Culture
20:25 26 mai 2015 | mise à jour le: 26 mai 2015 à 20:25 temps de lecture: 3 minutes

D’amour et de bombes

LITTÉRATURE. Francine Carthy Corbin n’a jamais rêvé d’écrire. Elle ne l’envisageait pas même pour ses plans de retraite. Et puis, un jour, elle s’y est mise, portée par les mots et les intrigues qu’elle lisait chez les autres. Cela allait donner Tramways, bombes et caramel, une histoire d’amour sur fond de Seconde Guerre mondiale dont le premier tome, «Les années du tourment», vient de paraître chez Les éditeurs réunis.

Québec, 1939. Carmel travaille comme piqueuse d’empeigne à la John Ritchie Co., important manufacturier de chaussures à Saint-Roch. Ce jour-là, elle se sent faiblir quand, à la fin de son quart de travail, Joseph l’aborde dans la rue. Joseph, avec son accent écossais irrésistible et ses belles manières d’ingénieur. Pour lui, elle deviendra Caramel.

Mais les absences répétées de son amoureux éveilleront bientôt les soupçons chez la jeune femme de 22 ans. Joseph, celui qu’elle croyait différent des autres, lui est-il infidèle? Alors que l’Europe est sous la menace de la guerre, se pourrait-il qu’il cherche à la marier seulement pour éviter la conscription?

Un petit je-ne-sais-quoi

«C’était important pour moi de mettre de l’Histoire dans cette histoire d’amour», dira celle qui a multiplié les recherches pour s’assurer de la véracité des faits. La réalité du milieu ouvrier, les classes sociales, les échos de la guerre qui parvenaient jusqu’ici, la culture de l’époque… Un univers réaliste, en somme, pour accueillir des personnages fictifs engagés dans une intrigue inspirée par des lectures, des souvenirs et des anecdotes.

Et par-dessous tout, un style qui coule de source, avec un petit je-ne-sais-quoi qui pourra rappeler Gabrielle Roy. «Je n’ai pas cherché à imiter le style de personne», se défendra Francine Carthy Corbin tout en acceptant volontiers un compliment qui la compare à une écrivaine qu’elle aime particulièrement.

La piqure

D’ailleurs, ce style fait partie des qualités qui ont convaincu Les éditeurs réunis de donner sa chance au roman. De quoi réjouir l’auteure de Québec, pour qui la concision et le rythme ont exigé beaucoup de travail. «Tant qu’à m’investir tant que ça, mon plus grand désir serait d’être publiée», s’était dit celle qui, pour autant, n’ignorait pas la difficulté d’une telle issue.

Les aléas de la vie de Carmel et Joseph occuperont deux autres tomes, dont le prochain est à venir à l’automne. Fait à noter, l’action se déplacera du côté de Charlesbourg, un milieu que Francine Carthy Corbin connaît bien pour y avoir tenu pendant près de 30 ans Le Jardin chez Francine, un centre de jour pour la petite enfance.

Dans une autre vie, à Charlesbourg

En 1980, Francine Corbin – Carthy a été ajouté pour son nom de plume – est devenue la première femme élue conseillère municipale à la Ville de Charlesbourg. «Il y a 35 ans, il n’y avait pas beaucoup de femmes qui se lançaient en politique. Moi, je trouvais que les femmes pouvaient avoir une approche différente.» Quand bien même elle ne restera que le temps d’un mandat, elle chérit cet épisode de sa vie où elle a pu aller à la rencontre des citoyens du secteur du Trait-Carré.

Québec Hebdo

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