Culture
15:00 23 avril 2016 | mise à jour le: 23 avril 2016 à 15:00 temps de lecture: 4 minutes

Un photographe qui chasse les bornes-fontaines

ART URBAIN. Les œuvres photographiques de Maxime Bergeron portent des noms comme «La SDF», «La Détenue», «La Cycliste» ou encore «L’Artiste urbaine». Sauf que ce ne sont pas des femmes qui lui servent de modèles, mais bien des bornes-fontaines. Portrait d’un artiste dans l’âme qui cherche l’esthétisme dans l’anodin.

Maxime Bergeron a découvert la photo il y a quelques années, sauf que son parcours de photographe n’a rien d’ordinaire. «Ce que j’aime le plus photographier c’est le paysage urbain, mais aussi un peu de tout. De la course de dragster à l’usine abandonnée, en passant par mes enfants ou la feuille morte prise dans la clôture que personne ne remarque, mais qui fait une super photo. J’adore transformer l’anodin en quelque chose d’esthétique, soit par le cadrage ou par le traitement que je lui donne», explique-t-il.

C’est toutefois sa collection de bornes-fontaines qui retient le plus l’attention et pour cause. D’un simple élément du décor urbain que l’on retrouve à tous les coins de rue, le photographe crée des personnages à qui il insuffle une individualité. C’est pourtant par accident qu’il a entamé cette chasse aux bornes-fontaines.

«Je venais d’acheter mon appareil Fujifilm X100S et j’avais le goût de déambuler dans les rues de Saint-Roch pour l’essayer sur mes heures de dîner. Durant une de ces promenades, j’ai vu une vieille borne-fontaine devant un mur de briques usées, jaunes et grises. Je l’ai prise en photo, juste parce qu’elle était « photogénique ». C’est en en voyant une deuxième tout aussi intéressante que l’idée de la série m’est venue. Chaque photo ne trouve son sens que lorsqu’elle est avec les autres», explique Maxime.

Diversité

Et n’allez surtout pas lui dire que rien ne ressemble plus à une borne-fontaine qu’une autre borne-fontaine. «J’ai ensuite découvert qu’il y avait une grande diversité de couleur et de style de bornes-fontaines. C’est aussi une expérience vraiment ludique d’imaginer une personnalité ou un nom aux bornes-fontaines que je croise. C’en est devenu presque une obsession. Quand je marche ou que je suis en voiture, je ne peux m’empêcher de les analyser pour voir lesquelles pourraient s’ajouter à ma série.

Est-ce à dire qu’il trouve les bornes-fontaines belles? «Je ne dirais pas qu’elles deviennent belles, mais plutôt qu’en en faisant le point central de ma photo et en leur donnant un nom ou une personnalité, je les sors de leur côté commun et ordinaire. Un objet que personne ne remarque devient une création artistique, un moyen d’expression.»

Maxime Bergeron poursuit son projet. Et s’il n’a pas l’intention d’y mettre fin avant longtemps, il pourrait tout de même passer à une autre étape et regrouper dans un livre le fruit de ses explorations urbaines.

L’appareil photo avant l’ordinateur

Maxime Bergeron, pourtant infographiste de formation, préfère donner du style et de la texture à ses œuvres avec l’appareil photo plutôt qu’à l’aide de l’ordinateur. «Un grand nombre de photos que j’aimais sur Internet étaient prises avec des appareils à films. J’aimais leurs teintes différentes et au lieu de passer du temps à l’ordinateur à reproduire ce look, j’ai décidé d’en faire directement. Je me suis procuré un Holga en plastique qui prend du film 120 et qui donne un effet assez spécial aux images capturées. J’ai maintenant une collection d’une vingtaine d’appareils argentiques que j’utilise quand j’ai le goût de prendre mon temps, d’essayer une nouvelle pellicule ou de faire quelque chose de différent. Chaque appareil est unique et me met dans une certaine ambiance qui stimule ma créativité d’une façon différente.»

Pour en savoir et surtout en voir plus: https://www.flickr.com/photos/max_power74/

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