Culture
20:50 7 octobre 2015 | mise à jour le: 7 octobre 2015 à 20:50 temps de lecture: 4 minutes

La collectrice de rêves

CONTES. Du vœu au rêve, Arleen Thibault surfe sur la vague des désirs. En pleine tournée avec son spectacle de contes Le vœu, voilà que l’artiste originaire de Charlesbourg se lance à la poursuite des rêves d’autrui, dans une vaste collecte qui la mènera tranquillement vers une nouvelle proposition pour la scène.

«J’ai le goût de fouiller le petit grenier que vous avez dans votre tête pour trouver des morceaux d’histoires à travers tout ce que votre cerveau vous raconte la nuit d’absurde, d’émotif, de surréaliste», résume Arleen Thibault. De ces confidences sur l’oreiller, elle pourra récupérer certains éléments pour bâtir des histoires, quitte à demander l’autorisation de la personne concernée si, d’aventure, un rêve l’accroche au collet.

La trentenaire fait ainsi le pari qu’une même matière façonne les rêves et les contes, notamment dans ce non-respect des lois de la réalité. C’est d’ailleurs ce qui la guide dans sa quête de cette littérature du sommeil, qu’elle articule autour de quatre catégories: les rêves merveilleux, bercés de super pouvoirs; les rêves épeurants, cauchemars pétris de légendaire; les rêves qui font le rêveur, répétitifs et récurrents; et les rêves des autres, qui marquent l’esprit au point de se les approprier.

Mais recueillir de la sorte le fruit de la conscience qui baisse sa garde, n’est-ce pas un brin indiscret? «Je ne veux rien de trop personnel – je ne suis pas un confessionnal!» se défend-elle en riant. Pour Arleen Thibault, pas question de faire une Freud d’elle-même en y cherchant un sens caché, inavoué. Il s’agit bien plutôt de «capter l’imaginaire, de saisir comment il perd les pédales» quand les paupières se ferment.

Tournée de collectage

«Il y en a beaucoup qui pensent qu’ils n’ont pas de rêves, qu’ils ne s’en souviennent pas… Mais tu commences à jaser et ce n’est pas long que ça sort», confie celle qui a donné le coup d’envoi de sa tournée de collectage à Montmagny, en septembre. Le 17 octobre, elle profitera de Québec en toutes lettres pour cueillir les rêves made in Québec, dans le cadre de l’événement «Œuvres de chair» qui se déroule à l’hôtel Pur. D’autres dates aux quatre coins du Québec suivront.

Rêves éveillés

En parallèle de cette chasse aux rêves, Arleen Thibault continue de raconter le folklore du voisin de palier dans son spectacle Le vœu. Des dates toutes fraîches viennent de s’ajouter à l’horaire à compter de décembre, sans compter celles qui s’inscrivent dans le cadre de La littérature sur les routes dont Le vœu fait nouvellement partie. Projet pilote qui sillonnera le Québec, il vise à permettre aux artistes du secteur de la littérature et du conte d’aller à la rencontre du public.

Artiste en résidence, elle travaille également à la création de Les traces avec le conteur Ulrich N’Toyo, qui l’amènera notamment du côté de la France.

Bref, la conteuse en est à une étape de sa carrière où un conte n’attend pas l’autre. Ses rêves, Arleen Thibault les vit les yeux grands ouverts.

Rêves recherchés

Rêves merveilleux

Ceux qui donnent des super pouvoirs, à vous, aux objets ou aux situations

Rêves épeurants

Rêver des morts, des poursuites, des attaques; rêver de perdre quelque chose ou quelqu’un, de ne pas pouvoir bouger

Rêves qui font le rêveur

Ceux qui se répètent, qui vous suivent depuis l’âge de cinq ans; votre rêve-type

Rêves des autres

Rêves qui collent, dont on se souvient comme si c’était nos propres rêves

La collecte de rêves d’Arleen Thibault s’arrête le 17 octobre à l’hôtel Pur, à compter de 19h. Pour plus d’info: www.quebecentouteslettres.com. Les plus timides peuvent partager leurs rêves via courriel: collectehistoires.arleen@gmail.com. Pour connaître les dates de sa tournée: arleenthibault.com.

Québec Hebdo

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