Culture
20:42 1 août 2013 | mise à jour le: 1 août 2013 à 20:42 Temps de lecture: 3 minutes

Pierrette St-Pierre, artiste de l’ombre

Charlesbourg, terreau d’artistes? C’est la question que nous posons avec cette série de portraits sur ces Charlesbourgeois qui vivent professionnellement de leur art – sans nécessairement s’y consacrer exclusivement ni à grande échelle. Qu’il s’agisse de peinture, musique, sculpture, photographie, danse, chant, cinéma, théâtre…: l’idée est de lever le voile sur une variété de démarches artistiques et de vies d’artistes, établis ou de la relève. Pour lancer le bal: Pierrette St-Pierre, artiste multidisciplinaire en arts visuels.

«Je n’aime pas ça, me mettre en vedette», avoue d’emblée celle qui, par son poste de directrice et de chargée de projets à la galerie du Trait-Carré, a plus l’habitude et l’envie de mettre le travail des autres en valeur. C’est l’une des raisons pour lesquelles elle ne s’est pas offert d’exposition solo à la galerie de Charlesbourg depuis son entrée en fonction en 1995. Elle se contente d’intégrer les projets collectifs, dont elle choisit par ailleurs les artistes en fonction du thème qu’elle aura retenu. Cet été, en compagnie de sept confrères, elle présente ainsi quatre œuvres dans le cadre d’un hommage au frère Marie-Victorin, «La flore poétique».

Cet échantillon en révèle déjà beaucoup sur ses préférences artistiques, à commencer pour l’abstrait ou le semi-abstrait. «Ça va plus te chercher en dedans… les émotions», explique-t-elle. Devant Dessine-moi une fleur , on cherchera donc moins à déterminer la variété qui y figure – si elle existe – qu’à entrevoir, en toute subjectivité, le rose de l’espoir dans la nuit noire.

Travailler l’émotion

Cela tient, d’ailleurs, de sa démarche artistique: «À partir du visible, m’en détacher et produire des états d’âme est ma façon de traiter avec le monde intérieur, l’inconscient et l’imaginaire.» Ce pari sur l’émotion ne s’accompagne pas moins d’un travail formel, d’autant plus lorsque, comme elle, on touche aussi bien à l’aquarelle, au pastel, à l’acrylique, à l’huile, à la gouache… et à la pulpe sculptée, le medium qu’elle dit préférer «pour le défi et l’imprévu de ce à quoi ça va ressembler à la fin». Fleurs de rocaille en est un exemple, sorte de peinture en relief confectionnée à partir d’une série de manipulations avec le papier.

«Vous vous éparpillez», lui avait jadis reproché un professeur lors de son baccalauréat en arts visuels à l’Université Laval, qui souhaitait qu’elle se concentre sur un medium. Or, c’est cette multidisciplinarité même qui lui aura permis de tirer son épingle du jeu dans le monde des arts. Il n’est pas facile de survivre comme artiste, admet-elle. «Moi, j’ai été capable parce que j’ai enseigné. J’aimais ça, en plus.» Pour elle qui a mis de côté son chapeau de professeure depuis deux ans, c’était une autre façon de témoigner de son amour pour l’art. «La seule chose qui me tient, c’est l’art», résume-t-elle.

L’exposition La flore poétique à la galerie du Trait-Carré se poursuit jusqu’au 25 août. Elle est accessible du mercredi au dimanche, de 10 h 30 à 17 h 30.

Membre du Groupe Québec Hebdo

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