Culture
09:57 17 août 2018 | mise à jour le: 17 août 2018 à 09:57 temps de lecture: 4 minutes

Un cri du cœur pour le patrimoine local

Le couple propriétaire de l’atelier authentique du maître-sculpteur Alphonse Paré sonne la cloche quant à la préservation patrimoniale de leur économusée de la sculpture sur bois et des légendes.  

Toutes les œuvres sont sculptées et peintes à la main et des modèles réduits sont en vente en guise de souvenirs

Photo Métro Média – Émilie Pelletier

Françoise Lavoie et Scott Kingsland, tous deux passionnés de l’œuvre de celui qui leur a enseigné l’art de la sculpture sur bois, ont naturellement repris les rênes de l’atelier Paré, situé sur l’avenue Royale à Sainte-Anne-de-Beaupré. L’endroit à vocation culturelle qui existe depuis 1943, est donc ouvert au public depuis le décès de l’artiste, en 2002.

Ainsi, le nom d’«économusée» a été attribué à l’atelier Paré, lui qui a comme vocation première de s’autofinancer et de ne pas bénéficier de subventions ni de la part du gouvernement ni de la MRC de la Côte-de-Beaupré.

«Quand mon mari et moi sommes arrivés il y a 33 ans, nous nous sommes dit que c’était important de conserver ce patrimoine sur son lieu de création, parce qu’il témoigne du savoir-faire québécois», déclare-t-elle. M. Paré a innové dans la façon de faire en ce qui concerne l’art religieux, inscrivant un changement non seulement au niveau de l’Église, mais à l’ensemble de la société.»

Une préservation ardue

Or, malgré une réputation qui s’est forgée au fil des ans, l’atelier demeure méconnu de la plupart des gens. Elle estime qu’un changement de cap important doit être pris avant qu’il ne soit trop tard et qu’on observe un effacement de la culture sur la Côte-de-Beaupré.

«Pour survivre, il faudrait devenir une corporation, comme le Canyon Sainte-Anne et on est ouverts à toutes les suggestions pour le préserver», révèle-t-elle.

C’est pour pallier ce manque de fonds dédiés à l’entretien et au développement de leur offre que le couple mise plutôt sur le tourisme culturel pour faire fonctionner l’économusée, inscrit au sein du Circuit des Créateurs. Les légendes typiquement québécoises et les textes explicatifs sous les œuvres sont d’ailleurs traduits en six langues pour accommoder les voyageurs étrangers.

«J’ai hâte que tous nos ‘’J’aime’’ sur Facebook franchissent le pas de la porte, confie Mme Lavoie, qui déplore aussi la fermeture du musée de Sainte-Anne. Ne sommes-nous pas, en région, en train de se faire dépouiller de notre patrimoine ?»

On a célébré, le 15 août, de 13h à 15h, le 75e anniversaire de la création de l’atelier d’Alphonse Paré. D’autres activités commémoratives auront lieu en 2019, afin de souligner le 100e anniversaire de naissance du maître-sculpteur. 

L’atelier actuel dans lequel travaillait, depuis 1943, l’artiste sculpteur Alphonse Paré.

Photo Métro Média – Émilie Pelletier

La vie d’Alphonse Paré

L’atelier Paré, situé sur l’avenue Royale à Sainte-Anne-de-Beaupré est à l’initiative de l’artiste local, Alphonse Paré, qui a dédié sa vie à l’art religieux, représenté par la sculpture sur bois.

Alphonse Paré, dont la bibliothèque de Sainte-Anne-de-Beaupré porte également le nom, était doté d’un talent unique depuis son jeune âge. Il a d’ailleurs fréquenté, bien contre le gré de ses parents, l’école des beaux-arts de Québec, pour finalement passer à l’histoire comme étant l’artiste de Vatican II. Il a par exemple signé la décoration d’une vingtaine d’églises au Québec, comme l’église St-Roch, à Limoilou et l’église St-Yves, de Sainte-Foy, en plus d’être l’auteur des 15 premières effigies du Carnaval de Québec.

Plusieurs de ses œuvres sont même reconnues internationalement, ayant été exportées en Afrique du Sud et en Australie, notamment. Trois autres sont au musée du Vatican, dont l’une avait été remise au Pape Jean-Paul II, en 1984.

L’homme, décédé en 2002, est aujourd’hui inscrit au Registre du patrimoine culturel et diffusé dans le Répertoire du patrimoine culturel du Québec et a récemment été nommé personnage historique de Sainte-Anne-de-Beaupré.

Françoise Lavoie et Scott Kingsland ont appris à sculpter le bois grâce à M. Paré

Photo gracieuseté

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