Culture
14:17 7 septembre 2007 | mise à jour le: 7 septembre 2007 à 14:17 temps de lecture: 4 minutes

Faire renaître les techniques ancestrales

Les techniques artisanales ancestrales s’essoufflent peu à peu et perdent du graduellement du terrain. Afin de contrer la disparation de ces techniques riches en culture et en tradition, Yvette Michelin, en collaboration avec le Centre de valorisation du patrimoine vivant (CVPV), a eu l’idée d’offrir à la jeune génération des ateliers de formation bien particuliers.

Question de faire revivre les inestimables connaissances de nos ancêtres et de les laisser entre les mains d’une jeune génération, les ateliers ont offert aux curieux des formations complètes, qui permettront à ces jeunes de transmettre à leur tour leurs acquis.

Une idée qui a vu le jour grâce à l’initiative de Mme Michelin, experte dans l’art du fléché et formatrice lors d’un atelier portant sur cette tradition. «Ma préoccupation première, c’est la relève, souligne-t-elle. Nous vivons dans un monde où tout va de plus en plus vite. Tout ce qui est lent est oublié. C’est une belle rencontre entre deux générations. Ça permet de revaloriser le travail, de reprendre possession du temps.»

En tout, quatre formations ont été offertes à des petits groupes de deux apprentis durant la saison estivale, aux Voûtes de la Maison Chevalier, sises dans le Vieux-Québec. Les techniques du feutre, du tapis tressé, du filage ainsi que du fléché ont été revues et pratiquées par des jeunes âgés de moins de 35 ans. Afin de garder précieusement en mémoire ces façons de faire vieilles de plusieurs siècles, les formations ont été filmées et seront disponibles aux Archives de folklore et d’ethnologie de l’Université Laval.
«On parle souvent d’espèces en voie de disparation en faisant allusion à la faune, relate Jean-Pierre Chénard, directeur du CVPV. La même chose se produit actuellement avec les techniques artisanales.»

Même son de cloche du côté de Mme Michelin. «Le fléché risque de se perdre. Il s’est déjà perdu, signale-t-elle. Les ceintures fléchées étaient achetées par la Compagnie de la Baie d’Hudson, qui s’en servait comme monnaie d’échange pour obtenir de la fourrure des Amérindiens. On parle ici de la deuxième moitié du 18e siècle. C’est une technique canadienne française, qui a été créée ici et qui est unique.»

Le fléché trouve néanmoins racine dans une autre technique, le chevron ou tissage aux doigts, qui est pratiquée aux quatre coins du globe. Constituant la base du fléché, cette technique a été importée de France il y a fort longtemps. Mais ce sont les Canadiens français qui sont à l’origine des célèbres ceintures fléchés tant arborées lors du Carnaval d’hiver. «Le changement de fil de trame en cours de travail est un technique, un art qui nous appartient», insiste Mme Michelin.

L’artisane a elle-même appris son art d’une dame plus âgée. Elle avait alors visité la technique de fond en comble, passant du rouet au filage. Mme Michelin s’est ensuite inscrite à des cours plus spécifiques en la matière et elle affirme avec conviction être celle qui a le plus de formation en fléchés dans la région.

C’est au cours d’une formation de deux journées complètes qu’elle a transmis ses connaissances à deux jeunes friandes d’histoire et d’artisanat. Un cours de quelques heures que les deux protégées ont fortement apprécié. «C’est un retour aux sources, de mentionner Solange Racine, participante et également nièce de Mme Michelin. C’est la première fois que je fais du fléché. Je fais toutefois du tissage depuis un an.»

C’est sans la moindre hésitation que la jeune femme indique qu’elle conservera précieusement cet acquis ancestral. «Je vais transmettre cette technique, je suis convaincue que ceux qui font déjà du tissage l’apprécieraient», conclut-elle.

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