mais Allan en possède un unique, propre à son héritage personnel: l’album photos du tournage.

«Ma mère m’a raconté qu’elle a déjà accueilli Hitchcock chez elle. Même si je ne l’ai jamais rencontré, je ne regarde plus ses films de la même façon.»

D’ailleurs, en guise de remerciement, un membre de la production a remis un album contenant plusieurs photos du passage des acteurs, du producteur et du tournage. À ce jour, peu de gens ont vu les clichés, Allan en a partagé quelques-unes (en copie) avec des proches.

Quelques années après cette aventure, la maison a été vendue à un médecin. Ensuite, puis à Lise Giroux devient l’acquéreur, au début des années 1970, sans être au courant de cette visite. Elle en parle aujourd’hui ouvertement et fièrement.

Allan O’Neill tient l’album de la visite d’Hitchcock avec fierté.

Photo TC Media – Geoffré Samson

«J’aime raconter l’histoire de ma maison et je m’assure de garder son cachet historique.»

En effet, les lanternes murales à l’entrée de sa résidence ressemblent à celles des années 1950, de même que les lucarnes.

Depuis le tournage, le paysage a changé et la végétation occupe plus l’endroit.

«Peu de gens connaissent l’histoire du tournage à Saint-Tite-des-Caps et je m’assurerai qu’elle se perpétue, même auprès d’un éventuel propriétaire.»

M. O’Neill a le même discours, et lui, photos et anecdotes en prime.

Le film et des extraits sont disponibles sur internet, il nous permet de reconnaître la région de la Côte-de-Beaupré et la maison de Saint-Tite-des-Caps. D’ailleurs, c’était l’unique visite du célèbre cinéaste dans la région. Avant le soir de la première, son film avait été charcuté par le Bureau de la censure. Ce qui avait rendu M. Hitchcock furieux et ne remit plus jamais les pieds au Québec.

Marie Baillargeon aux côtés de l’acteur Montgomery Clift.

Photo gracieuseté – Allan O’Neill

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