Culture
17:07 1 octobre 2014 | mise à jour le: 1 octobre 2014 à 17:07 temps de lecture: 3 minutes

Troquer la manette pour la caméra

CINÉMA. C’est en s’interrogeant sur la façon dont il pourrait être utile au plus grand nombre de personnes que Guillaume Girard en est arrivé à la réalisation. Artiste social, libre-penseur, reporter nomade, comme il se définit lui-même, il prête au médium du documentaire filmé un pouvoir de diffusion susceptible de toucher les gens et susciter des discussions sur la place publique à propos d’enjeux qui lui tiennent à cœur.

«Quand j’étais petit, je suis tombé dans les jeux vidéo», confiera d’abord celui qui, fort d’un bagage en génie informatique, travaillera pendant deux ans chez Beenox. Attitré à la résolution de problèmes au sein de cette entreprise de jeux vidéo, il en viendra à accumuler «un trop-plein de virtuel» qui le conduira à quitter ses fonctions en 2007.

Le goût de liberté l’amènera alors à prendre le chemin de l’Amérique latine, avec le projet de se faire vidéaste à vélo. «Inspiré par le Che [Guevara], je me suis fixé comme but d’aller à l’endroit où il a été assassiné», en suivant l’itinéraire du révolutionnaire jusqu’en Bolivie, raconte-t-il. Pendant près de cinq mois, il parcourt ainsi quelque 4000 km, filmant son aventure qui, bientôt, se teintera d’une autre préoccupation: celle des luttes paysannes dont il observe les manifestations au fil de la route.

Les revendications au droit et à l’accès à la terre, à une époque où l’industrie agroalimentaire s’en accapare, deviendront ainsi le filon de Deux roues sur terre. Cette immersion sera suivie par d’autres expériences de création cinématographique à l’international.

Pendant ce temps, au Québec…

Le dossier des fermes urbaines de la rue du Vignoble, en 2013, le ramène à l’échelle locale. Y percevant certaines ressemblances avec la situation latino-américaine, Guillaume Girard en fera l’objet d’un court-métrage (voir autre texte). Ici comme ailleurs, ce grand voyageur cherche à lutter pour une société plus juste, avoue-t-il.

Son prochain projet le conduit d’ailleurs, ces jours-ci, sur les routes de l’est du Québec. «Je vais accompagner, à titre de journaliste-vidéaste, un duo de personnes qui part [en vélo] faire de la sensibilisation sur le transport ferroviaire du pétrole vers l’est, qui est en augmentation», résume le cinéaste à propos de Bombe sur rail.

Pour autant, il ne s’inflige aucune pression sur la forme que la démarche prendra. «Je tiens à ma liberté d’artiste», fait valoir l’autodidacte, qui ne tient pas en place – pas même à Québec, où il a collectionné quelques adresses, dont à Charlesbourg et dans Saint-Jean-Baptiste. Mais faut-il s’en étonner de celui qui considère le monde comme un «immense village global» où les frontières s’estompent?

Membre du Groupe Québec Hebdo

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