Culture
21:28 21 février 2010

L’inspiration autochtone de Natacha Veilleux

Le court métrage Elaqsing-L’envol de la Lorettaine Natacha Veilleux sera projeté dans le cadre d’une activité spéciale, ce samedi à la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) de Montréal, dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois. Un premier pas dans la bonne direction pour la jeune cinéaste qui s’est donné comme mission de présenter la culture amérindienne sous un angle positif, fait d’espoir et de compréhension, pour faire en sorte que les préjugés ne constituent plus une barrière entre les cultures.

Natacha Veilleux en est consciente, toute une vie ne lui suffira pas pour effacer les préjugés. Qu’à cela ne tienne, elle s’attelle quand même à la tâche. «Je veux montrer des modèles positifs, inspirants. On le sait qu’il y a parfois des problèmes d’alcool ou de violence dans les communautés, mais les choses vont changer si on met le focus sur les aspects positifs», explique la cinéaste.

C’est un poème de Jean Sioui demandant en substance, aux Blancs non pas de quitter leur terre, mais bien de cesser de tenter de changer les Amérindiens qui lui a inspiré sa vocation. Depuis, elle s’est faite la messagère, le lien entre les deux groupes.

Rencontre à Gaspé

Son premier pas de cinéaste dans la culture amérindienne, elle l’a fait chez les Micmacs. Le court métrage documentaire Elaqsing-L’envol a en effet été tourné l’été dernier alors que, grâce à un projet initié par l’Institut national de l’image et du son (INIS), Natacha Veilleux séjournait en compagnie de quelques autres diplômés de l’INIS sur le fameux Sedna IV de Jean Lemire. Le groupe avait le mandat de produire six films en trois semaines pour les célébrations du 475e anniversaire de Gaspé.

À Gespeg, site historique de la Nation micmac situé tout près de Gaspé, elle rencontre Claude Jeannotte, le chef. Celui-ci lui présente sa sœur, une «personne traditionnelle» qui oeuvre à faire revivre la culture de sa nation. Entre la cinéaste et la chamane, le courant passe immédiatement. Son film présente donc le travail de cette dernière, une cérémonie de purification. «C’était un événement spirituel auquel j’ai pris part. Pour expliquer ce que c’est exactement, j’ai dû m’impliquer et me retrouvant devant la caméra. C’était très inhabituel», se souvient la jeune femme.

La question autochtone dans la mire

Outre la présentation de son film la semaine prochaine aux Rendez-vous du cinéma québécois, Natacha Veilleux travaille présentement sur une série de capsules traitant de la culture amérindienne qu’elle entend présenter au Fonds TV5 pour la création numérique en compagnie d’Aurélie Herman, avec qui elle a travaillé lors d’un précédent projet, et de Thomas Guidon.
Elle espère aussi tourner un moyen métrage sur la question autochtone. «Nous voulons faire un film engagé qui donne la parole aux gens. Ce ne sera pas du Richard Desjardins numéro deux, il ne s’agit pas de prendre la parole pour dénoncer», conclut Natacha Veilleux.

Thaïs Martel


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