Culture
17:31 7 décembre 2007 | mise à jour le: 7 décembre 2007 à 17:31 Temps de lecture: 4 minutes

Jean-Paul Langlois rend hommage à Pierre-Paul Bertin

Le directeur de la Galerie Cartier des Arts, l’artiste-peintre Jean-Paul Langlois, a profité du lancement officiel du 5e Symposium des Promenades Beauport, jeudi soir dernier, pour rendre un témoignage spécial au peintre-sculpteur-graveur beauportois, Pierre-Paul Bertin, décédé subitement à Paris en 2006, en hommage pour l’ensemble de son œuvre.

En présence de plus d’une cinquantaine d’artistes qui exposeront leurs œuvres jusqu’au 9 décembre prochain dans le cadre de la 5e édition de l’événement tenu sous la présidence d’honneur de l’artiste-peintre-aquarelliste, Marie-Claude Langevin, M. Langlois a prononcé un discours rappelant avec émotion des moments passés avec Pierre-Paul Bertin dans son vaste atelier de l’avenue Royale, au cœur de l’arrondissement historique de Beauport.
«Il est de ces journées où tout semble nous réussir. C’est ce que j’ai vécu lors de ma première rencontre avec Pierre-Paul Bertin au cours de l’année 1986. M. Bertin était un homme rempli de gentillesse et de disponibilité. Il m’avait permis de partager avec mes collègues du cours «Initiation à la couleur» à l’Université Laval la richesse de son écriture, mode d’expression qu’on retrouve autant dans ses peintures que dans ses sculptures. Le fait de pouvoir entendre et voir s’exprimer l’artiste, de sentir et de percevoir son vécu, sa sensibilité et sa spontanéité dans toutes ses œuvres m’avait grandement impressionné. Lors de ma visite dans son atelier, j’ai eu le sentiment de pénétrer dans un univers nouveau, un monde en train de se créer», a rappelé M. Langlois.

Tout un personnage !

M. Langlois a poursuivi son témoignage en traçant un bref portrait de l’artiste disparu. «M. Bertin est né en France en 1926 dans la région du Champagne, fils d’un musicien décédé en pleine jeunesse. Les arts étaient innés en lui. Dès l’âge de 6 ans, il peignait déjà. C’était peut-être cette image paternelle trop tôt effacée qui l’a poussé à rechercher les harmonies subtiles entre les rythmes musicaux d’une part, les lignes et les couleurs d’autre part. Dès la fin de sa scolarité, c’est la vie difficile qui allait commencer. Le jour, il était métallo et la nuit, porteur aux Halles. Il a appris ainsi à confronter la matière, à lutter avec elle, à la dominer parfois péniblement. Tout au cours de sa carrière, il a participé à de nombreuses expositions tant en Europe qu’en Amérique du Nord.
En 1966, il était venu participer au Symposium International de sculptures qui se tenait sur les plaines d’Abraham à Québec. Ce créateur polyvalent avait été littéralement séduit par notre pays. Il choisit de demeurer parmi nous. Quelques années plus tard, il a rencontré une résidente de Beauport, Paule Robert, professionnelle au ministère de l’Éducation. Ils se sont mariés et Pierre-Paul Bertin décida de s’établir à demeure à Beauport.
Réal Lampron, historien de Cap-Rouge, disait de lui dans un catalogue publié en janvier 2000 lors d’une exposition de Pierre-Paul à Paris : «Pierre-Paul Bertin est un homme rigoureux et exigeant, un artiste en constante évolution, captivé par tout ce qui l’entoure et qui s’est lui-même astreint à la recherche perpétuelle.»
Ceux qui l’avaient côtoyé et qui l’avaient vu à l’œuvre le décrivaient ainsi : «Bertin se révèle comme un créateur, un chercheur doué d’une imagination fertile et d’un esprit observateur autant que personnel. Cet art d’intelligence et de sensibilité nerveuse mérite qu’on s’y attache et qu’on s’y intéresse.»
Bertin, tu survivras à travers tes œuvres», a conclu M. Langlois sous une salve d’applaudissements.

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