Culture
20:09 30 décembre 2013 | mise à jour le: 30 décembre 2013 à 20:09 temps de lecture: 4 minutes

Marc-André Perron dans le rôle de sa vie

«Aimer, c’est s’engager, c’est travailler, c’est être intéressé et c’est créer», disait Marc-André Perron au moment de recevoir le prix Pierre-Garon en 2011, qui venait souligner sa contribution aux arts de la scène à Charlesbourg. Aimer, donc, c’est aussi ce qui fait de lui aujourd’hui un artiste à la passion aussi pleine que son horaire qui combine théâtre et enseignement.

C’est à l’école secondaire des Sentiers que Marc-André Perron découvre d’abord la scène. Faisant partie d’un groupe avec difficultés d’apprentissage, l’adolescent redouble d’effort pour avoir accès à l’option théâtre offert à l’établissement. «Le théâtre m’a donné le goût de me surpasser», admet celui qui, au terme de ses études collégiales en 2003, reçoit la médaille du Lieutenant-gouverneur pour l’ensemble de ses résultats scolaires et de ses engagements.

Place aux Pijorats

La mise sur pied de la troupe Pijorats figure parmi les accomplissements que cette médaille vient récompenser. Au moment d’entrer au Cégep Limoilou, Marc-André Perron réalise que le jeu seul ne lui suffit pas. Il rassemble alors quelques amis autour d’un texte qu’il prend le pari d’écrire, puis de mettre en scène.

En rétrospective, il s’amuse du manque de fluidité et de cohérence de ce premier essai, qui sera suivi par des œuvres plus complexes qui mélangent les époques, les genres, les disciplines. «Je suis plus dans le mode innovation», illustre-t-il. Les sujets abordés sont délicats – l’inceste (Telle une poupée de chiffon), le suicide (Chercheurs d’étoile) –, mais chaque fois désamorcés par une charge d’imaginaire et d’humour.

Les membres de Pijorats enchaînent les personnages pendant 10 ans. L’œuvre inachevée, en 2004, constitue un point tournant: «La pièce a été un tremplin. Ça a apporté une visibilité plus grande et ça nous a amenés à nous dire qu’on pourrait se produire à plus grande échelle», confie l’artiste.

Ainsi, les dernières saisons seront marquées par une association avec le théâtre Périscope, où la troupe performe devant un public chaque fois enthousiaste. À ce rythme, l’avenir de Marc-André Perron sur la scène professionnelle semble tout tracé. Mais il rêve d’un autre rôle, et le rideau tombe bientôt sur les Pijorats.

Changement de costume

«J’avais des aptitudes au jeu, reconnaît-il à ce sujet, mais je n’en aurais pas fait une carrière. Les arts m’avaient toujours intéressé, mais j’avais toujours voulu aussi être enseignant. […] J’ai toujours eu ce désir de transmettre ce que j’avais appris, de le partager pour que d’autres en bénéficient.»

En 2010, il décroche donc un poste d’enseignant à l’école primaire Montagnac du Lac-Beauport, tout en continuant le théâtre en parallèle comme auteur et metteur en scène. Il faut dire que, au moment de prendre sa retraite du jeu, il y a déjà 10 ans qu’il est responsable du volet parascolaire en théâtre à l’école des Sentiers. Une aventure multidisciplinaire qui se poursuit cette année encore, à laquelle viennent prêter main-forte des anciens qui n’oublient pas leur mentor. «Collaboration»: c’est un mot qui reviendra souvent dans la bouche de Marc-André Perron.

À Lac-Beauport, ses élèves goûtent aussi au théâtre depuis que le Charlesbourgeois l’intègre à sa pratique d’enseignant. Il insuffle à l’activité une valeur pédagogique: le texte devient l’occasion de travailler des notions grammaticales, alors que l’interprétation améliore les compétences en communication orale. «C’est aussi un prétexte pour rassembler les élèves et mettre à profit leur créativité», fait-il valoir.

Aux applaudissements qu’il s’attirait jadis avec les Pijorats se succède maintenant la reconnaissance des jeunes: «L’étincelle dans les yeux des élèves, c’est ça que je cherche; je l’ai aussi en retour à ce moment-là», conclut celui qui a encore des projets pleins la manche.

 

***

Charlesbourg, terreau d’artistes? C’est la question que nous posons avec cette série de portraits sur ces Charlesbourgeois qui vivent professionnellement de leur art – sans nécessairement s’y consacrer exclusivement ni à grande échelle. Qu’il s’agisse de peinture, musique, sculpture, photographie, danse, chant, cinéma, théâtre…: l’idée est de lever le voile sur une variété de démarches artistiques et de vies d’artistes, établis ou de la relève. Contactez-nous si vous vous reconnaissez dans ce portrait: redaction_quebec@tc.tc.

 

Membre du Groupe Québec Hebdo

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