Culture
12:33 25 juin 2008 | mise à jour le: 25 juin 2008 à 12:33 temps de lecture: 5 minutes

L’avenue Royale, un chemin qui traverse deux seigneuries

Le chemin Royal et l’avenue Royale, autrefois appelés «Chemin du Roy», forment la colonne vertébrale de l’arrondissement historique de Beauport. Du terminus d’autobus d’Estimauville jusqu’au pont de Boischatel, le tracé de 7,5 kilomètres traverse la partie est de l’ancienne Seigneurie de Notre-Dame des Anges dans le district du Vieux-Moulin sous le nom de «chemin Royal», et toute l’ancienne Seigneurie de Beauport qui s’étendait lors de sa création en 1634, de la rivière Beauport à la rivière Montmorency, sous l’appellation «avenue Royale»

Les deux meilleurs moyens de découvrir toutes les facettes historiques, économiques, sociales et culturelles de cette artère importante, qui a pris le nom il y a quelques années de «Route de la Nouvelle-France», sont sans contredit la marche et la bicyclette pour les amateurs de plein air. Une visite en automobile peut être tout aussi intéressante pourvu qu’elle soit effectuée à vitesse réduite de manière à consacrer du temps pour l’observation des nombreux attraits du parcours.

Compte tenu que la grande majorité des façades des maisons ancestrales sont orientées vers le sud , il est suggéré d’entreprendre la randonnée à partir de la limite ouest de l’arrondissement et d’effectuer le trajet à partir du district du Vieux-Moulin vers celui du Vieux Bourg de Beauport , pour ensuite passer par les anciennes villes de Villeneuve et de Courville avant d’arriver au pont de Boischatel.

Des témoins d’une belle histoire à raconter

En 1912, la partie ouest de Beauport devient la municipalité du village de Giffard. Elle compte alors moins de 1 000 résidents dont le plus grand nombre habitent les secteurs de la Côte et du monument de la tempérance, érigé sur le chemin Royal, face à la rue du Monument. La nouvelle paroisse est érigée en 1914 sous le vocable de Saint-Ignace de Loyola. À l’approche de la canonisation des martyrs jésuites en 1930, on aménage un lieu de pèlerinage comportant le monument des Martyrs, des parterres et une chapelle, transformée aujourd’hui en columbarium. L’église paroissiale est construite en 1934 et Giffard passe du statut de village à celui de cité en 1954 où sa population atteint 9 000 personnes. Plusieurs maisons anciennes construites de part et d’autres du chemin Royal rappellent l’histoire de ce secteur aujourd’hui marqué par la présence de plusieurs commerces de proximité, une succursale de la bibliothèque municipale dans l’ancien hôtel de ville, la Communauté Agapè, la P’tite Fabrique, le Centre communautaire Pavillon Royal, le Club de tennis Beauport-Ouest et le CLSC Orléans.

Une côte pour entrer dans le Vieux Bourg

L’entrée dans le district du Vieux Bourg se distingue par le Parc de la rivière Beauport et la Côte des Pères caractérisée par d’imposantes maisons ancestrales en pierre construites par des maçons du village qui tiraient la matière première de la carrière de Beauport située à proximité. Une fois que la côte est montée, le parcours devient plus facile avec un léger faux-plat qui permet d’admirer plusieurs résidences de notables bâties vers 1900 avant d’arriver au coeur du Vieux Bourg où l’on retrouve les maisons anciennes Marcoux et Girardin construites avant 1700, les maisons victoriennes de la rue du Couvent érigées vers 1910 et plusieurs autres jusqu’à l’ancienne municipalité de Beauport-Est, créée en 1921, changée pour Villeneuve en 1951, qui occupait le territoire entre Beauport et Courville, de la rue Labelle jusqu’à la rue Saint-Jean-Baptiste, aujourd’hui le boulevard Louis-XIV. D’intéressantes percées visuelles sur le fleuve sont à noter dans cette portion du parcours où la circulation automobile devient moins présente.

Courville voit le jour en 1910

Le manque d’espace dans le village de Montmorency situé au pied de la chute, permet à la nouvelle paroisse de Courville de voir le jour en 1910. L’église érigée en 1913 est rasée par les flammes en 1917 et reconstruite par la suite. La population qui était d’environ 900 personnes à l’époque, passe à plus de 3 136 en 1951. L’avenue Royale devient un peu plus étroite dans ce secteur permettant aux visiteurs un meilleur contact avec le patrimoine bâti. Propriété de la Ville de Québec animée par l’Atelier Multi-Arts de Beauport, la Maison Tessier dit Laplante, où l’on présente une exposition permanente sur l’histoire locale, en est un bel exemple. Le Manoir Montmorency, le Théâtre d’été La Dame Blanche et le Parc de la Chute-Montmorency viennent enfin couronner ce parcours avec des espaces verts pour pique-niquer et une vue panoramique sur le fleuve Saint-Laurent et l’Île d’Orléans. Après avoir emprunté les sentiers derrière le manoir ou la promenade adossée à la falaise,
traverser sur la passerelle au-dessus de la rivière Montmorency, reliant Beauport à Boischatel, s’avère sans aucun doute le point culminant de cette belle randonnée, d’autant plus que l’anse du parc de la chute est maintenant illuminée à l’année grâce au legs de 1,2 M$ de Loto-Québec dans le cadre des fêtes du 400e de Québec.

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